Le Jewish Chronicle appelle à évincer Corbyn aux élections de décembre
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Le Jewish Chronicle appelle à évincer Corbyn aux élections de décembre

Ian Austin, un ancien ministre travailliste, appelait carrément les électeurs à voter conservateur, jugeant Jeremy Corbyn "incapable" de remplir le rôle de Premier ministre

Jeremy Corbyn, le chef du parti d'opposition britannique Travailliste s'adresse aux militants lors d'une Conférence du parti Travailliste au centre Brighton à Brighton, en Angleterre, el 24 septembre 2019. (Kirsty Wigglesworth/AP)
Jeremy Corbyn, le chef du parti d'opposition britannique Travailliste s'adresse aux militants lors d'une Conférence du parti Travailliste au centre Brighton à Brighton, en Angleterre, el 24 septembre 2019. (Kirsty Wigglesworth/AP)

Dur début de campagne électorale pour le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn : après la démission de son numéro deux mercredi soir, un ancien ministre Labour appelle à voter conservateur, exposant ses faiblesses sur le Brexit et sur l’antisémitisme.

Tom Watson, numéro deux du parti travailliste et fervent partisan du maintien dans l’UE, a annoncé sa démission et décidé de ne pas affronter les urnes le 12 décembre.

« Cette décision est personnelle, pas politique », a-t-il assuré dans une lettre rendue publique. Mais le timing, le jour même du lancement officiel de la campagne électorale, ne trompe personne.

Jeudi matin, Ian Austin, un ancien ministre travailliste, appelait carrément les électeurs à voter conservateur, jugeant Jeremy Corbyn « incapable » de remplir le rôle de Premier ministre, sur les télévisions et dans des articles parus dans la presse conservatrice.

Déjà en septembre, Tom Watson avait échappé de peu à une tentative d’éviction de son poste de chef adjoint lors du congrès du parti. A l’époque, Jeremy Corbyn, le très gauchisant chef du Labour depuis 2015, avait assuré ne pas avoir eu connaissance de cette manoeuvre.

Un supporter pro-UE devant le parlement anglais, à Londres, le 14 janvier 2019. (Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Opposé au Brexit, Tom Watson, un modéré, s’est retrouvé face à un Jeremy Corbyn qui a obstinément refusé de donner sa position sur la question, après avoir fait campagne sans conviction pour le maintien dans l’UE lors du référendum de 2016 ayant voté la sortie de l’UE par 52 % des voix.

M. Corbyn fait à présent campagne, face à Boris Johnson, en assurant qu’il va renégocier avec Bruxelles un accord de sortie de l’UE prévoyant une union douanière et prenant mieux en compte les question sociales et environnementales que celui conclu par le Premier ministre conservateur.

Il soumettrait ensuite le résultat à un référendum, offrant aussi l’option de rester dans l’UE. Mais il se garde bien de donner toute consigne de vote et ses atermoiements lui aliènent des soutiens tant du côté des partisans que des adversaires du Brexit.

Les élections du 12 décembre visent à renouveler le parlement dans l’espoir qu’une majorité se dégage permettant de mettre en oeuvre le Brexit, reporté à trois reprises et maintenant fixé au 31 janvier 2020.

« Incapable »

Ian Austin a lui été sans nuance : « Je ne suis pas conservateur mais je ne dirais pas que Boris Johnson est incapable de remplir la fonction de Premier ministre alors que je le dirais de Jeremy Corbyn », a lancé sur la BBC l’ancien député travailliste et ancien membre du gouvernement de Gordon Brown.

Il a assuré que tout comme lui, Tom Watson avait été « horrifié » par « le scandale de l’antisémitisme qui a empoisonné le parti sous la direction de Jeremy Corbyn », raison de sa démission du parti en février.

Jeudi toujours, le Jewish Chronicle, publication porte-parole de la communauté juive, a lancé en ligne un rare appel aux lecteurs non-juifs, les appelant à « agir par leur vote » contre le « racisme » en refusant de voter Corbyn.

Manifestation organisée par le groupe britannique Campaign Against Anti-Semitism devant le siège du Parti travailliste britannique, à Londres, le 8 avril 2018. (AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

Cette question poursuit le leader travailliste depuis des années et a entraîné une série de démissions de députés. Mi-octobre encore, Louise Ellman a claqué la porte et accusé M. Corbyn d’avoir laissé prospérer l’antisémitisme au sein du parti, le jugeant inapte à devenir Premier ministre.

Jeremy Corbyn avait fini par reconnaître en août 2018 que le parti connaissait un « réel problème » d’antisémitisme, qu’il avait été « trop lent » à infliger des sanctions disciplinaires dans des cas avérés, et avait affirmé que sa priorité était de « restaurer la confiance » avec la communauté juive. Objectif raté, d’après un récent sondage cité par le Jewish Chronicle : 87 % des juifs britanniques jugent Corbyn antisémite.

Le chef travailliste n’est toutefois pas le seul à connaître un lancement de campagne agité : son rival Boris Johnson a dû faire face mercredi à la démission d’un de ses ministres, impliqué dans un scandale autour d’un procès pour viol. Et son proche allié Jacob Rees-Mogg a dû s’excuser platement pour une remarque déplacée sur les victimes de l’incendie de Grenfell qui avait fait 72 morts en 2017 à Londres.

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