Le Hamas se vante d’avoir « déjoué » le Dôme de fer. C’est faux
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Le Hamas se vante d’avoir « déjoué » le Dôme de fer. C’est faux

Des responsables affirment que relativement peu de projectiles tirés depuis Gaza ont réussi à percer le système de défense antimissile israélien, qui a eu un taux de succès de 86 %

Une photo prise le 5 mai 2019 depuis la frontière entre Israël et Gaza montre un barrage de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne dirigée par le Hamas. (Jack Guez/AFP)
Une photo prise le 5 mai 2019 depuis la frontière entre Israël et Gaza montre un barrage de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne dirigée par le Hamas. (Jack Guez/AFP)

La branche armée du Hamas s’est vantée lundi d’avoir mis au point une nouvelle tactique de lancement de roquettes qui a « déjoué » le système de défense antimissile israélien du Dôme de fer, faisant de nombreux morts et blessés en Israël ces deux derniers jours.

Un porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam du Hamas, Abu Obeida, a déclaré dans un message sur les réseaux sociaux que « les Brigades Ezzedine al-Qassam, grâce à Dieu, ont réussi à déjouer ce que l’on appelle le Dôme de fer en adoptant la tactique consistant à tirer des dizaines de missiles en une seule fois. »

« L’intensité élevée des tirs et la grande capacité de destruction des missiles lancés par les Qassam [Brigades]… ont réussi à causer de grandes pertes et des destructions à l’ennemi », ajoute-t-il.

Cependant, alors que le Hamas et le Jihad islamique ont effectivement tenté de déborder le Dôme de fer en tirant à plusieurs reprises de grandes quantités de roquettes dans un endroit précis, relativement peu ont réussi à pénétrer le système, selon l’armée israélienne.

Une fillette israélienne regarde une vitre brisée à l’entrée d’un immeuble endommagé par une frappe de roquettes depuis la bande de Gaza, dans la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 6 mai 2019. (Jack Guez/AFP)

Au total, les groupes terroristes de Gaza ont tiré quelque 690 projectiles sur Israël pendant les 41 heures de combats qui ont duré de samedi matin à lundi avant l’aube – le plus grand nombre de projectiles jamais tirés depuis la bande de Gaza en deux jours.

Dans un cas, en une heure, de 19h à 20h dimanche soir, au moins 117 roquettes ont été tirées sur la ville d’Ashdod, mais un seul des projectiles a franchi les moyens de défense aérienne d’Israël.

Cette roquette a tué Pinchas Menachem Prezuazman, 21 ans, un citoyen américano-israélien, alors qu’il courait se mettre à l’abri quand la sirène d’alerte a retenti.

Les services d’urgence israéliens sur le site d’une attaque à la roquette dans la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 5 mai 2019. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Trois autres Israéliens ont été tués dans des attaques lancées depuis la bande de Gaza dimanche : Moshe Agadi, 58 ans ; Zaid al-Hamamamdeh, 47 ans ; et Moshe Feder, 68 ans.

Feder n’a pas été tué par des tirs de roquettes balistiques, mais par un missile antichar tiré sur sa voiture alors qu’il roulait sur une route près de la frontière de Gaza.

Il a été gravement blessé à la jambe par des éclats d’obus, ce qui a causé d’importantes pertes de sang, et a été déclaré mort au centre médical Barzilai d’Ashkelon après que les efforts de réanimation ont échoué. Le Hamas a revendiqué l’attentat.

Pendant les combats, le Hamas a également tenté d’utiliser un nouveau type de roquette, à courte portée et à ogive lourde, qui contenait des dizaines, voire des centaines de kilos d’explosifs.

Un démineur de la police israélienne a en main un fragment d’une roquette Qassam tirée depuis la bande de Gaza dans un village près de la frontière de Gaza, le 5 mai 2019. (AP/Tsafrir Abayov)

Le groupe terroriste avait la conviction que ces roquettes franchiraient les défenses aériennes d’Israël, tout comme, pendant la guerre de Gaza en 2014, le Dôme de fer avait du mal à intercepter des obus de mortier à courte portée.

Le Jihad islamique palestinien a également déclaré qu’il avait utilisé une nouvelle roquette à plus longue portée avec une ogive de 250 kg, appelée Badr 3, dans ses attaques ciblant la ville côtière d’Ashkelon.

Cependant, des améliorations technologiques et d’autres améliorations apportées au Dôme de fer lui ont permis de détruire ces différentes roquettes, a déclaré le major Tom Scott, l’un des commandants d’une batterie du Dôme de fer dans le sud d’Israël, au Times of Israel pendant les combats.

