Le ministre des Affaires religieuses veut libéraliser les conversions juives
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Le ministre des Affaires religieuses veut libéraliser les conversions juives

Le nouveau plan fait suite à la proposition de réforme de la casheroute, et permettrait des conversions en dehors du Grand Rabbinat, en donnant l'autorité aux rabbins municipaux

Illustration : Un tribunal rabbinique israélien examine un cas de conversion. (Crédit: Flash90)
Illustration : Un tribunal rabbinique israélien examine un cas de conversion. (Crédit: Flash90)

Après avoir dévoilé une proposition de réforme du contrôle de la casheroute, le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana travaille maintenant sur un plan visant à libéraliser les conversions au judaïsme, selon un rapport publié mercredi.

La proposition de Kahana permettrait des conversions en dehors des auspices du Grand Rabbinat, autorisant les rabbins municipaux à effectuer le rite religieux, a rapporté la station de radio Kan.

Le travail sur le plan est avancé et il pourrait être rendu public d’ici deux semaines, selon le rapport.

« Cette question est à l’ordre du jour. Selon l’accord de coalition, les rabbins municipaux reprendront la conversion », a déclaré l’assistant de Kahana, le rabbin Shay Weissman, dans une interview accordée au radiodiffuseur.

Actuellement, il n’y a que quelques dizaines de rabbins et quatre tribunaux de conversion qui peuvent légalement effectuer des conversions au judaïsme dans tout Israël.

En 2015, le gouvernement a abrogé une initiative adoptée un an plus tôt par le parti Yesh Atid de l’actuel ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, qui prévoyait la création de 30 tribunaux composés de rabbins municipaux qui auraient été autorisés à procéder à des conversions. Il a également annulé une mesure permettant aux futurs convertis de choisir leur tribunal de conversion.

Le bâtiment du Grand Rabbinat d’Israël à Jérusalem. (Flash90)

La nouvelle législation de Kahana devrait suivre les mêmes principes de création de procédures de conversion moins intimidantes et plus efficaces. Elle permettrait probablement aux convertis potentiels, en particulier parmi les parents russophones de Juifs ayant immigré de l’ancienne Union soviétique, de contourner tout rabbin d’État qui refuse de les convertir et de trouver un rabbin qui le fera.

Le rapport intervient après que M. Kahana a dévoilé mardi un plan visant à remanier le secteur de la certification casher en Israël, suscitant la colère du grand rabbinat et des législateurs ultra-orthodoxes.

« Le système de casheroute de l’État d’Israël doit être considérablement rationalisé », a déclaré Kahana dans une vidéo annonçant les réformes proposées. « La révolution que je mène renforcera le Grand Rabbinat et créera une concurrence qui améliorera la casheroute, ainsi qu’une baisse du prix de la certification casher pour les entreprises. »

Le plan publié par Kahana prévoit la création de différentes agences privées de certification de la casheroute qui seront tenues de respecter les normes religieuses établies par le Grand Rabbinat.

Les agences privées seront autorisées à délivrer des certifications indiquant qu’elles sont « sous la supervision du rabbinat ». Chaque agence devra être dirigée par un rabbin certifié par le rabbinat local de la ville. Les agences – qui devront également démontrer leur viabilité financière – rendront publiques les normes religieuses qu’elles maintiennent dans leur certification.

Le ministre des affaires religieuses nouvellement nommé, Matan Kahana, dans son ministère à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le plan proposé prévoit également la création d’un organe de supervision du Grand Rabbinat pour surveiller les agences privées et s’assurer qu’elles se tiennent aux normes qu’elles ont promis de respecter.

Selon le plan, cependant, si une agence veut délivrer un certificat avec un niveau de casheroute inférieur à celui du Grand Rabbinat, elle peut le faire avec l’approbation de trois rabbins agréés par le rabbinat de la ville, et délivrer un certificat différent – y compris un certificat qui peut être donné aux restaurants ouverts le Shabbat.

Le grand rabbinat résiste depuis longtemps à toute réforme de son monopole sur la certification casher en Israël et sur le processus de conversion.

Le grand rabbinat lui-même a publié une déclaration rejetant le plan de supervision de la casheroute de Kahana, le qualifiant d' »initiative dangereuse visant à détruire la casheroute en Israël ». Selon le rabbinat, la proposition « signifierait la fin de la casheroute dans l’État et la création d’un « bazar » de groupes aux motivations impures qui commenceront à délivrer des certifications. »

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