Le maire de Jérusalem fait une rare visite dans un camp de réfugiés à l’Est
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Le maire de Jérusalem fait une rare visite dans un camp de réfugiés à l’Est

Nir Barkat s'est rendu à Shuafat et a rencontré les employés municipaux venus prendre le relais de l'UNRWA, qu'il veut expulser de la ville

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, lors d'une conférence de presse à la municipalité de Jérusalem au sujet de son différend avec le ministère des Finances sur le budget de la ville, le 1er janvier 2018 (Crédit : Flash90)
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, lors d'une conférence de presse à la municipalité de Jérusalem au sujet de son différend avec le ministère des Finances sur le budget de la ville, le 1er janvier 2018 (Crédit : Flash90)

Le maire de Jérusalem Nir Barkat s’est rendu mardi dans le camp de réfugiés palestiniens de Shuafat à Jérusalem Est, dans le cadre de son initiative visant à faire quitter l’UNRWA de la capitale et à la remplacer par des services municipaux.

Barkat a rencontré les employés municipaux qui sont venus nettoyer le quartier pour la toute première fois.

Bien que le bureau du maire ait déclaré dans un communiqué que Barkat s’est rendu à Shuafat à plusieurs reprises par le passé, les résidents ont confié à Haaretz que c’était la première fois qu’ils l’y voyaient.

La mairie de Jérusalem a déclaré mardi que 15 employés municipaux sont allés à Shuafat dans le cadre du plan de Barkat visant à expulser l’UNRWA de Jérusalem et à « mettre fin au mensonge des réfugiés ».

Posted by ‎ניר ברקת בליכוד Nir Barkat Likud‎ on Tuesday, 23 October 2018

Cette démarche a été lancée par Barkat, qui veut empêcher l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens d’opérer dans la ville et de proposer des services aux résidents palestiniens du camp, qui a été fondé en 1965 et abrite quelque 20 000 personnes.

Selon la mairie, les employés municipaux ont trouvé quatre cent tonnes de déchets et de matériaux de construction. Les employés se rendront quotidiennement dans le camp pour remplacer l’UNRWA, qui, disent-ils, a fourni des « services inadéquats ».

La mairie va également fournir des services dans les secteurs de l’éducation et de la santé pour prendre le relais de l’UNRWA.

Bien qu’il soit situé dans la ville, les employés municipaux et la police ont refusé d’entrer dans le camp de réfugiés de Shuafat et dans d’autres quartiers situés au-delà de la barrière de Cisjordanie, ce qui leur a valu d’être accusés de négligences. Barkat, qui est maire depuis 2008, en attribuait la responsabilité à l’UNRWA, qui a vu son budget drastiquement réduit par les Etats-Unis, ces derniers affirmant que l’Office sert d’instrument politique contre Israël.

Posted by ‎Nir Barkat – ניר ברקת‎ on Tuesday, 23 October 2018

Cette démarche survient une semaine avant les élections municipales à Jérusalem. Barkat, qui s’est rendu à Shuafat mardi, ne se présente pas à sa réélection, et on ne sait pas encore si son successeur continuera ce genre de services.

« L’ère de l’UNRWA est révolue », a déclaré Barkat durant sa visite. « L’heure est venue de mettre fin au mensonge des réfugiés à Jérusalem. Il n’y a pas de réfugiés dans notre ville, uniquement des résidents. Ils doivent avoir accès aux services de la ville, comme tous les résidents. »

« Nous appliquons la première phase du plan de l’évacuation de l’UNRWA en endossant la responsabilité de l’entretien du camp, et dans un avenir proche, avec le gouvernement, nous fournirons des services dans les secteurs de l’éducation, du bien-être, de la santé, jusqu’à ce que la souveraineté totale soit appliquée », a-t-il ajouté. « Les Etats-Unis ne veulent pas de l’UNRWA, Israël ne veut pas de l’UNRWA et les résidents ne veulent pas de l’UNRWA. »

Au début du mois, Barkat a détaillé sa proposition, selon laquelle les sept écoles dirigées par l’UNRWA – qui comptent 1 800 élèves au total – et qui fonctionnent sans autorisation du ministère de l’Éducation seront fermées à la fin de l’année académique, et les élèves seront intégrés dans les établissements scolaires déjà en place.

La municipalité va également émettre des ordres de fermeture pour les centres médicaux de l’UNRWA qui opèrent sans l’approbation du ministère de la Santé, et construire un nouveau centre public de santé à la place, a ajouté Barkat.

Les programmes existants d’aide sociale de l’agence de l’ONU au sein du camp de réfugiés de Shuafat et de Kufr Aqeb, à proximité, seront maintenus mais ils seront transférés aux services d’aide sociale et d’emploi sous la direction de la ville, selon le plan de Barkat.

Le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Au mois de mars, Barkat a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat lors des élections municipales prévues pour le 30 octobre, et qu’il se présentera à la place à la Knesset sous l’étiquette du Likud.

Son remplacement à la tête de la municipalité ne serait pas lié au plan qui a été préparé par la commission.

Les Etats-Unis étaient le plus grand contributeur de l’agence, à hauteur de 350 millions de dollars en 2017. Le département d’État a récemment annoncé qu’il cesserait de la financer, parce qu’elle est « irrémédiablement biaisée ».

En cessant de financer de l’UNRWA, les États-Unis ont également fait savoir qu’ils rejetaient le critère selon lequel l’agence de l’ONU définit les réfugiés palestiniens. L’instance confère le statut de réfugiés non seulement aux réfugiés originaux, mais aussi à leurs millions de descendants.

L’UNRWA porte assistance à des millions de Palestiniens depuis sa création il y a près de 70 ans, au lendemain de la déclaration d’Indépendance d’Israël en 1948.

L’UNRWA a octroyé à 5 millions de Palestiniens le statut de réfugié, bien que seuls quelques milliers d’entre eux soient des réfugiés palestiniens d’origine. Le « droit au retour » est l’une des questions les plus essentielles du conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens clament que cinq millions de personnes – des dizaines de milliers de réfugiés qui vivaient à l’origine, dans ce qui est devenu Israël ainsi que leurs millions de descendants – doivent être autorisées à s’installer au sein de l’État juif. Une demande rejetée par Israël qui considère qu’elle représente une tentative des Palestiniens de détruire l’État juif sous le poids du nombre. Jérusalem affirme également que les autres réfugiés, au sein du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (UNHCR) sont traités différemment et réinstallés bien plus rapidement.

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