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Le nombre de patients COVID sous respirateur au plus haut depuis mars

Une étude prévoit néanmoins une baisse des nouveaux cas et des cas graves le mois prochain, dans un contexte d'inquiétude quant à la disponibilité des ressources de santé

Une salle de coronavirus à l'hôpital Shaare Zedek à Jérusalem le 23 septembre 2021 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90
Une salle de coronavirus à l'hôpital Shaare Zedek à Jérusalem le 23 septembre 2021 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90

Le nombre de patients atteints du coronavirus et traités sous respirateur a dépassé les 200 pour la première fois depuis fin mars, selon les chiffres du ministère de la Santé publiés vendredi, bien que des chercheurs ont déclaré que la vague de nouvelles infections due au variant Delta pourrait bientôt être contenue.

Le site Web du ministère de la Santé a indiqué que 203 personnes atteintes du coronavirus se trouvaient sous respirateur, sur les 274 patients répertoriés dans un état critique vendredi matin, tandis qu’un communiqué distinct du ministère a estimé à 206 le nombre de patients sous respirateur. Le nombre de patients répertoriés dans un état grave, qui comprend les patients dans un état jugé critique, a légèrement diminué par rapport à la veille, mais reste supérieur à 700.

La dernière fois qu’Israël a compté plus de 200 patients sous respirateur remonte au 31 mars, alors que 202 personnes étaient branchées à un appareil respiratoire. Cette vague d’infections s’est produite à la fin d’une période où 358 personnes ont été placées sous respirateur le 25 janvier, un nombre record.

Alors que la quatrième vague d’infections en Israël a connu un nombre record de cas quotidiens, le nombre de patients nécessitant une hospitalisation est resté relativement faible par rapport aux vagues précédentes, ce que les experts attribuent aux taux de vaccination élevés du pays.

Les chiffres du ministère ont montré 6 314 nouvelles infections jeudi, poursuivant une lente tendance à la baisse, le nombre de cas actifs diminuant légèrement à 65 432.

Le nombre de décès depuis le début de la pandémie s’élève à 7 611. Au total, 529 personnes ont succombé au virus depuis le début du mois, faisant de septembre le deuxième mois consécutif au cours duquel Israël a enregistré au moins 500 décès, après que 609 décès ont été attribués à la COVID-19 en août.

La grande majorité des nouvelles infections et des cas graves sont survenus chez des personnes non vaccinées. Selon le ministère, 493 de ceux dans un état grave n’ont pas été vaccinées, contre 134 patients ayant reçu deux doses de vaccin et 55 patients ayant reçu une troisième dose de vaccin contre le coronavirus.

Les responsables israéliens affirment que le pays ne risque pas de manquer de respirateurs, mais certains se sont alarmés du manque de machines ECMO disponibles pour les patients les plus malades. 41 des 49 ECMO du pays étaient en service vendredi matin, selon Kan, et tous sauf six étaient utilisés par des personnes non vaccinées.

Contrairement aux respirateurs qui se contentent d’aider à la respiration, les appareils d’oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) fournissent une assistance cardiaque et respiratoire en oxygénant le sang du patient à l’extérieur du corps et sont utilisés pour les personnes les plus gravement malades.

Une machine ECMO dans le service de coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 23 septembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La professeure Galia Rahav, cheffe de l’unité des maladies infectieuses de l’hôpital Sheba près de Tel Aviv, a indiqué à la Radio de l’armée que les unités de soins intensifs commençaient à rationner les traitements.

« Nous en sommes au stade où nous devons décider qui aura une place en soins intensifs et qui n’en aura pas, et selon la liste des priorités, les personnes non vaccinées auront un lit. Ils auront aussi le traitement Regeneron en premier. Ce n’est pas juste », a-t-elle déclaré.

Mais elle a également critiqué le gouvernement pour son refus d’imposer de nouvelles restrictions sur les rassemblements, affirmant que nombre des personnes se trouvant dans les unités de soins intensifs avaient été infectées lors d’événements de masse.

« C’est déprimant. Ils ne se soucient pas de nous. Nous sommes en première ligne, mais ils ne tiennent pas compte de nos conseils. »

Un site de dépistage au coronavirus Maccabi nouvellement ouvert dans la ville centrale de Modiin, le 13 septembre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Les responsables gouvernementaux ont souligné les taux d’hospitalisation relativement faibles et ont poursuivi une politique visant à maintenir les restrictions au minimum tout en encourageant vivement la vaccination, notamment en étant le premier pays au monde à offrir des rappels à la quasi-totalité de la population générale.

Cependant, contrairement aux vagues de virus précédentes en Israël, qui ont été marquées par de fortes hausses suivies de fortes baisses dans le nombre de cas, la quatrième vague actuelle est restée obstinément sur un plateau, ce que de nombreux experts ont imputé aux personnes non vaccinées ou qui ne bénéficient plus de l’immunité conférée par les deux premières doses.

Jeudi, un groupe d’experts gouvernementaux a exhorté les ministres à repenser leur politique en se basant sur le nombre de cas graves et non sur le nombre total de cas, et a appelé à de nouvelles restrictions sur les rassemblements.

Cependant, le Premier ministre Naftali Bennett a apparemment rejeté ces suggestions, a rapporté la Radio de l’armée. Le Premier ministre a noté que l’organisation d’événements était déjà limitée par le passeport vaccinal, qui nécessitera une dose de rappel pour continuer à être valide à partir du 3 octobre.

Bennett s’est appuyé sur une étude de l’Université hébraïque présentée lors de la réunion, qui prévoit que le nombre de nouveaux cas diminuera au cours des 10 prochains jours, suivi d’une baisse du nombre de cas graves, lorsque le nouveau pass vaccinal entrera en vigueur.

Naftali Bennett, actuellement Premier ministre israélien, photographié dans la ville ultra-orthodoxe d’Elad, le 6 septembre 2020. (Crédit : Flash90)

Selon les chercheurs, le nombre de cas graves augmentera d’ici là, mais uniquement par effet de contagion, en raison d’une meilleure survie des patients nécessitant un séjour prolongé à l’hôpital.

Les chercheurs ont également affirmé que le fait de limiter la capacité des événements dont l’entrée est déjà restreinte aux personnes vaccinées ou ayant récupéré du virus n’aurait que peu de résultats significatifs supplémentaires.

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