Le mouvement réformé exhorte les Républicains à considérer la nomination de Garland
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Le mouvement réformé exhorte les Républicains à considérer la nomination de Garland

“Le peuple américain mérite un système judiciaire qui fonctionne pleinement”, a déclaré le rabbin Jonah Pesner, directeur du RAC

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le nominé à la cour suprême américaine Merrick Garland (Crédit : capture d'écran YouTube/White House)
Le nominé à la cour suprême américaine Merrick Garland (Crédit : capture d'écran YouTube/White House)

WASHINGTON – Le centre d’action religieuses du judaïsme réformé (RAC), la branche politique du mouvement réformé américain, a exhorté mercredi les sénateurs du parti républicain à permettre au nominé du président Barack Obama à la Cour suprême, Merrick Garland, d’être auditionné par la commission judiciaire du Sénat.

Peu après la nomination de Garland par Obama pour combler le siège vacant suite au décès du juge Antonin Scalia, le directeur du RAC, le rabbin Jonah Pesner, a appelé le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell (républicain, Kentucky) et le président de la commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley (républicain, Iowa) à « remplir leur rôle défini par la Constitution » en permettant au nominé du président de suivre le processus de confirmation.

Sans prendre position sur la nomination de Garland, Pesner a souligné que les législateurs républicains ne devaient pas retarder le processus démocratique, et que « le peuple américain mérite un système judiciaire qui fonctionne pleinement, à commencer par un jury complet à la Cour suprême. »

La mort soudaine de Scalia le mois dernier a lancé une bataille politique féroce à Washington, puisque son successeur aura la possibilité de modifier l’équilibre idéologique de la cour.

Dans les heures suivant la mort de Scalia, les dirigeants républicains ont promis de bloquer toute nomination qui pourrait être avancée par Obama, soulignant que la vacance ne devrait pas être comblée jusqu’à ce que le prochain président ne commence son mandat en janvier 2017. Le président n’a pas tenu compte de cela, disant qu’il nominerait un remplaçant au moment opportun.

Senate minority leader Mitch McConnell (photo credit: CC BY-SA Gage Skidmore, Flickr)
Mitch McConnell (Crédit : CC BY-SA Gage Skidmore, Flickr)

McConnell a réitéré mercredi sa position après l’annonce d’Obama, informant Garland qu’il ne le rencontrerait pas personnellement.

« Plutôt que de placer le juge Garland dans plus de routines politiques orchestrées par la Maison Blanche, le chef de la majorité a décidé qu’il serait plus respectueux du temps du nominé de lui parler aujourd’hui par téléphone » a déclaré dans un communiqué le porte-parole de McConnell, Don Stewart.

La position du dirigeant du parti républicain a frustré Pesner, qui a estimé qu’elle déstabilisait le système judiciaire de la nation. « Pensez à ces plaignants qui attendent d’avoir un recours pour des questions fascinantes concernant la Constitution, a-t-il déclaré au Times of Israel. Ces plaignants méritent une audience équitable avec une cour complète. »

Le rabbin Jonah Pesner, à gauche, directeur du centre d'action religieuse du mouvement réformé (RAC), et le député John Lewis (D-GA.) à Selma, Alabama. (Crédit : autorisation)
Le rabbin Jonah Pesner, à gauche, directeur du centre d’action religieuse du mouvement réformé (RAC), et le député John Lewis (D-GA.) à Selma, Alabama. (Crédit : autorisation)

« Les roues de la justice vont tourner et se coincer, a-t-il ajouté. La démocratie américaine peut résister à une vacance pendant un certain temps, mais il n’y a simplement aucune raison que ce processus soit prolongé, particulièrement en étant coincé dans de la politique partisane, ce qui est inutile. »

La décision d’Obama de nominer Garland, juge en chef de la cour d’appel des Etats-Unis pour le circuit du district de Columbia et centriste renommé, a été perçue par les experts comme une tentative de mettre les républicains au pied du mur, particulièrement ceux qui affrontent des campagnes de réélection compliquées dans leurs états, comme Mark Kirk, (républicain, Illinois), Rob Portman (républicain, Ohio), Kelly Ayotte (républicaine, New Hampshire), Ron Johnson (républicain, Wisconsin) et Pat Toomey (républicain, Pennsylvanie) – tous élus dans des états qu’Obama avait gagnés en 2012.

De plus, plusieurs législateurs républicains ont publiquement rendu hommage à Garland dans le passé, y compris le sénateur Orinn Hatch (républicain, Utah) qui a soutenu la nomination de Garland au circuit du district de Columbia en 1997. Une vidéo de son discours devant le Sénat a déjà commencé à circuler sur internet et les chaînes du câble américaines.

Malgré la bataille politique intense que la mort de Scalia et la nomination consécutive de Garland ont déclenchée, Pesner reste optimiste sur le fait que les sénateurs républicains accorderont finalement à Garland une audience juste sur ses agissements et son approche judiciaire.

« Je ne peux pas leur faire faire leur travail, mais le président a fait son travail, a-t-il déclaré. Il lui est demandé par la Constitution de nominer un juge s’il y a une vacance et il leur est demandé de conseiller et de consentir. J’ai bon espoir qu’ils saisissent leur opportunité de s’élever au-delà des partis et laisser le processus démocratique se dérouler. »

Garland, 63 ans, est juif et originaire de Chicago. S’il est confirmé, il serait le neuvième juge juif de l’histoire de la cour suprême et le quatrième du jury actuel de neuf membres, les autres étant Ruth Bader Ginsburg, Stephen Breyer et Elena Kagan.

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