Le livre d’un comédien juif suédois au cœur d’une controverse
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Le livre d’un comédien juif suédois au cœur d’une controverse

Alors que l’État affirme que la couverture du livre viole des droits d'auteur, Aron Flam avance que les autorités veulent en fait restreindre sa liberté d'expression

La couverture du livre d'Aron Flam qui reprend une affiche de propagande suédoise durant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Aronflam.com)
La couverture du livre d'Aron Flam qui reprend une affiche de propagande suédoise durant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Aronflam.com)

Le livre d’un comédien juif consacré à la collaboration de la Suède avec l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale fait l’objet d’une bataille juridique : alors que les procureurs suédois réclament le retrait de la vente des livres, l’auteur voit la manœuvre comme une attaque anti-démocratique.

Les procureurs remettent en question la couverture du livre. L’image – un tigre arborant les couleurs nationales suédoises – enfreint les droits d’auteur d’une œuvre de propagande de guerre de 1941 désormais détenus par un musée.

L’auteur, le comédien suédois Aron Flam, qui s’attaque régulièrement à des sujets controversés, insiste lui sur le fait que son utilisation de l’image est d’ordre satirique, et donc protégée par la liberté d’expression.

« Il y a beaucoup en jeu et ça ne concerne pas vraiment moi, mais notre démocratie », a déclaré Flam à l’AFP.

Aron Flam. (Frankie Fouganthin / Wikimedia commons)

L’image originale, un tigre jaune et bleu, a été créée par l’artiste Bertil Almqvist et son droit d’auteur est actuellement détenu par le Musée de la préparation militaire, qui a déposé plainte contre Flam.

Le comédien fait valoir que l’image de couverture de son livre, intitulé Ceci est un tigre suédois, montre l’animal portant un brassard à croix gammée et exécutant un salut nazi, et peut donc être classée comme satire.

Les deux premiers tirages du livre ont déjà été vendus. Les procureurs ont effectué une saisie sur le nouveau tirage de 2 000 exemplaires. Ils veulent désormais les détruire – une décision qui serait inhabituelle pour la Suède.

Dans un communiqué, les procureurs ont rapporté qu’ils allaient discuter de l’importance des droits d’auteur face à la liberté d’expression.

« Le tribunal rendra un jugement final concernant ces intérêts opposés », a déclaré le procureur David Ludvigsson dans un communiqué.

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