Le nombre de cas baisse, mais le nombre de tests aussi
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Le nombre de cas baisse, mais le nombre de tests aussi

Moins d'un millier de cas ont été recensés ce week-end ; Ronni Gamzu appelle les Israéliens à se faire tester "au moindre doute" ; il faut 50 000 tests quotidiens pour tout rouvrir

Une étudiante se fait tester pour le COVID-19 (coronavirus), à l'Université hébraïque de Jérusalem, le 21 octobre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Une étudiante se fait tester pour le COVID-19 (coronavirus), à l'Université hébraïque de Jérusalem, le 21 octobre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministère de la Santé a annoncé lundi qu’il avait enregistré moins d’un millier de cas de coronavirus au cours des deux derniers jours, ce qui confirme une tendance à la baisse, alors que les autorités ont déploré la diminution du nombre de tests.

La dernière mise à jour du ministère – la première depuis samedi soir, après qu’une défaillance technique liée au changement d’heure a paralysé sa base de données – survient après la décision du gouvernement de rouvrir les écoles pour les enfants du CP au CM1 à partir de la semaine prochaine, et au placement d’une ville druze du nord sous cordon sanitaire après avoir été identifiée comme foyer épidémique

Le ministère a déclaré que 239 cas avaient été enregistrés samedi et 559 dimanche, contre 1 000 à 1 500 cas quotidiens la semaine dernière. Toutefois, le nombre de tests a également fortement diminué au cours de ces deux jours. Seulement 6 344 ont été effectués samedi, avec 3,9 % de résultats positifs, ce qui est nettement supérieur aux taux de positivité de 2,7 à 2,9 % observés à la fin de la semaine dernière.

Dimanche, 19 789 tests ont été réalisés, dont 2,8 % sont revenus positifs.

Sur les 13 911 cas actifs restants, 506 patients étaient dans un état grave lundi matin, dont 206 sous respirateur.

Le nombre de décès s’élève à 2 397, dont 31 depuis la nuit de samedi à dimanche.

Des gens marchent dans la rue Jaffa au centre-ville de Jérusalem, le 25 octobre 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Bien que les taux de dépistage diminuent généralement pendant les week-ends, la baisse de samedi et de dimanche, qui a suivi deux semaines pendant lesquelles les taux de dépistage n’ont cessé de diminuer, a suscité des inquiétudes de la part du haut responsable chargé de la lutte contre le coronavirus.

« J’invite chaque citoyen, au moindre doute, à se demander s’il y a une chance qu’il ait été infecté », a déclaré Ronni Gamzu lundi, selon le quotidien Haaretz. « Tout est ouvert et accessible, les résultats sont disponibles dans les heures qui suivent. Cette pandémie, qui en est certainement à sa deuxième vague, se propage par le biais des jeunes et des enfants. Ils ne sont pas toujours symptomatiques – et puis vient le stade des cas symptomatiques chez les adultes et des hospitalisations. »

Ronni Gamzu, le responsable de la lutte contre le coronavirus, lors d’une visite à la mairie de Jérusalem, le 13 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Il a également indiqué que le ministère de la Santé avait la capacité d’effectuer 70 000 tests par jour, et qu’il porterait ce chiffre à 100 000 dans les semaines à venir.

Lors de la réunion du cabinet dimanche, Gamzu, a averti les ministres qu’il serait impossible de continuer à assouplir les restrictions si on ne peut pas réaliser 50 000 tests par jour.

Le cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus a voté dimanche la réouverture des écoles pour les classes du CP au CM1 au début de la semaine prochaine, si les taux de morbidité restent bas.

Dans le cadre du plan approuvé par les ministres, les élèves de CE2 et CM1 seront divisés en petits groupes et iront à l’école cinq jours par semaine. Les CP et CE1 seront répartis en deux groupes, qui iront en classe à tour de rôle, à raison de trois jours par semaine. Les CM2 continueront l’école à distance.

