Le procureur de l’État sous protection 24h/24 avant des décisions fatidiques
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Le procureur de l’État sous protection 24h/24 avant des décisions fatidiques

Des agents seraient postés devant le domicile de Shai Nitzan, avant des décisions contre le policier ayant tué un adolescent éthiopien et dans les affaires du Premier ministre

Le procureur Shai Nitzan prend la parole lors d'une conférence du ministère de la Justice à Tel Aviv, le 4 novembre 2019. (Flash90)
Le procureur Shai Nitzan prend la parole lors d'une conférence du ministère de la Justice à Tel Aviv, le 4 novembre 2019. (Flash90)

Une protection 24 heures sur 24 a été ordonnée lundi pour le procureur de l’État Shai Nitzan, car des accusations sont attendues dans deux affaires sensibles qui ont déclenché de vives protestations publiques : la mort par balle d’un adolescent israélo-éthiopien plus tôt cette année et les affaires de corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Des agents de sécurité ont ainsi été placés à l’extérieur de la maison de Nitzan, dans le quartier Ramot de Jérusalem, a rapporté le journal télévisé de la Treizième chaîne.

La décision d’assurer la sécurité a été prise plus tôt dans la journée, après que les médias israéliens ont rapporté que la Division des enquêtes internes de la police (PIID) annoncerait ce mardi des accusations d’homicide par négligence – plutôt que d’homicide involontaire – contre le policier qui a tué Solomon Tekah.

En outre, le procureur général Avichai Mandelblit devrait annoncer dans les prochains jours les charges retenues contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans trois affaires de corruption.

La police et le ministère de l’Intérieur ont pris l’initiative de protéger Nitzan par crainte de réactions violentes aux deux événements judiciaires.

La cheffe du PIID Keren Bar-Menachem fera également bientôt l’objet d’une sécurité 24 heures sur 24, d’après la Treizième chaîne.

Une voiture en flammes à Tel Aviv, après l’agression de son chauffeur lors d’une manifestation suite à la mort de l’Ethiopien Solomon Tekah, 19 ans, tué par balle par un policier quelques jours auparavant, à Kiryat Haim, le 2 juillet 2019. (Adam Shuldman/Flash90)

L’assassinat de Solomon Tekah, 19 ans, dans le quartier de Kiryat Haim à Haïfa le 30 juin dernier, avait déclenché des manifestations dans tout le pays, dont certaines ont tourné à la violence. L’incident a immédiatement suscité de nouvelles accusations de brutalité policière et de racisme à l’encontre des Israéliens d’origine éthiopienne.

Quelques jours après la fusillade, les manifestants bloquaient des routes, brûlaient des pneus et dénonçaient ce qu’ils ont qualifié de discrimination systémique contre la communauté israélo-éthiopienne.

Le reportage télévisé de lundi a cité des sources policières estimant que les manifestations pourraient être relancées à la suite de la non-condamnation de l’officier pour un crime plus grave.

L’infraction relativement clémente d’homicide par négligence est passible d’une peine maximale de trois ans d’emprisonnement. La famille de Tekah demandera probablement à la Cour suprême d’interjeter appel de la décision, selon la Treizième chaîne, et demandera que les charges soient reclassées en homicide involontaire, passible de 20 ans de prison.

L’Israélo-éthiopien Solomon Tekah, qui a été abattu par un policier qui n’était pas de service à Kiryat Haim, le 30 juin 2019. (Autorisation)

M. Netanyahu fait face à des accusations de fraude, d’abus de confiance dans trois affaires pénales distinctes, ainsi que de corruption dans l’une d’elles. Il nie tout acte répréhensible et affirme être victime d’une chasse aux sorcières impliquant l’opposition, les médias, la police et le ministère public.

L’accusation a fait l’objet d’attaques croissantes de la part de Netanyahu et de ses alliés à l’approche de la conclusion des poursuites pénales contre lui.

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