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Le nouveau chef spirituel du Mouvement islamique serait un proche de Mansour Abbas

Safwat Freij, qui habite à Kafr Qasim, est largement considéré comme étant en phase avec l'approche pragmatique revendiquée par le parti Raam de la coalition

Les responsables du Mouvement islamique se réunissent à Kfar Qasim pour l'élection de leur nouveau dirigeant, le 22 janvier 2022. (Autorisation : Mouvement islamique)
Les responsables du Mouvement islamique se réunissent à Kfar Qasim pour l'élection de leur nouveau dirigeant, le 22 janvier 2022. (Autorisation : Mouvement islamique)

Le Mouvement islamique du sud a élu un nouveau chef spirituel, ce week-end, en remplacement de Sheikh Hamad Abu Daabes, qui a dirigé la faction pendant douze ans.

Le Mouvement a annoncé, samedi soir, que Sheikh Safwat Freij avait été élu à la tête de l’organisation. Selon les observateurs, le résultat de ce scrutin est une bonne nouvelle pour Mansour Abbas, numéro un du parti Raam – le nouveau sheikh étant considéré comme un proche d’Abbas, qui partage la même vision du monde.

Freij, qui habite la ville de Kafr Qasim, dans le centre du pays, était jusqu’alors le bras droit du chef du Mouvement islamique et il dirigeait une organisation caritative pour le compte de la faction. Le père de Freij a été tué au cours d’un massacre de triste mémoire commis par la police israélienne dans la ville au cours de la crise de Suez, en 1956.

Fondé dans les années 1980, le Mouvement islamique est revenu sous les feux des projecteurs l’année dernière quand son aile politique, la formation islamiste Raam, a rejoint le gouvernement de coalition.

Sheikh Raed Salah, au centre, à gauche, le leader de la Branche du nord du Mouvement islamique, un groupe extrémiste, fête sa sortie de prison avec ses partisans dans la ville d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, le 13 décembre 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Ce Mouvement se divise – de manière informelle – en deux branches : il y a le Mouvement islamique « du nord », plus radical, qui est actuellement placé sous l’autorité de Sheikh Raed Salah, et le Mouvement islamique « du sud » qui a été, jusqu’à ce week-end, sous la direction de Daabes et qui est considéré comme plus modéré. Israël avait interdit la branche du nord en 2015 en raison de ses liens présumés avec des groupes terroristes et Salah vient de finir de purger une peine de prison d’un an pour incitation à la haine.

Contrastant avec certains de ses prédécesseurs, Abbas a opté pour une approche empreinte de pragmatisme.

Dans des propos qui avaient entraîné la controverse parmi les Arabes israéliens, Abbas avait déclaré, à la fin du mois de novembre dernier, que les Arabes devaient stratégiquement cesser de contester le caractère juif d’Israël.

« Israël est né État juif, cela a été la décision du peuple et la question n’est pas de savoir quelle est l’identité de l’État – il est né ainsi et il restera ainsi », avait dit Abbas à l’époque.

Le député Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, prend la parole lors d’une session plénière dans la salle d’assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Freij a battu son principal adversaire, Sheikh Mohammad Salameh Hassan, avec 293 voix contre 214. Hassan était considéré comme représentant une approche plus traditionnelle du Mouvement islamique, se référant au gouvernement israélien comme « gouvernement d’occupation » et qualifiant de « colons » tous les Israéliens.

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