Le lien entre les Israéliens et le jazz fait sa rentrée à l’université
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Le lien entre les Israéliens et le jazz fait sa rentrée à l’université

Une prochaine conférence consacrée au jazz israélien et à la culture hébraïque examinera l'entrée dans ce genre musical de Sabras

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

L’essor du jazz israélien est un véritable étonnement. Et une prochaine conférence va s’efforcer d’explorer comment cette petite nation du Moyen-Orient est parvenue à devenir l’un des acteurs – modeste mais dynamique – de ce genre musical incontournable.

La conférence intitulée « Jazz israélien et culture hébraïque » aura lieu les 14 et 15 avril sur les campus de l’université Ben-Gurion du Negev à Beer Sheva et à Sde Boker, et sera ouverte au public.

Elle est organisée par une équipe d’aficionados du jazz du sud d’Israël et notamment par l’Institut de recherche et d’études d’Israël et du sionisme de l’université Ben-Gurion, avec le soutien de la fédération séfarade américaine et de l’ambassade des Etats-Unis.

Principal organisateur, Aryeh Tepper, un chercheur américano-israélien fan de jazz depuis son adolescence passée dans la maison de son enfance à Washington – où il allait souvent écouter des classiques du genre à Georgetown.

Le docteur Aryeh Tepper de l’université Ben-Gurion du Negev est l’un des organisateurs d’une conférence sur le jazz qui aura lieu les 14 et 15 avril 2019 (Autorisation : Aryeh Tepper)

Il travaille également sur d’autres sujets mais le jazz reste une passion profonde qu’il partage avec bonheur avec d’autres collègues, et notamment avec le professeur Arieh Saposnik, qui l’a placé au cœur de cette conférence.

« C’est une chance de découvrir des choses sur la culture israélienne et sur les frontières de la culture hébraïque », s’exclame Tepper.

« Le jazz est né aux Etats-Unis et il a fait une entrée étonnante dans les profondeurs de la vie et de la société israéliennes. C’est une belle musique en général et, en particulier, c’est un genre qui pénètre directement l’âme ».

Ces sessions de travail du 14 et du 15 avril à Ben-Gurion couvriront un large éventail de connaissances, avec un débat autour d’une traduction en hébreu du critique littéraire et de jazz américain Albert Murray, une discussion autour du saxophoniste de jazz Arnie Lawrence et de son impact sur la scène jazz contemporaine en Israël et à l’étranger, et une réflexion sur l’épanouissement du jazz israélien.

De plus, l’auteur américain Greg Thomas fera une allocution déterminante consacrée à Lionel Hampton et à sa « King David Suite », une histoire particulièrement personnelle concernant la grandeur du jazz et le jeune État d’Israël.

L’apogée de la conférence aura lieu le dimanche 14 avril au soir, avec un concert donné à 20h30 par le trompettiste israélien Itamar Borochov Octet, une première historique, qui interprètera « King David Suite » à l’auditorium Sonnenfeld sur le campus de la BGU, à Beer Sheva.

C’est une conclusion particulièrement adaptée à la conférence, clame Tepper. Cette suite avait été écrite par Hampton lorsqu’il était venu en Israël avec son groupe en 1953, donnant 48 concerts en quatre semaines à travers tout le pays.

Il avait également passé du temps avec le rabbin Yitzhak Herzog – ancien grand-rabbin d’Israël après la création de l’Etat – lui même un amoureux du jazz et il avait visité l’endroit où reposerait le roi David sur le mont Sion.

C’est la rencontre avec Herzog qui avait inspiré « King David Suite », une symphonie de 18 minutes évoquant le roi David et les propres penchants musicaux du monarque.

La partition avait été toutefois perdue lorsqu’un incendie avait touché l’habitation de Hampton. Une copie avait été découverte en 2008 et offerte à l’université Ben-Gurion en 2015.

Avec la performance offerte par Borochov, ce sera la toute première fois que sera interprété « King David Suite » de Hampton. Le concert permettra également d’entendre un set dédié au jazz et au piyyut, d’anciens poèmes liturgiques.

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