Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme accuse les USA de ne pas assez s’occuper de l’antisémitisme
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Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme accuse les USA de ne pas assez s’occuper de l’antisémitisme

Zeid Ra’ad al-Hussein a affirmé que l'on "a besoin d'un meilleur leadership, beaucoup plus cohérent, pour faire face à la flambée récente de l'antisémitisme"

Zeid Raad Al Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, à Genève, le 16 octobre 2014. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)
Zeid Raad Al Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, à Genève, le 16 octobre 2014. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme s’en est pris mercredi au président Donald Trump, affirmant que les États-Unis avaient besoin d’un « meilleur leadership » pour faire face à la montée des violences contre les minorités ethniques et religieuses.

« On a besoin d’un meilleur leadership, beaucoup plus cohérent, pour faire face à la flambée récente de discrimination, d’antisémitisme et de violence à l’encontre des minorités ethniques et religieuses », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein, qui s’exprimait durant la principale session annuelle du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève.

Les propos tenus par Zeid font suite aux nombreuses menaces dont font l’objet les communautés juives américaines.

Au moins trois cimetières juifs ont été profanés aux États-Unis au cours du mois, et des centaines de pierres tombales ont été renversées.

Des pierres tombales renversées cimetière Wad Kakolel, aussi appelé Stone Road, dans cette ville de l’ouest de l’État de New York. (Crédit : News 10 NBC WHEC/ via JTA)
Des pierres tombales renversées cimetière Wad Kakolel, aussi appelé Stone Road, dans cette ville de l’ouest de l’État de New York. (Crédit : News 10 NBC WHEC/ via JTA)

La Maison Blanche a condamné l’antisémitisme, mais les dirigeants juifs voudraient que la parole soit suivie d’actions.

Zeid a condamné le manque d’intervention sur la recrudescence de l’antisémitisme et des incidents racistes, et a également souligné la politique de Trump sur l’immigration, qui selon lui, pourraient être une violation du droit international.

« Ces expulsions accélérées peuvent être synonymes d’expulsions collectives ou encore de refoulement, ce qui est contraire au droit international, à moins que des garanties ne soient avancées y compris du point de vue de l’évaluation au cas par cas des dossiers », a-t-il fait valoir.

Il a ajouté que « la diabolisation de groupes entiers tels que les Mexicains ou encore les musulmans » et les « affirmations fallacieuses quant au fait que les migrants commettent davantage de crimes que les citoyens américains sont nocives et alimentent la xénophobie ».

Le Haut-Commissaire s’est également dit « préoccupé » par le nouveau décret du président américain interdisant pendant 90 jours l’entrée des Etats-Unis aux ressortissants de six pays musulmans.

« Je suis scandalisé par les tentatives du président qui ne cesse d’intimider ou encore de saper l’action des journalistes et des juges. »

Il a également critiqué la politique israélienne à l’égard des Palestiniens, condamné la récente construction des implantations et accusé Israël d’avoir recours à des mesures disproportionnées en réponse aux tirs de roquettes.

Le mois dernier, le magazine de presse politique américaine Politico a indiqué dans un article que les États-Unis envisagent de rompre les liens avec le Conseil des Droits de l’homme, en signe de protestation contre les actions menées par l’organe onusien en général, et spécifiquement au regard du traitement infligé à Israël.

« Une série de demandes du bureau du Secrétaire d’État suggèrent que [le Secrétaire d’État Rex Tillerson] remet en question l’appartenance des États-Unis au Conseil des droits de l’Homme »,

Deux sources citées par l’article indiquent que l’une des raisons principales derrière cette mesure envisagée par les États-Unis était la façon dont Israël est traité par l’organe onusien. Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU l’a qualifié d’injuste.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, au Conseil de Sécurité à New York, le 21 février 2017. (Crédit : Kena Betancur/AFP)
L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, au Conseil de Sécurité à New York, le 21 février 2017. (Crédit : Kena Betancur/AFP)

Après son premier meeting au Conseil de Sécurité de l’ONU en février, Haley a déclaré que le Conseil des droits de l’Homme était « scandaleusement partial dans ses résolutions » contre Israël.

Dans un discours délivré mercredi devant l’organe genevois, la représentante américaine au Conseil, Erin Barclay l’assistante adjointe au Secrétaire d’État pour les Affaires des organisations internationales, a appelé les 47 membres à mettre fin à « leur obsession au sujet d’Israël », qu’elle décrit comme « constante, injuste et déséquilibrée »

Erin Barclay au Conseil des droits des l'homme de l'ONU, le 1 mars 2017. (Crédit : capture d'écran  UNHRC)
Erin Barclay au Conseil des droits des l’homme de l’ONU, le 1 mars 2017. (Crédit : capture d’écran UNHRC)

« Aucun autre pays n’est au centre de l’attention d’une question à l’ordre du jour… Cette obsession au sujet d’Israël… est la plus grande menace pour la crédibilité du conseil », a déclaré Barclay, diplomate chevronnée. « Cela limite les choses que nous pouvons accomplir car le conseil est ridiculisé. Les États-Unis s’opposeront à toute tentative de délégitimer ou d’isoler Israël. »

Si Trump venait à quitter le Conseil des Droits de l’homme, il ne serait pas le premier à bouder l’organe onusien.

Quand le Conseil des droits de l’homme à été fondé pour remplacer la très discréditée Commission des droits de l’homme en 2006, George W. Bush, alors président américain a refusé d’intégrer le nouveau groupe. Il pensait que ce dernier manquerait de crédibilité, et qu’à l’instar de son prédécesseur, il autoriserait des pays qui violent les droits de l’homme à en être membres.

En 2009, le président Obama a inversé cette décision, espérant contribuer à l’amélioration du Conseil des droits de l’homme.

Durant une conférence de presse mardi, un journaliste a interrogé Mark Toner, porte-parole du département d’État sur l’article publié par Politico. Ce dernier l’a rejeté, disant que « des rumeurs ont peut-être circulé » et a ajouté que les États-Unis « travaillent dur sur le terrain » et « définissent un calendrier » pour les meetings au Conseil des droits de l’Homme ce mois-ci.

Judah Ari Gross et l’AP ont contribué à cet article.

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