Israël en guerre - Jour 264

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Le père de l’homme tué après avoir neutralisé des terroristes dénonce le silence de l’État

Moshe Castleman dit que son fils "est tombé à genoux", criant aux soldats "ne tirez pas, je suis Juif" et ajoute avoir été informé de l'enquête par le biais d'un ami dans la police

Yuval Doron Castleman. (Autorisation)
Yuval Doron Castleman. (Autorisation)

Le père de Yuval Castleman, un civil armé qui a été abattu par un soldat pendant un attentat terroriste commis à Jérusalem, la semaine dernière, a affirmé dimanche que son fils avait été « exécuté » et qu’aucun responsable n’était entré en contact avec la famille depuis le décès de son fils.

Castleman était dans sa voiture, à hauteur de l’arrêt de bus où avait eu lieu l’attentat terroriste, jeudi dernier. Il avait stoppé son véhicule et traversé la route, faisant face aux deux hommes armés palestiniens. Les soldats l’avaient pris pour l’un des attaquants et ils avaient ouvert le feu dans sa direction. Des images ont depuis montré Castelman jetant son arme et levant les mains en l’air avant d’être tué par un soldat hors-service.

Selon des détails qui ont été révélés dimanche, Castleman avait aussi crié aux soldats avant de s’effondrer : « Regardez ma carte d’identité, je suis Juif ».

Moshe Castleman, son père, a déclaré que le soldat responsable du décès de son fils, Aviad Frija, « a procédé à une exécution » et il a réclamé une enquête minutieuse.

« Il a fait tout ce qu’il avait à faire pour qu’ils soient en mesure de l’identifier. Il s’est mis à genoux ; il a ouvert sa veste pour bien montrer qu’il n’avait aucun explosif sur lui ; il leur a crié : ‘Ne tirez pas, je suis Juif, je suis Israélien’ mais ils ont continué », a-t-il dit au micro de la radio militaire, ajoutant que Yuval avait été blessé à la mâchoire et au menton, ce qui avait pu entraver sa capacité à lancer un appel à l’aide.

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« Comment a-t-il été possible de penser que c’était un terroriste ? C’est inconcevable », a-t-il dit, se demandant comment les soldats avaient pu confondre son fils avec un terroriste alors que Yuval avait ouvert le feu en direction des attaquants, quelques instants auparavant.

« Aucun responsable ne s’est entretenu avec nous. Nous avons découvert par hasard que ses effets personnels devaient être récupérés au commissariat de Jérusalem », a-t-il ajouté, notant qu’alors que son fils se trouvait à l’hôpital, personne n’avait explicitement dit à sa famille où il était et que cette dernière avait dû le chercher par ses propres moyens.

Yuval avait servi dans la police des frontières, puis dans la police. Il était ensuite devenu avocat, a raconté son père.

Castleman a indiqué qu’un agent qui avait connu son fils avait informé la famille qu’une enquête menée sur sa mort par la police militaire serait probablement lancée dimanche.

L’oncle de Yuval, Ran Castleman, a également écrit un post sur les réseaux sociaux, dans la nuit de samedi, affirmant qu’aucun responsable n’était entré en contact avec la famille.

« Aucun représentant officiel n’est entré en contact avec nous jusqu’à présent, et nous ne comprenons pas pourquoi la police n’enquête pas dès maintenant sur un homicide présumé », a écrit ce parent sur X, anciennement Twitter.

Les forces de sécurité israéliennes ont été condamnées, dans le passé, pour avoir tué des terroristes présumés alors qu’ils avaient été désarmés et qu’ils ne représentaient plus une menace – en violation des règles d’engagement, les directives qui encadrent les tirs à balle réelle.

Cette affaire a aussi donné lieu à un débat sur les conséquences de la possession d’armes par des civils.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a allégé les restrictions pesant sur le port d’arme depuis qu’il a pris son poste – et les demandes d’approbations concernant les permis de port d’arme ont grimpé en flèche depuis les massacres du 7 octobre perpétrés par des terroristes du Hamas et des civils gazaouis. Le ministre a affirmé de manière répétée qu’autoriser un plus grand nombre de civils à détenir des armements pourra sauver des vies lors des attentats terroristes.

Les forces de sécurité sur les lieux d’un attentat terroriste, à l’entrée de Jérusalem, le 30 novembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Lors d’une conférence de presse, samedi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a évoqué le sujet, disant que « la réalité, c’est que lorsque des civils sont armés, cela peut sauver des vies et empêcher une catastrophe terrible – et c’est vrai dans un grand nombre de cas ».

