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Le Portugal enquête sur l’octroi de la citoyenneté à Roman Abramovich

L'oligarque russo-israélien a revendiqué son ascendance séfarade; l'enquête vise à déterminer s'il y a "une irrégularité" dans cette démarche

Roman Abramovich, propriétaire russo-israélien du club de Chelsea, au Stamford Bridge stadium de Londres, le 22 mars 2014. (Crédit : AP Photo/Alastair Grant)
Roman Abramovich, propriétaire russo-israélien du club de Chelsea, au Stamford Bridge stadium de Londres, le 22 mars 2014. (Crédit : AP Photo/Alastair Grant)

Les autorités portugaises ont lancé une enquête interne sur la décision d’accorder la citoyenneté au milliardaire russo-israélien Roman Abramovich, en vertu d’une loi autorisant les descendants des Juifs expulsés au 15e siècle à obtenir un passeport portugais.

Roman Abramovich, propriétaire du célèbre club de football anglais Chelsea, aurait acquis la nationalité portugaise en décembre. Ses revendications d’ascendance séfarade et la loi de 2015 qui lui a permis de recevoir un passeport ont depuis fait l’objet d’un examen minutieux, les critiques affirmant que des failles pourraient permettre aux riches de s’assurer un accès à l’Union européenne (UE).

Jeudi, le ministère portugais de la Justice a confirmé l’enquête à l’agence de presse Reuters.

« C’est une procédure normale adoptée chaque fois qu’il y a des situations ou des nouvelles qui font référence à une éventuelle irrégularité dans la procédure effectuée », a déclaré le ministère dans un communiqué.

« L’IRN a pour seule intention d’établir, sans aucune place pour le doute, si (…) il y a eu un quelconque type d’irrégularité », a-t-il ajouté, en utilisant les initiales de l’agence en charge des questions de nationalité et de passeport.

La déclaration n’a pas précisé l’objet de l’enquête.

Une porte-parole d’Abramovich a déclaré à l’agence de presse que le milliardaire et son équipe « accueillent favorablement tout examen. »

« Cela ne fera que démontrer que la citoyenneté a été obtenue dans le respect des règles », a-t-elle déclaré à propos de l’enquête.

Pour obtenir la citoyenneté portugaise, Abramovich aurait dû prouver qu’il descend de Juifs dont les familles ont fui la péninsule ibérique en raison de l’Inquisition, une campagne de persécution antisémite au Portugal et en Espagne.

Membres de la communauté juive de Porto dans la synagogue Kadoorie Mekor Haim, le 2 septembre 2016. (Crédit : AFP/Miguel Riopa)

Le mois dernier, la communauté juive de Porto a confirmé qu’elle s’était occupée de la demande de citoyenneté d’Abramovich. La communauté juive de Lisbonne dispose de données sur les ancêtres d’Abramovich depuis des années, a déclaré le groupe de Porto. Elle a également rejeté les allégations selon lesquelles la naturalisation d’Abramovich divergeait en quoi que ce soit de la loi de 2015 et de ses procédures.

Abramovich a donné de l’argent à un projet visant à honorer les Juifs portugais dans la ville allemande de Hambourg, selon le portail d’information de la communauté, Mazal.

Dans un billet de blog cité par l’agence de presse Reuters, le groupe a déclaré que certaines des « institutions juives internationales les plus prestigieuses » ont signé sa demande.

Un passeport portugais permet à Abramovitch de vivre et de travailler partout dans l’UE. Il lui permet aussi potentiellement de faire plus facilement des affaires au Royaume-Uni.

En 2018, Abramovich a reçu une carte d’identité israélienne en vertu de la Loi du Retour, qui permet aux Juifs de devenir automatiquement citoyens d’Israël.

Il a obtenu la citoyenneté israélienne après avoir été incapable de prolonger son visa au Royaume-Uni au milieu d’une prise de bec diplomatique entre Londres et Moscou.

Sur cette photo d’archive datée du 16 mai 2021, le propriétaire du club de football de Chelsea, Roman Abramovich, assiste à la finale de la Ligue des champions féminine de l’UEFA contre le FC Barcelone à Göteborg, en Suède. (AP Photo/Martin Meissner, FILE)

Abramovitch est instantanément devenu l’Israélien le plus riche et est désormais aussi le Portugais le plus riche. Selon Forbes, sa richesse est estimée à 12,5 milliards d’euros.

En tant que nouveau citoyen, Abramovich est exonéré d’impôts en Israël sur les revenus gagnés à l’étranger pendant 10 ans, et n’a pas besoin de déclarer les sources de ces revenus pendant la même période.

Lorsque le visa britannique d’Abramovich a expiré, les nouvelles réglementations, plus rigoureuses, l’ont obligé à expliquer la source de sa richesse pour en recevoir un nouveau.

Rien ne prouve qu’Abramovich ait fait quoi que ce soit de répréhensible, mais le Royaume-Uni a examiné plus attentivement les hommes d’affaires et les diplomates russes ces dernières années.

La JTA a contribué à cet article.

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