Le Premier ministre belge promet « toute la lumière » sur les attentats de Bruxelles
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Le Premier ministre belge promet « toute la lumière » sur les attentats de Bruxelles

Souvent accusé de laxisme, Charles MIchel doit souvent faire face aux critiques depuis les attentats de Belgique

Le Premier ministre belge, Charles Michel, , à Bruxelles, le 17 mars 2016. (Crédit : John Thys/AFP)
Le Premier ministre belge, Charles Michel, , à Bruxelles, le 17 mars 2016. (Crédit : John Thys/AFP)

Le Premier ministre belge, Charles Michel, a promis jeudi « toute la lumière » sur les attentats de Bruxelles, alors que deux de ses ministres ont proposé leur démission à la suite de ratés dans la surveillance d’un des kamikazes, ce que le chef du gouvernement a refusé.

« Le gouvernement et les autorités compétentes mettront absolument tout en oeuvre pour faire la lumière sur les attentats », a assuré M. Michel, confronté aux critiques contre les services de sécurité belges.

« Il ne pourra pas y avoir d’impunité (…) Il ne pourra pas y avoir de zones d’ombre », a insisté M. Michel, après les attaques kamikazes mardi qui ont fait 31 morts et 300 blessés, selon un bilan provisoire.

Il s’exprimait lors d’une cérémonie solennelle au troisième jour de deuil national en Belgique, en présence notamment du roi Philippe et de la reine Mathilde, des membres de son gouvernement et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Mais cette démonstration d’union, dans un pays souvent tiraillé entre Flamands et francophones, a été ternie par des remous suscitées au plus haut niveau de l’Etat par les ratés supposés dans la lutte antiterroriste.

Peu auparavant Jan Jambon (Intérieur) -qui a reconnu des « erreurs »- et Koen Geens (Justice) avaient proposé leur démission mais elle ont été refusées par le Premier ministre.

Selon une source gouvernementale, les deux ministres se sont sentis « politiquement responsables » d’un raté dans la surveillance d’un des kamikazes qui se sont fait exploser à l’aéroport, le Belge Ibrahim El Bakraoui.

Ce dernier avait été expulsé l’été dernier de Turquie et les autorités belges prévenues de son profil de « combattant terroriste », d’après Ankara. Pour autant, « bien que nous les ayons informées (…), les autorités belges n’ont pas été en mesure d’identifier ses liens avec le terrorisme » et il est resté libre, avait déploré jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

« Il y a eu des erreurs à la Justice et avec l’officier de liaison (belge) en Turquie », a reconnu M. Jambon au quotidien Le Soir.

« Vu les faits, il est légitime que les gens se posent des questions », a aussi dit le ministre de l’Intérieur à la télévision flamande VTM. « On peut se demander comment il est possible qu’une personne soit libérée aussi tôt et que nous ayons laissé passer la chance de l’arrêter à nouveau quand il était en Turquie ».

Selon le ministre de la Justice, les autorités belges avaient été informées de l’arrestation de ce ressortissant belge en Turquie en juin près de la frontière syrienne, mais ensuite elles ne l’ont pas été au moment de son expulsion le 14 juillet dans un avion vers les Pays-Bas.

« Nous avons seulement été avertis après l’atterrissage de l’avion à (l’aéroport d’Amsterdam) Schipol, donc c’était fort compliqué de l’arrêter là », a déclaré Koen Geens lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion de ministres de l’UE, sans préciser si la communication défaillante était le fait de l’officier de liaison belge ou des Turcs.

Ibrahim El Bakraoui, condamné en 2010 à neuf ans de prison pour avoir tiré sur des policiers après un braquage, avait été libéré en 2014 sous contrôle judiciaire. Lorsque la justice belge s’est rendu compte qu’il n’en respectait pas les conditions il avait déjà quitté le territoire.

MM. Jambon et Geens, avec leur collègue des Affaires étrangères Didier Reynders, seront auditionnés vendredi après-midi par des députés réunis en commission pour s’expliquer sur ce raté.

Par ailleurs jeudi les présidents des groupes tant de la majorité (libéraux, nationalistes flamands) que de l’opposition (socialistes, écolos etc) se sont mis d’accord pour mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire afin de faire la lumière sur toutes les enquêtes terroristes. En Belgique une telle commission dispose de pouvoirs équivalents à ceux d’un juge d’instruction.

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