« Dans la situation actuelle, c’est une politique qui doit être maintenue. Et si nous en payons le prix, c’est la vie », a-t-il ajouté.

Moshe Castleman a fustigé Netanyahu pour ces propos, disant qu’il avait dû recevoir des informations de seconde main de la part des officiels mais qu’il n’avait pas vu la vidéo.

« Moi aussi, j’ai une arme personnelle. Quand je transporte mon arme avec moi, j’ai une responsabilité au niveau pénal. Je ne peux pas ouvrir le feu contre un individu à moins d’être sûr de son identité », a-t-il indiqué.

Le frère de Yuval Castleman, Shaked, a également déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne, dimanche matin, que si le chef du gouvernement avait vu les images montrant son frère, « il n’aurait pas dit ce qu’il a dit. »

« C’est une histoire qui a deux facettes et la personne qui se trouvait en face n’a pas fait ce qu’elle était pourtant tenue de faire », a-t-il estimé.

Trois autres personnes avaient été tuées pendant cet attentat à l’arme à feu revendiqué par le Hamas, jeudi. Il avait aussi fait cinq blessés.

Selon la police, à environ 7 heures 40 du matin, deux terroristes palestiniens étaient sortis d’un véhicule, sur le boulevard Weizmann, à la principale entrée de la capitale. Ils avaient ouvert le feu sur des personnes qui attendaient à un arrêt de bus – une attaque revendiquée par le Hamas.

Dans ce contexte, des images montrent deux soldats hors service et Castleman tirer sur les deux individus, les blessant mortellement. Les deux soldats étaient en permission après avoir combattu dans la bande de Gaza. Ils retournaient sur la ligne de front au moment où l’attentat s’est produit.

Après avoir initialement annoncé qu’elle n’avait aucune intention d’examiner l’incident, l’armée avait changé son fusil d’épaule dans la journée de vendredi – disant que suite aux conclusions d’une enquête initiale menée par le Shin Bet et par la police israélienne, il avait été décidé que l’unité ad-hoc au sein de la police militaire prendrait également part aux investigations.

Frija sera interrogé dimanche, selon le site d’information Ynet, tandis que l’autre militaire présent sur les lieux, qui a été blessé, subira un interrogatoire à une date ultérieure.

La Treizième chaîne a indiqué que plusieurs personnes, et notamment le soldat blessé, avaient demandé à Frija de ne plus tirer sur Yuval. Les balles du militaire avaient aussi touché les voitures de civils qui circulaient aux abords de la scène de l’attentat.

L’autre soldat s’était occupé de Castleman, qui avait été grièvement blessé.

Frija s’était entretenu avec la Quatorzième chaîne avant la révélation des blessures infligées à Castleman. Il avait dit être fier de ses actions et il n’avait pas évoqué l’incident survenu avec le civil israélien.

« J’étais au bon endroit au mauvais moment. Mais tous les soldats meurent d’envie de connaître ça un jour », avait-il expliqué, ajoutant qu’il faisait partie des « Jeunes des collines » – ces jeunes extrémistes du mouvement pro-implantation qui établissent des avant-postes en Cisjordanie et qui commettent des violences à l’encontre des résidents palestiniens.

Il avait affirmé ne jamais avoir pris part « à des émeutes, mais je suis intégré dans le mouvement ».

Les tensions en Israël et en Cisjordanie sont élevées depuis le 7 octobre, lorsque environ 3 000 terroristes avaient franchi la frontière séparant Israël de Gaza, semant la désolation dans le sud d’Israël et tuant 1 200 personnes, des civils en majorité. Des familles entières avaient été exécutées dans leurs habitations et les jeunes qui assistaient à une rave-party avaient été massacrés. 240 personnes avaient été enlevées et prises en otage.

Israël a lancé une campagne aérienne et terrestre suite à cette attaque avec pour objectif de démanteler le Hamas et de l’écarter du pouvoir dans la bande de Gaza, qu’il dirige depuis 16 ans, en plus d’obtenir la libération des otages.

L’armée a continué ses opérations dans toute la Cisjordanie et la police est en état d’alerte élevé au sein de l’État juif, au vu des inquiétudes portant sur une possible escalade des violences suite à la remise en liberté de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale – des libérations qui ont permis à des otages israéliens maintenus en captivité par le Hamas depuis le 7 octobre d’être relâchés.

Les terroristes du Hamas impliqués dans l’attentat de jeudi étaient originaires du quartier de Sur Baher, à Jérusalem-Est.

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