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Le Kosovo veut un partenariat stratégique avec Israël, dit son ex-Premier ministre

Avdullah Hoti, qui avait inauguré l'ambassade de ce pays à majorité musulmane à Jérusalem, réclame l'ouverture rapide d'une mission israélienne à Pristina

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ancien Premier ministre kosovar Avdullah Hoti, le 14 juin 2023. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)
L'ancien Premier ministre kosovar Avdullah Hoti, le 14 juin 2023. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Le leader kosovar qui avait normalisé les liens avec Israël et qui avait ouvert l’ambassade de Pristina à Jérusalem a déclaré, mercredi, que son pays cherchait à établir « un partenariat stratégique » avec Israël.

« Cela signifierait travailler de manière extrêmement étroite pas seulement en matière de coopération économique, de relations diplomatiques et de choses comme ça – mais travailler ensemble en partageant des informations, en s’épaulant pour améliorer nos capacités en termes de problèmes sécuritaires ou de développement stratégique », a commenté l’ancien Premier ministre Avdullah Hoti, qui siège actuellement dans l’opposition, auprès du Times of Israel.

Hoti, à la tête du groupe parlementaire d’amitié avec Israël, a pris la tête du tout premier voyage à Jérusalem de la délégation, cette semaine.

En 2021, le Kosovo était devenu le premier pays européen – ainsi que le premier pays à majorité musulmane – à installer son ambassade à Jérusalem, emboîtant le pas aux États-Unis et au Guatemala.

Pristina avait pris cette initiative suite à la reconnaissance, par Israël, de son indépendance – une indépendance déclarée en 2008 – dans le sillage de la guerre contre la Serbie qui avait eu lieu dans les années 1990.

La décision prise par Hoti avait été officialisée lorsqu’il avait rencontré, aux côtés du président serbe Aleksandar Vucic, le président américain Donald Trump à la Maison Blanche au mois de septembre 2020 pendant des négociations alors consacrées à la normalisation des liens économiques entre Belgrade et Pristina.

Lors de la rencontre, Vucic avait, lui aussi, accepté de transférer la mission de la Serbie à Jérusalem, ce qui n’a pas été fait jusqu’à présent.

Le président américain Donald Trump observe le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti (à droite) et le président serbe Aleksandar Vucic (à gauche) signer un accord sur l’ouverture de relations économiques, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 4 septembre 2020. (Photo de Brendan Smialowski / AFP)

L’ancien Premier ministre kosovar a spéculé que l’administration Trump avait inclus l’ouverture de l’ambassade du Kosovo à Jérusalem pendant les pourparlers avec la Serbie pour montrer à la communauté internationale « que le Kosovo est un État indépendant et que les États-Unis apportaient leur soutien plein et entier à cette indépendance. Pour montrer que la Serbie devait trouver un accord avec le Kosovo, qu’elle n’avait pas d’autre choix. Cela a été un signal. »

Hoti a estimé que la reconnaissance de l’indépendance du pays par Israël avait été « une décision révolutionnaire ».

« Cela a transmis le message à l’international que le Kosovo est un pays qui doit être respecté et qui doit être reconnu », a-t-il expliqué au Times of Israel.

Un employé kosovar traîne le tapis rouge près des drapeaux kosovar et israélien au siège du ministère des Affaires étrangères à Pristina, le 1er février 2021. (Crédit : Armend NIMANI / AFP)

La Turquie, la Jordanie, l’Autorité palestinienne et le Hamas – entre autres – avaient critiqué le transfert de l’ambassade.

Mais Hoti avait rétorqué que les critiques n’auraient pas d’influence sur les politiques de son pays : « Nous sommes déterminés à aller de l’avant et nous n’avons aucun dilemme dans la mesure où la mission américaine se trouve à Jérusalem. Nous ne faisons que suivre la politique étrangère des États-Unis. »

Hoti a rappelé, lors de notre entretien que cet arrangement avait été trouvé dans le cadre d’une série de discussions en distanciel avec la Maison Blanche, des discussions qui avaient été suivies de deux jours de négociations intensives avec la Serbie à Washington.

Trump « tenait beaucoup à cet accord », a expliqué Hoti. « Il croyait fermement qu’il aiderait à conclure un accord final avec la Serbie ».

Le groupe d’amitié parlementaire du Kosovo rencontre le Conseiller à la sécurité nationale Tzachi Hanegbi à Jérusalem, le 13 juin 2023. (Crédit : ELNET)

Même si les deux parties ont signé des dizaines d’accords bilatéraux, la Serbie ne reconnaît toujours pas le Kosovo. Au mois de février, les deux pays ont accepté un processus de normalisation qui sera chapeauté par l’Union européenne.

