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Le Likud dément la rumeur que Netanyahu prévoit de limoger la procureure générale

Selon Kan, le Premier ministre aurait dit à ses ministres qu'il pourrait renvoyer Gali Baharav-Miara pour son manque de fermeté à l'égard des manifestations contre la réforme

La nouvelle procureure générale Gali Baharav-Miara lors d'une cérémonie d'accueil, à Jérusalem, le 8 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La nouvelle procureure générale Gali Baharav-Miara lors d'une cérémonie d'accueil, à Jérusalem, le 8 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti au pouvoir, le Likud, a démenti dimanche les informations selon lesquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait dit à certains ministres qu’il pourrait limoger la procureure générale Gali Baharav-Miara, accusée par les ministres, lors d’une réunion matinale du cabinet, de ne pas avoir adopté une position suffisamment ferme face aux manifestations antigouvernementales.

Selon Kan, alors qu’il s’adressait à des ministres en dehors de la réunion hebdomadaire du cabinet, Netanyahu aurait envisagé la possibilité de limoger la procureure générale.

Plusieurs ministres ont critiqué à plusieurs reprises la procureure générale au cours de la réunion du cabinet, à laquelle assistaient Baharav-Miara et des responsables du ministère de la Justice, pour la manière dont les autorités ont traité les infractions à la loi commises lors des manifestations contre les projets du gouvernement de refonte du système judiciaire. Sa destitution a été demandée à plusieurs reprises.

Dans un bref communiqué, le Likud a déclaré que le Premier ministre « [avait] exclu de limoger la procureure générale lors de la réunion du cabinet [de dimanche] et [avait] demandé aux ministres de s’abstenir de discuter de cette question ».

Les correspondants de la Douzième chaîne, qui ont également rapporté la disposition présumée du Premier ministre à limoger la procureure générale, ont souligné que si le gouvernement adoptait son projet de loi visant à annuler le « caractère raisonnable » comme critère pour se prononcer sur les politiques gouvernementales, il pourrait alors empêcher tout contrôle judiciaire sur la décision d’évincer Baharav-Miara.

Le projet de loi devrait passer en première lecture à la Knesset lundi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, à son bureau, le 9 juillet 2023. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / POOL / AFP)

Des dizaines de manifestants se sont rassemblés pour soutenir la procureure générale devant son domicile dimanche soir. La police a demandé aux manifestants de rester à 200 mètres de la résidence.

Baharav-Miara et d’autres hauts responsables du ministère de la Justice ont été convoqués à la réunion du cabinet de dimanche pour discuter de la manière dont les forces de l’ordre ont géré la vague massive de protestations contre les efforts du gouvernement pour réformer le système judiciaire, qui ont notamment bloqué les autoroutes et se sont adonnées à d’autres formes de désobéissance civile.

Les ministres se sont insurgés contre ce qu’ils considèrent comme une indulgence excessive à l’égard des manifestants qui les harcèlent et les chahutent partout où ils vont, organisent des manifestations devant leurs domiciles et bloquent les artères principales des heures durant.

La ministre des Transports, Miri Regev (Likud), a appelé au limogeage de Baharav-Miara en raison de ce qu’elle a qualifié de réticence de la procureure générale à empêcher les troubles à l’ordre public.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a qualifié l’absence d’inculpations de plus de manifestants de « honteuse ».

La ministre de la Diplomatie publique, Galit Distel Atbaryan (Likud), a estimé que « l’application sélective de la loi est mauvaise » et le ministre de la Justice Yariv Levin a suggéré sarcastiquement qu’elle devrait simplement légaliser officiellement le blocage de l’autoroute Ayalon à Tel Aviv.

Baharav-Miara a répondu en accusant implicitement les ministres de tentative d’ingérence politique dans la manière dont les forces de l’ordre gèrent les manifestations contre le gouvernement.

La police utilisant un canon à eau pour disperser les manifestants qui bloquaient l’autoroute lors d’une manifestation contre les projets du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de réformer le système judiciaire, à Tel Aviv, le 5 juillet 2023. (Crédit : Oded Balilty/AP Photo)

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a plus tard dénoncé l’attaque du cabinet contre la procureure générale comme « un violent bizutage » et un exemple de la tentative du gouvernement de « détruire de force notre démocratie ».

Le chef du parti d’opposition HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a qualifié la réunion de « point culminant d’une campagne de peur contre les responsables de l’application de la loi ».

« À voir la manière dont Netanyahu et Ben Gvir tentent de faire appliquer la loi, il est à craindre que le gouvernement ne cherche pas tant à l’appliquer de manière égale mais plutôt à l’appliquer de manière brutale » contre les manifestants contre la refonte, a déclaré Gantz.

La leader du parti Avoda, Merav Michaeli, a comparé l’attaque contre Baharav-Miara au comportement de régimes autocratiques tels que la Russie.

« Nous devrions tous être profondément ébranlés par cette attaque planifiée par le gouvernement contre la procureure générale. Le gouvernement israélien a convoqué la procureure générale à une audience au cours de laquelle elle a dû répondre à des questions sur le nombre de manifestants arrêtés et interrogés. Cela ne se passe pas dans la Russie de Poutine, mais ici, dans l’Israël de Netanyahu », a déclaré Michaeli.

Jeremy Sharon a contribué à cet article.

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