Le Premier ministre marocain parle de « tentatives de judéiser Jérusalem »
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Le Premier ministre marocain parle de « tentatives de judéiser Jérusalem »

Saad-Eddine El Othmani, qui avait exprimé son opposition à la reprise, a critiqué le plan de paix de Trump

Le Premier ministre marocain Saad-Eddine El Othmani prononce un discours à Marrakech, au Maroc, le 30 janvier 2018. (AP/Mosa'ab Elshamy)
Le Premier ministre marocain Saad-Eddine El Othmani prononce un discours à Marrakech, au Maroc, le 30 janvier 2018. (AP/Mosa'ab Elshamy)

Le Premier ministre marocain a déclaré vendredi que la décision de reprendre les liens avec Israël, dans le cadre d’un accord négocié sous l’égide des Etats-Unis, n’affecterait pas le soutien apporté par Rabat aux Palestiniens.

Saad-Eddine El Othmani a évoqué l’entretien téléphonique qui a eu lieu, jeudi, entre le roi Mohammed VI et le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, survenu après l’annonce, par le président américain Donald Trump.

« Hier, le roi Mohammed VI a appelé le président Abbas pour lui dire que le positionnement adopté par sa majesté en soutien à la cause palestinienne reste inébranlable et que le Maroc place cette question au même niveau que la question du Sahara », a dit Othmani dans un communiqué.

Othmani, qui est à la tête du parti islamiste de la Justice et du développement (PJD), s’en est pris au plan de paix de Trump et aux efforts présumés livrés par les Israéliens pour « judéiser » Jérusalem.

« Nous adoptons également ce principe [dans le gouvernement] par notre emphase placée à rejeter le dit ‘accord du siècle’ ainsi que toutes les violations commises par les autorités de l’occupation israélienne, avec en particulier les récentes tentatives de judéiser Jérusalem », a-t-il affirmé.

« Le positionnement marocain en règle générale reste un positionnement de soutien constant apporté à la cause palestinienne », a-t-il ajouté.

Des manifestants dénonçant la normalisation des liens du Maroc avec Israël brandissent le drapeau palestinien à Rabat, au Maroc, le 18 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Mosaab Elshamy)

Au mois d’août, Othmani avait démenti que le Maroc comptait reprendre les liens avec Israël, emboîtant le pas aux Emirats arabes unis. La décision prise par les EAU avait ensuite été suivie par Bahreïn et le Soudan. « Nous refusons toute normalisation avec l’entité sioniste parce que cela l’encouragera encore davantage à violer les droits des Palestiniens », avait dit Othmani à ce moment-là.

Il avait paru revenir ultérieurement sur ces propos, disant que son opposition au réchauffement des relations avec Jérusalem était sa position en tant que chef du parti du PJD et non en tant que Premier ministre.

L’Autorité palestinienne est restée muette sur l’accord conclu entre Israël et le Maroc. Pour leur part, les groupes terroristes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique l’ont dénoncé comme une « trahison ».

L’Egypte, les Emirats arabes unis, Bahreïn et Oman ont tous salué cette reprise des liens comme cela a également été le cas des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, de l’Espagne et de la République tchèque.

Un haut responsable iranien, de son côté, a condamné vendredi une « trahison et un coup de poignard dans le dos » des Palestiniens.

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