Le Kosovo, pour sa part, œuvre à faire reconnaître son indépendance par un nombre de pays croissant. Plus de la moitié des États-membres des Nations unies reconnaissent le Kosovo et c’est le cas aussi de plus de 80% des pays de l’UE et de l’OTAN.

Le chiffre précis est toutefois difficile à définir, un certain nombre de pays étant revenus sur leur reconnaissance mais s’étant abstenus, jusqu’à présent, d’apporter ders réponses claires.

Hoti et quatre autres membres du groupe parlementaire se sont entretenus avec Amir Ohana, le président de la Knesset ; le député Erez Malul, à la tête du groupe d’amitié avec le Kosovo au sein du parlement et Yaakov Margi, le ministre des Affaires sociales.

Le groupe a aussi rencontré par le biais d’ELNET – organisation qui œuvre à construire des liens entre Israël et l’Europe – le Conseiller à la sécurité nationale Tzachi Hanegbi et le député Gideon Saar, qui siège dans l’opposition et qui est membre de la Commission des Affaires étrangères et de la défense à la Knesset.

La survie à l’occupation

Hoti a indiqué que le Kosovo et Israël avaient notamment des affinités parce que les deux pays partagent « une histoire similaire ».

« Nous avons survécu pendant des siècles sous différents régimes, sous différentes occupations », a-t-il affirmé. « Nous sommes restés 500 ans sous le régime ottoman et près de cent ans sous le régime serbe. Nous sommes donc parvenus à survivre pendant des siècles sans avoir notre propre État. D’une certaine manière, nous avons combattu pendant des siècles pour avoir notre propre pays ».

Contrairement à Israël, le Kosovo est à la porte des Nations unies, laissé en-dehors suite aux pressions exercées par les deux principaux alliés de Belgrade, la Russie et la Chine.

Si Pristina devait rejoindre l’organisation internationale, le Kosovo y serait un allié fiable d’Israël, a-t-il promis. « Je n’ai aucun doute là-dessus. Nous avons des intérêts stratégiques conjoints ».

Le Kosovo n’entretient pas de relations avec l’Autorité palestinienne qui s’est opposée avec force à l’indépendance du pays.

« Le Kosovo n’est pas meilleur que nous le sommes », avait commenté Yasser Abed Rabbo, conseiller de Mahmoud Abbas, le président de l’AP, peu après la déclaration d’indépendance du pays, en 2008. « Nous méritons notre indépendance – nous la méritions déjà avant le Kosovo et nous demandons le soutien des États-Unis et de l’Union européenne pour que nous obtenions enfin cette indépendance ».

Problème d’ambassade

Alors que le Kosovo œuvre à faire reconnaître son existence, le groupe d’amitié parlementaire, pour sa part, s’efforce d’approfondir les liens bilatéraux avec Israël.

« Nous avons l’intention de préparer un accord sur la protection des investissements dans nos deux pays, un accord de libre-échange et un accord prônant la disparition de la double taxation entre le Kosovo et Israël », a annoncé Hoti.

Il tente aussi de promouvoir un accord d’exemption de visa.

Les drapeaux kosovar et israélien, durant la cérémonie d’ouverture de l’ambassade du Kosovo à Jérusalem, le 15 mars 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

La semaine dernière, le Kosovo a adopté la définition de l’antisémitisme mise au point par l’IHRA et, en 2021, il avait inscrit le Hezbollah sur la liste noire des groupes terroristes.

De son côté, Israël n’a pas ouvert de mission au Kosovo, préférant s’appuyer sur l’ambassadrice non-résidente Tammy Ziv.

« Nous avons demandé que l’ouverture de l’ambassade d’Israël soit faite dans les meilleurs délais », a expliqué Hoti. « Nous devons avoir une ambassade chez nous tout comme nous avons établi la nôtre en Israël ».

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait savoir que ce projet n’était pas envisageable pour l’instant pour des raisons budgétaires. Il a ajouté que les liens étaient en train de s’élargir entre les deux pays, évoquant la visite parlementaire et une délégation commerciale parallèle représentant 12 entreprises du Kosovo.

Le ministère des Affaires étrangères, a déclaré le porte-parole, « est en train de promouvoir un plan de coopération dans les secteurs de la médecine, du post-traumatisme et de l’agriculture ».

« La relation entre les deux pays ne cesse de se renforcer », a-t-il assuré.

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