Le Hezbollah serait embourbé dans une crise financière
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Le Hezbollah serait embourbé dans une crise financière

Une délégation libanaise devrait se rendre aux Etats-Unis alors que Washington s'apprête à imposer des sanctions au groupe

Des membres du Hezbollah pendant une cérémonie de recueillement  en mai dernier. (Crédit : AFP PHOTO / MAHMOUD ZAYYAT)
Des membres du Hezbollah pendant une cérémonie de recueillement en mai dernier. (Crédit : AFP PHOTO / MAHMOUD ZAYYAT)

Une délégation de banquiers libanais devrait se rendre le prochain mois aux Etats-Unis après que Washington a déclaré qu’il imposerait des sanctions au groupe terroriste Hezbollah, qui serait embourbé dans une crise financière.

La Chambre des représentants américaine a voté à l’unanimité le 16 décembre le projet de loi pour imposer de nouvelles sanctions sévères sur les banques qui font sciemment affaire avec le Hezbollah basé au Liban.

Selon les rapports des médias libanais, une équipe représentant l’Association des Banques du Liban se rendra à New York et Washington pour discuter des nouvelles orientations financières proposées avec des fonctionnaires du Trésor et du Département d’Etat américain.

Des sources liées à la délégation a déclaré au quotidien libanais An Nahar « le secteur n’a pas de problème avec les autorités américaines qui suivent de près le respect du Liban des lois internationales et son adhésion à elles, mais que ces engagements doivent être re-confirmés après la promulgation de ladite loi », selon une traduction faite par le site Naharnet.

Les rapports ont dit que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, est confronté à des difficultés financières, et qu’il n’a pas payé les salaires des mois de novembre et de décembre à ses fonctionnaires.

Le projet de loi visant le Hezbollah, qui est considéré comme une organisation terroriste par Washington et Israël, a été adopté par le Sénat le mois dernier. Il va maintenant à la Maison Blanche pour obtenir la signature du président Barack Obama.

Le projet de loi vise également la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah en cherchant à bloquer les opérateurs de satellites qui diffusent la chaîne.

La Chambre a adopté la mesure à 422 voix contre 0, suite à un vote à l’unanimité au Sénat le 17 novembre.

Obama va signer la loi, a déclaré un responsable de l’administration à l’AFP, ajoutant que l’administration a travaillé avec le Congrès depuis des années « pour intensifier la pression contre l’organisation terroriste Hezbollah ».

Les nouvelles règles imposent au président d’édicter des règlements punitifs contre les institutions financières qui effectuent des opérations avec le Hezbollah ou qui blanchissent des fonds pour le compte de l’organisation.

Elle exige également de l’administration qu’elle présente au Congrès une série de rapports mettant en évidence le trafic de stupéfiants du groupe, la criminalité transnationale et les opérations des groupes internationaux liés au Hezbollah, en particulier en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie.

L’administration liste des pays qui soutiennent particulièrement le Hezbollah, ou dans lesquels le groupe maintient une base logistique clé.

« Le Hezbollah a dû ratisser large, car la plupart des banques libanaises n’ont pas voulu faire des affaires avec eux », a déclaré un expert du Congrès sur la législation à l’AFP.

Avec des participants dans les réseaux mondiaux du Hezbollah « dans notre viseur, ils devraient être inquiets », a déclaré le président de la commission des Affaires étrangères, Ed Royce, aux législateurs mercredi avant le vote.

« Il ne fait aucun doute que le Hezbollah est plus fort que jamais », a déclaré la députée Jackie Walorski, qui a décrit le groupe comme un ennemi dangereux pour Israël et comme celui qui a amassé plus de 150 000 roquettes et de missiles et acquis de l’expérience sur le champ de bataille en Syrie.

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