Le premier juge arabe israélien fustige les dires de Netanyahu sur le vote arabe
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Le premier juge arabe israélien fustige les dires de Netanyahu sur le vote arabe

Le Premier ministre a mis en garde contre son rival Benny Gantz et le risque qu'il forme une coalition avec les votes arabes

Le juge de la Cour suprême israélienne Salim Joubran qui est également à la tête de la commission électorale à la Knesset, le 16 décembre 2014 (Crédit : Isaac Harari / Flash90)
Le juge de la Cour suprême israélienne Salim Joubran qui est également à la tête de la commission électorale à la Knesset, le 16 décembre 2014 (Crédit : Isaac Harari / Flash90)

L’ancien juge à la Cour suprême Salim Joubran a réagi mardi aux propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a mis en garde contre son rival Benny Gantz et le risque qu’il forme, selon lui, une coalition avec les votes arabes.

« Les propos du Premier ministre ne sont pas nécessaires et sont malheureux, et blessent profondément tous les citoyens arabes du pays », a déclaré Joubran, le premier Arabe israélien a être juge permanent à la Cour suprême, dans une interview accordée à la radio israélienne.

Joubran a été juge à la Cour suprême de 2004 à 2017. Il a également été le premier Arabe israélien à présider la Commission centrale électorale.

« J’en attendais [davantage] de la part du Premier ministre, même s’il se sent sous la pression » d’un défi électoral, a déclaré Joubran dans l’interview.

« Et je comprends [cette pression]. Il fait face à un défi de la part d’un groupe de gens qui ont servi le pays, un nouveau parti, et il retombe sur la question arabe. ‘Les arabes arrivent en masse' », a ajouté Joubran, évoqué l’allégation incorrecte de Netanyahu, qui avait déclaré en 2015 que le nombre de  citoyens arabes aux urnes était inhabituellement élevé.

« Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Les arabes sont des citoyens de ce pays. Pour le moment, en tous les cas, nous sommes des citoyens égaux à tous les égards. Nous pouvons voter, nous présenter à la fonction publique, et même nous unir en un « bloc préventif » [en faveur d’un candidat]. Tout cela est légitime, il n’y a rien de mal », a insisté Joubran.

« On ne peut pas ignorer 2,8 millions de citoyens arabes qui ont tout à fait le droit de s’organiser en partis qui représentent leurs intérêts. Pourquoi est-ce que cela revient à chaque fois ? Les gars, arrêtez ça », a-t-il ajouté.

Yair Lapid a nié lundi les accusations répétées de Netanyahu, selon qui, Kakhol lavan a l’intention de coopérer avec les partis arabes israéliens dans sa tentative de changer le leadership à la tête du pays.

« Nous n’avons pas parlé avec eux, nous ne leur avons rien demandé », a dit Lapid devant un public enthousiaste lors d’un discours diffusé lundi matin à la radio israélienne.

Lapid a noté que si son parti devait avoir la charge de former un nouveau gouvernement, il tendrait la main d’abord au Likud actuellement au pouvoir.

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