Le pilote qui avait annoncé « Jérusalem, Palestine » dénigre Trump alors qu’il est « à côté de sa tour »
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Le pilote qui avait annoncé « Jérusalem, Palestine » dénigre Trump alors qu’il est « à côté de sa tour »

Yousef Dajah, pilote à la Royal Jordanian, dit à Trump que la Palestine "n'est pas à vous", il prône le martyre et la libération du fleuve jusqu'à la mer

Le pilote de la Royal Jordanian Yousef Dajah. (Capture d'écran : MEMRI)
Le pilote de la Royal Jordanian Yousef Dajah. (Capture d'écran : MEMRI)

Un pilote de la compagnie Royal Jordanian qui avait fait le buzz dans tout le monde arabe lorsque un enregistrement de lui disant aux passagers que Jérusalem était « la capitale de la Palestine » avait été posté sur internet a durci ses critiques après la reconnaissance par le président Donald Trump de la capitale israélienne.

Alors que son avion survolait l’espace aérien israélien la semaine dernière, Yousef Dajah avait averti les passagers du survol imminent de « Jérusalem, la capitale de la Palestine », un enregistrement diffusé sur YouTube qui est encore très largement partagé. Cette leçon de géographie – donnée en arabe et en anglais – depuis le vol RJ216 reliant Amman à New York avait eu lieu une semaine après l’annonce par Trump qu’il reconnaissait Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Depuis lors, Dajah a donné un certain nombre d’interviews aux médias arabophones et jordaniens critiquant Trump et appelant à des manifestations massives contre l’annonce de Jérusalem.

« Je voudrais dire quelque chose au président des Etats-Unis, M. Trump », a déclaré Dajah dans l’une des interviews enregistrées cette semaine, selon le MEMRI (Middle East Media Research Institute).

« Mon nom est Yousef Al-Hamlan Dajeh. Je suis de Jordanie. J’appartiens à la Jordanie, à la Palestine, et à tous les pays arabes. Je suis ici à New York à côté de votre tour. Ce que vous avez dit est arrogant. Ce que vous avez donné à Israël – vous avez dit ‘Israël’, mais je ne crois pas en Israël moi-même… Ce n’est pas bien. Ce n’est pas à vous de le donner », a-t-il ajouté.

Dajah a continué : « Si vous voulez leur donner quelque chose, donnez quelque chose qui appartient à votre pays, donnez quelque chose qui appartient à l’Amérique. [Jérusalem] appartient aux Palestiniens, ça appartient aux Arabes, ça appartient aux Hachémites, ça appartient au roi Abdallah, ça nous appartient. Cela ne vous appartient pas. Ne vous mêlez pas des affaires de notre territoire ».

Dans un autre entretien, Dajah a prôné l’opposition populaire à la décision de Trump et à « se battre au service de Jérusalem ».

« Nous devons sacrifier tout ce qui nous est cher au nom de la Palestine. Nous voulons devenir des martyrs pour la cause de la Palestine », a-t-il expliqué, selon le MEMRI.

« Chaque mère, chaque père, chaque enseignant doit élever une nouvelle génération qui libérera la Palestine depuis le fleuve Jourdain jusqu’à la mer méditerranée. Nous n’oublierons pas Acre ou Jaffa », a-t-il dit, se référant aux villes israéliennes dont les populations arabes ont diminué durant la guerre d’indépendance en 1948.

Dans un discours prononcé à la Maison Blanche le 6 décembre, Trump avait défié les avertissements internationaux et avait insisté sur le fait qu’après avoir échoué à réaliser la paix à de multiples reprises, il fallait opter pour une nouvelle approche, qualifiant sa décision de reconnaître Jérusalem comme étant le siège du gouvernement israélien comme simplement basée sur la réalité.

Trump avait souligné qu’il ne précisait pas les frontières à apporter à la souveraineté israélienne dans la ville, et demandé à ce que le statu-quo soit maintenu dans les lieux saints.

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