Le négociateur d’Yisrael Beytenu fustige le « faux » compromis de Netanyahu
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Le négociateur d’Yisrael Beytenu fustige le « faux » compromis de Netanyahu

Le député Oded Forer affirme que le Premier ministre cède face aux ultra-orthodoxes ; Elkin accuse Yisrael Beytenu de "tromper" ses électeurs

Oded Forer, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, à Jérusalem, le 28 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Oded Forer, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, à Jérusalem, le 28 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le négociateur en chef du parti Yisrael Beytenu dans les pourparlers visant à former la coalition a déclaré lundi que le compromis proposé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour sortir de l’impasse avec les partis ultra-orthodoxes est « faux » et a promis que son parti ne céderait pas à la pression politique, même si cela signifie retourner aux urnes.

Le député Oded Forer a déclaré à la treizième chaîne que le principal problème est que les autres partenaires potentiels de la coalition ne prennent pas Yisrael Beytenu au sérieux, et suggéré que le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman, qui dirige le parti ultra-orthodoxe Yahadaout HaTorah, est celui qui dirige réellement les négociations de coalition.

« L’offre de Netanyahu est un faux compromis, [les ultra-orthodoxes] ont présenté leur demande originale et ont fait comme si c’était une proposition de compromis », a déclaré Forer. « La question est de savoir qui de Netanyahu ou de Litzman est Premier ministre. »

Si aucun accord n’est conclu, le Likud de Netanyahu a fait savoir qu’il soumettrait une proposition pour dissoudre la Knesset pour les trois premiers votes de lundi après-midi, exerçant une pression sur les potentiels partis de la coalition pour qu’ils parviennent à un accord ou risque de nouvelles élections. Le Likud a attribué à l’entêtement de Liberman l’impossibilité de former une coalition, les autres partis étaient prêts à signer.

« Ceux qui vont aux élections, sur une loi importante, sous les haredim et Netanyahu – qui ont décidé de décidé de céder à chaque caprice de Litzman sur la question », a poursuivi Forer. « Ils ont pensé qu’ils pourraient nous faire céder face aux exigences de Litzman et entrer [dans la coalition] parce qu’il ‘y aura une pression’ pour former un gouvernement ».

Coalition chairman Zeev Elkin (photo credit: Uri Lenz/Flash90)
Zeev Elkin, ministre des Affaires de Jérusalem (Likud), à la Knesset. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Le ministre de la Protection de l’Environnement Zeev Elkin, du Likud de Netanyahu, a accusé Liberman de tromper ses électeurs en disant qu’il veut un gouvernement de droite sous Netanyahu, mais refuse ensuite de rejoindre la coalition.

« Tristement, la tromperie est permise en politique », a déclaré Elkin au radiodiffuseur Kan dans une interview lundi. « Un politicien peut dire à ses électeurs qu’il veut un gouvernement de droite; et quand l’heure est venue de former un tel gouvernement, il formule des demandes tout en sachant qu’il est impossible d’y accéder ».

Netanyahu n’a encore signé aucun partenariat potentiel. Le point de friction concerne une loi sur la régulation de la conscription des ultra-orthodoxes dans l’armée. Les partis religieux veulent l’assouplir et ce texte doit être re-legiféré sur ordre de la Cour suprême. De son côté, Liberman a insisté sur l’idée qu’il n’acceptera rien d’autre qu’une version du texte rédigée par le ministère de la Défense, qui fixe un quota de recrues dans les yeshivot.

La date butoir pour former la coalition est fixée à mercredi soir. Dimanche soir, il a rencontré tous les chefs de partis des potentiels partenaires de coalition et aurait soumis un compromis qui respecte les demandes des ultra-orthodoxes sur la conscription, mais qui permet au gouvernement de fixer un quota sur le nombre de personne enrôlées. Les partis ultra-orthodoxes s’opposent à ce texte et tentent de réduire au maximum le nombre de membres issus de leur communauté dans l’armée. Mais si les partis ultra-orthodoxes ont accepté l’offre de Netanyahu, Yisrael Beytenu l’a rejetée.

« Cette proposition implique que dimanche, vous décidez A et lundi vous décidez B », a déclaré Forer à la Treizième chaîne. « Il n’y a aucune supervision par la Knesset. Nous voulons ce que nous avons dit au départ : le problème est que personne ne prend au sérieux ce que nous disons, et que pour nous [le texte sur la conscription] est une ligne rouge. »

Le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman arrive lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 10 mars 2019 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Forer a réaffirmé ce qu’Yisrael Beytenu avait dit, à savoir que la version actuelle de la loi avait déjà été validée par les parti ultra-orthodoxes dans le gouvernement précédent.

« Maintenant, ils viennent avec un autre caprice et proposent de faire compromis après compromis – nous ne sommes pas prêts à cela », a-t-il dit.

Liberman a proposé de résoudre cette impasse en demandant aux élus de quitter le plénum de la Knesset si la loi finissait par être approuvée, comme ils l’avaient fait lors de sa première lecture par la dernière Knesset.

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman lors d’un événement à Ganei Tikva, le 25 février 2019 (Crédit : Flash90)

Le Likud a obtenu 35 sièges à l’issue des élections du 9 avril. Les deux partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ont décroché chacun 8 sièges. Koulanou, de Moshe Kahlon, a remporté 4 sièges, tout comme l’Union des partis de droite. Ensemble, ces partis comptabilisent en tout 60 sièges des 120 de la Knesset et Netanyahu a besoin du parti laic Yisrael Beytenu et de ses 5 sièges pour obtenir la majorité.

Un proche des négociations politiques a confié dimanche au Times of Israel qu’il y a avait « 95 % de chances » que Netanyahu finisse par finaliser sa coalition. Mais, a-t-il ajouté, « c’est la politique israélienne. Tout peut arriver ».

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