Les écoles sont fermées depuis le 18 septembre, date à laquelle un dispositif national de confinement est entré en vigueur pour faire baisser les taux d’infection. Les établissements d’accueil de la petite enfance ont été autorisés à rouvrir la semaine dernière.

La décision a été prise alors que des experts ont averti les ministres dimanche qu’ils avaient détecté des foyers épidémiques dans les crèches et les écoles maternelles, des dizaines d’entre elles ayant été fermées depuis la réouverture dimanche dernier, selon la radio militaire. De hauts responsables de la santé, dont le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, et la responsable du ministère, Sharon Alroy-Preis, ont exprimé leur inquiétude face à cette tendance, selon la radio.

Cette décision a été prise dimanche soir après que les ministres ont voté le maintien des restrictions actuellement en vigueur, jusqu’à dimanche prochain.

Des parents israéliens accompagnent leurs enfants pour le premier jour d’école, lors de la pandémie de coronavirus, à Tel Aviv, le 1er septembre 2020. (JACK GUEZ / AFP)

Le cabinet a convenu de se réunir une nouvelle fois lundi après-midi pour discuter de la levée des restrictions touchant les commerces.

Parallèlement, le gouvernement a voté dimanche soir un confinement localisé, pour la ville de Majdal Shams, où le nombre de cas a flambé ces derniers jours. Il entrera en vigueur lundi soir à 18 heures jusqu’à samedi soir.

Selon le ministère de la Santé, cette ville de 11 000 habitants compte 65 cas actifs, dont 42 ont été découverts la semaine dernière, ce qui lui confère le taux d’infection par habitant le plus élevé du pays.

Une femme est en poste à un point de contrôle improvisé dans le village druze de Majdal Shams dans le plateau du Golan, le 9 avril 2020. (JALAA MAREY / AFP)

Le panel aurait également soutenu la proposition du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, qui consiste à autoriser les élèves et leurs enseignants à se rassembler en extérieur, de façon informelle, en groupe de quinze, et ce malgré la fermeture des écoles. Le bureau du Premier ministre et le ministère de la Santé n’ont pas confirmé cette information.

La réouverture progressive de l’économie devait être à l’ordre du jour de la réunion du cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus ce lundi.

Le gouvernement doit encore décider s’il autorise la réouverture des commerces, comme le souhaite le ministère des Finances. Ce dernier a proposé des conditions qui limiteraient l’accueil à cinq clients à la fois, a rapporté la Douzième chaîne.

Le ministère de la Santé a décomposé le plan d’assouplissement des restrictions en neuf étapes distinctes. M. Netanyahu a exprimé son intérêt pour la condensation du plan en cinq étapes, mais les responsables de la santé ont averti que cela pourrait provoquer une spirale d’infections.

Après le confinement initial au printemps, les responsables de la santé ont abandonné leur plan échelonné sous la pression des ministres et ont ouvert presque toutes les écoles et entreprises en même temps au début du mois de mai. Cette décision a été accusée d’avoir joué un rôle dans la hausse des taux d’infection au cours de l’été, qui a conduit au deuxième confinement national.

S’exprimant lors de la réunion du cabinet du coronavirus de dimanche, Gamzu a fait savoir que les taux d’infection étaient en baisse chez les ultra-orthodoxes et en hausse dans les communautés arabes, mais que les taux de dépistage avaient chuté chez ces deux groupes. Il a mis en garde contre une recrudescence des infections dans les villes arabes.

« Il y a probablement des dizaines de mariages par jour dans la communauté arabe. Sakhnin et Umm al-Fahm risquent de devenir des villes ‘rouges’ », a déclaré M. Gamzu, selon la chaîne Kan.

Il a également averti que le gouvernement ne pouvait pas encore identifier les conséquences de ses décisions de la semaine dernière de rouvrir les écoles maternelles et les garderies.

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, s’en est fait l’écho.

« Nous ne connaissons toujours pas les effets de ce que nous avons fait. Nous ne le saurons pas avant deux semaines » à compter du 18 octobre, a déclaré M. Edelstein, selon la radio de l’armée.

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