Le Cdt Tom Scott, commandant d’une batterie de défense antimissile Dôme en fer, se tient devant l’un des systèmes sur une photo non datée. (Armée israélienne)

« Nous essayons de garder une longueur d’avance sur eux, même s’ils essaient de nous devancer », a-t-il dit.

Selon Scott, le système de défense antimissile est capable d’intercepter « de nombreuses menaces différentes », y compris « de grandes salves ou des roquettes à courte portée ou des roquettes tirées à haute ou à basse altitude ».

Au total, 35 roquettes et obus de mortier sur près de 700 tirs provenant de la bande de Gaza ont touché des zones peuplées au cours de la journée de samedi et dimanche, selon l’armée.

L’armée a déclaré que même si cela soulignait que le Dôme de fer n’est pas imperméable, le système était globalement efficace, avec 240 interceptions et un taux de réussite de 86 % – comme les tirs de roquettes intensifs précédents.

Scott a noté que les radars du Dôme de Fer ont également repéré avec succès tous les tirs de roquettes et de mortiers, ce qui a permis aux Israéliens d’être prévenus à l’avance de l’arrivée de projectiles par des sirènes.

A titre d’illustration : Capture d’écran d’un discours prononcé par le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam Abu Obeida, le 17 avril 2016. (Facebook)

En réponse à l’attaque de Gaza, l’armée israélienne a mené plus de 300 frappes aériennes et terrestres, y compris une rare élimination ciblée d’un agent terroriste, qui, selon Tsahal, faisait transiter des fonds iraniens pour des groupes terroristes dans la bande.

« Ces deux derniers jours, nous avons renouvelé la politique d’éliminations ciblées de terroristes de haut rang. Nous avons tué des dizaines de terroristes du Hamas et du Jihad islamique [palestinien] et nous avons détruit des tours terroristes », a déclaré lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est également ministre de la Défense.

Un porte-parole du Hamas a également déclaré que même si la récente flambée de violences avait pris fin, le conflit dans son ensemble se poursuivrait.

« La résistance a réussi à faire reculer l’armée israélienne », a déclaré Sami Abu Zuhri, selon la chaîne publique Kan, faisant référence aux groupes terroristes de Gaza.

Une photo prise depuis le village du sud de Netiv Haasara montre des missiles tirés par le système de défense aérienne israélien Dôme de fer interceptant des roquettes tirées depuis la bande de Gaza, le 4 mai 2019. (Thomas Coex/AFP)

« Notre message est que ce round est terminé, mais le conflit ne se terminera pas tant que nous n’aurons pas recouvré nos droits. »

Le cessez-le-feu entre Israël et les groupes terroristes de Gaza est entré en vigueur à 4h30 lundi matin, selon les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique.

Le gouvernement israélien a refusé de confirmer la trêve signalée, probablement pour éviter de reconnaître publiquement ses négociations avec des groupes terroristes.

Toutefois, l’armée a annoncé qu’à partir de 7h du matin, elle avait levé toutes les restrictions en matière de sécurité qui avaient été mises en place dans le sud pendant les combats et que les écoles seraient autorisées à ouvrir, indiquant qu’un cessez-le-feu avait effectivement été conclu.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que 29 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes, dont deux femmes enceintes et un bébé. Israël a déclaré qu’une des femmes et le bébé avaient été tués lors d’un tir de roquette raté à l’intérieur de Gaza et non à la suite d’actions de Tsahal.

Une voiture percutée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza près de la frontière Israël-Gaza, le 5 mai 2019. (Noam Rivkin Fenton/Flash90)

Un porte-parole de Tsahal n’a pas pu commenter immédiatement le bilan des morts à Gaza. L’armée israélienne a dit qu’elle n’avait frappé que des cibles terroristes.

Selon le Jihad islamique et le Hamas, au moins 11 des Palestiniens tués dans les frappes israéliennes dans la bande de Gaza depuis vendredi étaient des membres de groupes terroristes. Huit des onze membres des groupes terroristes appartenaient aux Brigades Al-Qods, la branche militaire du Jihad islamique.

Les Brigades Al-Qods ont confirmé sur leur site Internet l’identité de huit de leurs membres tués lors des frappes israéliennes.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam du Hamas ont également confirmé dans des communiqués que trois autres tués pendant les combats appartenaient à ses rangs.

Contrairement aux affrontements précédents, le Jihad islamique soutenu par l’Iran a été accusé par Israël d’être l’un des principaux instigateurs de la violence du week-end, plutôt que le Hamas, qui dirige la bande de Gaza.

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