Le ministère de la Santé interdit de voyager dans 7 pays à risque, dont l’Inde
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Le ministère de la Santé interdit de voyager dans 7 pays à risque, dont l’Inde

Le ministère préconise de mettre en quarantaine les voyageurs vaccinés en provenance des zones sensibles au COVID et de retarder la relance des activités touristiques d'Israël

Des passagers à l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 8 mars 2021. (Crédit : Flash90)
Des passagers à l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 8 mars 2021. (Crédit : Flash90)

Le ministère de la Santé a émis de nouvelles restrictions de voyage pour les Israéliens, qui interdiraient les déplacements vers sept pays à haut risque, dont l’Inde, et obligeraient même les voyageurs vaccinés à entrer en quarantaine à leur retour en Israël.

Le ministère a également cherché à retarder d’un mois le lancement des activités touristiques d’Israël et à obliger les non-citoyens entrant en Israël en provenance des pays hautement infectés spécifiés à s’isoler dans des hôtels de quarantaine.

Face à une nouvelle variante insidieuse du COVID qui dévaste l’Inde, le ministère de la Santé a recommandé au gouvernement de diviser les pays en deux groupes : le niveau 1 et le niveau 2 à haut risque.

Dans sa proposition, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a demandé au gouvernement d’interdire les voyages vers les pays de niveau 2 et d’exiger que tous les voyageurs revenant en Israël depuis ces pays soient mis en quarantaine pendant deux semaines, indépendamment du fait qu’ils soient vaccinés ou guéris du COVID-19.

En outre, les étrangers autorisés à se rendre en Israël depuis des pays de niveau 2 seront contraints de s’isoler dans les hôtels COVID gérés par le gouvernement, selon les recommandations du ministère.

Le gouvernement débattra de la proposition du ministère lors d’une réunion du cabinet, dont la date n’a pas été annoncée.

Un patient respire à l’aide d’oxygène fourni par un Gurdwara, lieu de culte sikh, à l’intérieur d’une voiture à New Delhi, en Inde, le 24 avril 2021. (Altaf Qadri/AP)

Jusqu’à présent, Israël a émis un avertissement de voyage pour sept pays : Inde, Ukraine, Éthiopie, Brésil, Afrique du Sud, Mexique et Turquie.

Ces sept pays seront considérés comme des pays de niveau 2 si les recommandations du ministère entrent en vigueur. Et tous les voyageurs qui ont visité des pays de niveau 2 dans les 14 jours précédant leur entrée en Israël seront soumis à de nouvelles règles d’isolement.

Le ministère a déclaré qu’il déterminera quels pays recevront une désignation de niveau 2 sur la base des critères établis par son Centre d’information et de connaissances. Les critères tiendront compte de variables telles que le nombre d’Israéliens arrivant de pays considérés comme à haut risque et les preuves de la présence de variantes du coronavirus dans ces pays.

Cette liste sera mise à jour toutes les deux semaines, et le ministère annoncera à l’avance les pays qu’il envisage d’ajouter, afin que les voyageurs puissent s’organiser en conséquence.

Pour les pays du niveau 1 – la majorité du monde – il n’y aura pas de changement de politique.

Orit Farkash-Hacohen. (Yanai Yechiel)

Ces propositions de restrictions de voyage interviennent alors qu’Israël prévoit de rouvrir ses frontières aux touristes dans le cadre d’un programme qui débutera fin mai. Le ministère de la Santé a recommandé de retarder le lancement du programme d’un mois supplémentaire.

Mais mardi, le jour même où le ministère a publié ses recommandations, la ministre du Tourisme Orit Farkash-Hacohen a annoncé que des mesures étaient en place pour accueillir les groupes de touristes organisés et ouvrir l’économie touristique d’Israël, selon la Douzième chaîne de télévision.

Les groupes de touristes vaccinés seront autorisés à entrer en Israël à partir du 23 mai, à condition qu’ils fournissent un test PCR négatif avant le voyage et qu’un test sérologique à l’arrivée à l’aéroport Ben Gurion montre qu’ils ont des anticorps.

Des Israéliens participent à un rassemblement pour marquer la gay pride, annulée en raison du coronavirus, au parc de l’Indépendance à Jérusalem, le 28 juin 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Farkash-Hacohen a déclaré que le ministère était prêt à lancer une campagne à Dubaï, New York et Londres pour encourager le tourisme en Israël, selon la Douzième chaîne. Plusieurs événements ont également été organisés pour attirer les touristes, tels qu’une course cycliste organisée dans les Émirats arabes unis et en Israël, intitulée « Abraham Accord Cup », du nom de l’accord de normalisation entre les deux pays, et la Marche des fiertés de Tel Aviv.

Selon la chaîne, Mme Farkash-Hacohen n’est pas inquiète de la variante indienne : « Si nous travaillons de manière gérée et supervisée, cela ne devrait rien affecter. Cela ne devrait pas empêcher l’ouverture de l’industrie du tourisme, car nous pouvons établir un plan à long terme – et si nous ne sommes pas sur le terrain, nous perdons un avantage relatif », a-t-elle déclaré.

Lundi, les responsables du ministère de la Santé ont demandé l’arrêt temporaire de tous les vols directs en provenance d’Inde, selon la Treizième chaîne, craignant la propagation de la variante qui ravage le pays.

L’Inde a enregistré mardi plus de 320 000 nouveaux cas d’infections au coronavirus. Le ministère de la Santé a également signalé 2 771 décès supplémentaires au cours des dernières 24 heures, soit environ 115 Indiens succombant à la maladie chaque heure. Ces derniers décès ont porté le bilan officiel de l’Inde à 197 894 morts, mais le nombre réel est probablement plus élevé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté ses condoléances « aux citoyens de l’Inde pour les pertes tragiques de vies humaines qui s’y produisent » et a déclaré qu’Israël « apportera l’aide qui pourra être demandée ».

« J’espère qu’il y aura un effort international, dans lequel Israël est prêt à être un partenaire à part entière, pour mettre fin à cette tragédie. Même si nous nous réjouissons ici, nous comprenons que de larges pans de l’humanité souffrent énormément. En tout état de cause, nous sommes prêts à apporter toute l’aide nécessaire. »

De multiples bûchers funéraires de victimes du COVID-19 brûlent sur un terrain qui a été converti en crématorium pour une crémation de masse à New Delhi, en Inde, le 24 avril 2021. (Altaf Qadri/AP)

L’hôpital Ichilov de Tel Aviv a déclaré dimanche dans un communiqué qu’il avait demandé aux ministères de la Santé et des Affaires étrangères l’autorisation d’envoyer immédiatement en Inde un lot de matériel d’aide et de main-d’œuvre pour faire face à la crise.

« À mon avis, c’est la chose correcte et morale à faire en ce moment », a déclaré le directeur de l’hôpital Ichilov, Ronni Gamzu, l’ancien responsable israélien de la lutte contre le coronavirus.

Ronni Gamzu, le responsable de la lutte contre le coronavirus, lors d’une visite à la mairie de Jérusalem, le 13 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous ne pouvons pas profiter de nos vies pendant qu’à l’autre bout du monde, ils brûlent des corps », a déclaré M. Gamzu, faisant référence au fait qu’Israël a réussi à faire baisser ses propres taux d’infection et qu’il s’apprête à lever les restrictions sur la vie publique lors du retour à la normale.

Des discussions à ce sujet ont eu lieu au ministère des Affaires étrangères, ainsi qu’avec des responsables indiens, mais aucune décision n’a été prise jusqu’à présent, a rapporté dimanche le radiodiffuseur public Kan.

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