Le Premier ministre multiplie ses efforts contre la présence iranienne en Syrie
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Le Premier ministre multiplie ses efforts contre la présence iranienne en Syrie

Selon Yuval Steinitz, il faudra « quelques années » avant que les forces soutenues par Téhéran ne soient délogées du long de la frontière septentrionale, mais Israël est déterminé

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Energie Yuval Steinitz lors d'une réunion du Likoud à la Knesset le 29 mai 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Energie Yuval Steinitz lors d'une réunion du Likoud à la Knesset le 29 mai 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz a déclaré lundi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu multipliait ses efforts pour combattre la présence militaire croissante de l’Iran en Syrie.

« Le Moyen-Orient gronde autour de nous, et ce qui nous inquiète le plus, ce sont les efforts iraniens pour établir des bases militaires en Syrie », a déclaré Steinitz à la radio militaire après avoir été interrogé sur des informations selon lesquelles le cabinet de haute sécurité avait mené d’importantes « réunions sur les menaces à la frontière nord.

« Le Premier ministre mène une campagne à multiples facettes pour mettre un terme à cette présence militaire », a déclaré Steinitz, refusant de commenter spécifiquement le contenu des réunions.

Dans une autre interview lundi matin, Steinitz a indiqué que bien que « ce ne soit pas un secret » qu’Israël soit concerné par la présence militaire iranienne en Syrie, le gouvernement de Netanyahu « mène des opérations diplomatiques, de renseignement et de sécurité » pour empêcher le pays déchiré par la guerre de « devenir une base militaire iranienne ».

« C’est un processus qui prendra quelques années, mais nous sommes déterminés à l’empêcher », a-t-il déclaré au site d’information Ynet.

Dimanche, la Dixième chaîne de la télévision israélienne a évoqué les réunions du cabinet, mais a déclaré que la censure militaire de l’armée israélienne avait empêché la publication de la majorité de son rapport.

Un combattants du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah pose à côté d’un canon d’artillerie dans une zone montagneuse autour de la ville syrienne de Flita près de la frontière avec le Liban, le 2 août 2017. (AFP PHOTO / LOUAI BESHARA)

Le rapport indique que les réunions avaient pour objet de discuter des activités du groupe terroriste Hezbollah soutenu par l’Iran en Syrie et au Liban, du contrôle renouvelé du régime sur la plus grande partie du pays et de l’avenir de la Syrie d’après-guerre.

Dans un tweet, le correspondant diplomatique Barak Ravid a déclaré que bien qu’il n’était pas en mesure de donner plus de détails sur les réunions, il s’est référé aux remarques faites par le ministre de la Défense Avigdor Liberman en octobre.

« La Syrie et le Liban sont devenus une entité militaire. Israël doit se préparer à un nouveau défi … sur le front nord », avait déclaré Liberman à l’époque. « Toute dégradation de la situation sera due au Hezbollah, au régime d’Assad et à tous ceux qui collaborent avec le régime d’Assad, et l’armée libanaise. Malheureusement, c’est la réalité », a déclaré M. Ravid, en citant le ministre.

La Dixième chaîne a également rapporté que Netanyahu avait récemment eu des conversations téléphoniques avec de nombreux dirigeants du monde pour les mettre en garde contre la situation explosive créée par l’Iran établissant des bases militaires dans ces deux pays à travers le Hezbollah et d’autres milices chiites.

Fin décembre, les troupes d’Assad, accompagnées de combattants soutenus par l’Iran, ont récupéré de nouveau le Golan syrien aux rebelles, permettant au président Bachar Assad de reprendre le contrôle d’une petite partie de la zone adjacente à la frontière israélienne. Cependant, une grande partie de la zone le long de la frontière, autour de la ville de Quneitra, reste sous le contrôle des rebelles.

D’autres responsables israéliens ont publiquement mis en garde contre l’accumulation de forces soutenues par l’Iran et l’Iran lui-même à sa frontière.

La semaine dernière, le chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot, a déclaré que la menace la plus grave pour Israël était le groupe terroriste du Hezbollah au Liban, suivi par d’autres groupes djihadistes soutenus par Téhéran et positionnés à la frontière syrienne.

Le chef d’état-major Gadi Eisenkot durant une conférence au Centre interdisciplianire à Herzliya, le 2 janvier 2018. (Crédit : capture d’écran)

Décrivant l’Iran comme une « menace multidimensionnelle », le chef de l’armée a déclaré que l’aspect le plus inquiétant était le désir de la République islamique d’obtenir des capacités nucléaires, suivi de ses efforts hégémoniques dans la région.

Il a souligné les 1,5 milliard de dollars que le pays investit dans ses mandataires au Liban, au Yémen, en Syrie, en Irak et – de plus en plus – des groupes terroristes palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Selon Eisenkot, l’Iran envoie chaque année entre 700 millions de dollars et 1 milliard de dollars au Hezbollah, 100 millions de dollars aux milices chiites en Syrie, des milices chiites en Irak, des rebelles au Yémen et aux groupes terroristes du Jihad islamique palestinien et du Hamas.

Le chef de l’armée n’a pas fourni la source de ces chiffres.

Le Times of Israël a contribué à cet article

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