Le Hamas rend tous les postes-frontières de Gaza à l’AP
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Le Hamas rend tous les postes-frontières de Gaza à l’AP

L'initiative du groupe terroriste est considérée comme une étape déterminante dans l'avancée du processus de réconciliation entre les factions palestiniennes

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des Palestiniens mettent un poster à l'effigie du leader palestinien Mahmoud Abbas, à gauche, du Premier ministre  Rami Hamdallah et de feu  Yasser Arafat à l'entrée  nord de la bande de Gaza, juste après le poste-frontière d'Erez contrôlé par les Israéliens, le 1er novembre 2017 à  Beit Hanoun. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
Des Palestiniens mettent un poster à l'effigie du leader palestinien Mahmoud Abbas, à gauche, du Premier ministre Rami Hamdallah et de feu Yasser Arafat à l'entrée nord de la bande de Gaza, juste après le poste-frontière d'Erez contrôlé par les Israéliens, le 1er novembre 2017 à Beit Hanoun. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Le Hamas a rendu mercredi le contrôle des postes-frontières de la bande de Gaza avec l’Egypte et Israël à l’Autorité palestinienne (AP), lors de ce qui paraît être un test déterminant de l’accord de réconciliation signé par le groupe terroriste avec le Fatah le mois dernier.

Nazmi Muhanna, responsable de l’AP en charge des postes-frontières, a officiellement reçu la responsabilité du contrôle du poste-frontière de Rafah avec l’Egypte de la part de son homologue du Hamas.

Au poste-frontière d’Erez avec Israël, le Hamas a également commencé à démanteler ses structures.

Selon les termes de l’accord négocié sous les auspices de l’Egypte, l’AP doit prendre les rênes du contrôle civil de Gaza le 1er décembre.

La responsabilité des points de contrôle devait être transférée le 1er novembre au plus tard. Cette démarche est considérée comme un premier test de la vigueur de l’accord de réconciliation.

Le ministre des Affaires civiles de l’AP, Hussein al-Sheikh, a immédiatement annoncé que toutes les taxes « illégales » imposées par le Hamas depuis que le groupe terroriste s’est saisi de Gaza lors d’un coup d’état violent en 2007 étaient annulées.

Azzam al-Ahmad, responsable des négociations pour le Fatah – le parti au pouvoir au sein de l’AP – a également annoncé à la radio officielle de l’AP qu’à compter du 15 novembre, le poste-frontière de Rafah serait ouvert en permanence du côté égyptien.

Des Palestiniens démantèlent une structure du groupe terroriste du Hamas à l'entrée nord de la bande de Gaza, juste après le poste-frontière d'Erez contrôlé par Israël, le 1er novembre 2017 à Beit Hanoun. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Des Palestiniens démantèlent une structure du groupe terroriste du Hamas à l’entrée nord de la bande de Gaza, juste après le poste-frontière d’Erez contrôlé par Israël, le 1er novembre 2017 à Beit Hanoun. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Depuis 1996, la majorité des Gazaouis quittaient le territoire en passant par Rafah et entraient en Egypte.

Mais à partir de 2013, l’Egypte a laissé ce poste majoritairement fermé, ne l’ouvrant que périodiquement et pour quelques jours d’affilée, ce qui a laissé la plus grande partie des deux millions de résidents à Gaza dans l’incapacité de quitter librement le territoire, à moins d’obtenir une permission d’entrer en Israël, où les exigences sont strictes.

L’Egypte a fait savoir qu’elle avait entrepris des travaux de construction au poste-frontière de Rafah ces derniers mois pour préparer son ouverture permanente.

« Le transfert de la responsabilité des postes-frontières de la bande de Gaza est une avancée importante dans la mise en œuvre de l’accord de réconciliation, et il permettra que le mouvement des individus et des biens ne relève dorénavant plus que de la responsabilité unique du gouvernement national de réconciliation », a dit Ahmad.

Au carrefour de Rafah, des drapeaux palestiniens et égyptiens ont été hissés aux côtés de grandes photographies du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi.

L’AP a indiqué qu’elle se conformerait à l’accord « Mouvement et Accès » signé en 2005 entre l’Autorité palestinienne et Israël, et qui est supervisé par les Etats-Unis et l’Union européenne.

Des responsables du Hamas et du Fatah assistent à une cérémonie au cours de laquelle le groupe terroriste de Gaza a rendu le contrôle de tous les postes frontières à l'Autorité palestinienne, le 1er novembre 2017 (Crédit : Wafa)
Des responsables du Hamas et du Fatah assistent à une cérémonie au cours de laquelle le groupe terroriste de Gaza a rendu le contrôle de tous les postes frontières à l’Autorité palestinienne, le 1er novembre 2017 (Crédit : Wafa)

L’accord appelle l’AP, l’Egypte, les Etats-Unis et Israël à coopérer sur les affaires sécuritaires concernant les points de passage frontaliers de la bande de Gaza. Les deux parties ont également convenu qu’un tiers, une force de police de l’Union européenne, serait présent au poste-frontière de Rafah.

La convention stipule également que « l’AP agira pour prévenir le circulation des armes et des explosifs au carrefour de Rafah. »

Ahmad a expliqué que la force de police de l’Union européenne serait présente sur le périmètre du poste-frontière même si les aspects de cette nouvelle coordination sécuritaire avec Israël n’ont pas encore été révélés, alors que le Hamas, acteur essentiel de l’accord, promet toujours de détruire l’Etat juif.

Le général de division Yoav Mordechai, Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) – la branche du ministère de la Défense qui fait la liaison avec l’AP concernant les affaires civiles et de sécurité – a expliqué avoir ordonné aux responsables du COGAT de débattre des arrangements sécuritaires avec leurs homologues de l’AP pour les postes-frontières d’Erez et de Kerem Shalom entre Israël et Gaza. Rafah n’a pas été mentionné.

Le Premier ministre de l’AP Rami Hamdallah devrait arriver à Gaza dans les prochains jours pour vérifier les progrès effectués aux différents carrefours.

Les portraits du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et du leader palestinien Mahmoud Abbas dressés au carrefour de Rafah avec l'Egypte, le 1er novembre 2017 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Les portraits du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et du leader palestinien Mahmoud Abbas dressés au carrefour de Rafah avec l’Egypte, le 1er novembre 2017 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Le sort des forces de sécurité du Hamas après le transfert du pouvoir à l’AP reste l’un des obstacles les plus délicats que devra dépasser le processus de réconciliation.

Abbas veut que le transfert de responsabilité soit global et qu’il comprenne toutes les institutions sécuritaires mais le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a indiqué que « personne » ne pourra contraindre son groupe au désarmement.

Israël et les Etats-Unis ont pour leur part déclaré que le Hamas doit désarmer dans le cadre d’un éventuel gouvernement d’unité. Les deux pays ont également demandé que le groupe reconnaisse Israël.

L’AFP a contribué à cet article.

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