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Le Qatar a envisagé l’expulsion des chefs du Hamas lors d’une réunion avec Blinken après le 7 octobre

Le diplomate américain aurait dit à Thani d’ utiliser son influence sur le groupe terroriste pour libérer rapidement les otages, et que rien ne serait« pareil » pour le Hamas après-guerre

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L'émir Tamim bin Hamad al-Thani (à gauche), dirigeant du Qatar depuis 2013, lors d'une réunion avec les dirigeants du Hamas Ismail Haniyeh (à droite) et Khaled Mashal à Doha, le 17 octobre 2016 (Crédit : Gouvernement du Qatar)
L'émir Tamim bin Hamad al-Thani (à gauche), dirigeant du Qatar depuis 2013, lors d'une réunion avec les dirigeants du Hamas Ismail Haniyeh (à droite) et Khaled Mashal à Doha, le 17 octobre 2016 (Crédit : Gouvernement du Qatar)

Lors d’une réunion avec le Secrétaire d’État américain Antony Blinken, quelques jours après l’attaque du groupe terroriste le 7 octobre, l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani aurait proposé d’expulser les dirigeants du Hamas de Doha, ont déclaré mercredi au Times of Israël deux responsables proches du dossier.

La proposition a été faite de façon détournée par l’émir lors d’une réunion à huis clos, le 13 octobre, à Doha avec Blinken. Thani a commencé par exprimer son horreur suite à l’attaque du Hamas au cours de laquelle près de 1 200 personnes ont été massacrées en Israël et 253 autres kidnappées à Gaza avant de demander s’il était temps pour les États-Unis de demander au Qatar d’expulser les dirigeants du Hamas, ont déclaré les deux responsables, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Lorsque Blinken a pris la parole, il n’a pas directement répondu à la proposition de l’émir, estimant préférable pour le Qatar d’utiliser ses contacts avec le Hamas – par l’intermédiaire du bureau qu’il a permis au groupe terroriste d’établir à Doha en 2012 à la demande de Washington – pour assurer la médiation entre les belligérants et établir un accord sur les otages », se sont souvenus les deux fonctionnaires, ajoutant que le secrétaire d’État américain avait ajouté que rien ne serait plus « pareil » pour le Hamas, au Qatar, une fois le conflit terminé.

Le Qatar a fait l’objet de pressions en raison de ce que les critiques du gouvernement israélien – et certains républicains américains – qualifient de refus de s’impliquer suffisamment pour que le Hamas accepte un accord sur le cas des otages israéliens, au besoin en menaçant d’expulsion les dirigeants du groupe terroriste à Doha, mais la réunion du 13 octobre révèle une réalité plus complexe encore.

Le département d’État américain a refusé d’évoquer la question, mais une source américaine proche du dossier a déclaré que Blinken et Thani avaient effectivement parlé de la présence du Hamas à Doha et que le secrétaire avait conseillé à l’émir de se concentrer avant tout sur la libération des otages, ajoutant que « plus rien ne serait pareil avec le Hamas » à plus long terme.

Le secrétaire a publiquement répété une partie de ce message juste après sa rencontre avec l’émir. « J’ai clairement fait savoir, lors de toutes mes conversations au moment de ce déplacement, que plus rien ne serait comme avant avec le Hamas », a déclaré M. Blinken lors d’une conférence de presse.

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) en compagnie de l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, à Lusail, le 13 octobre 2023. (Crédit : Jacquelyn Martin / POOL / AFP)

Au sujet des critiques envers Doha, l’un des responsables susmentionnés a fait valoir que les dirigeants du Hamas étaient bien conscients que leur présence au Qatar serait menacée si les négociations échouaient.

Par ailleurs, le Qatar serait prêt à expulser les dirigeants du Hamas si les États-Unis le demandaient, a assuré le responsable, ajoutant qu’aucune demande de ce type n’avait été faite depuis la réunion du 13 octobre dernier.

Même si les dirigeants du Hamas devaient être expulsés, on ignore quel en serait l’impact, étant donné que les personnes accueillies à Doha ont passé la plupart de leur temps depuis le 7 octobre en Turquie, où résident leurs familles, a révélé le responsable.

La Turquie fait elle aussi l’objet de critiques pour l’accueil de responsables du Hamas. Mais si les autorités turques ont régulièrement demandé à certains de ces membres de quitter le pays, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a, lui, exprimé à plusieurs reprises son soutien à l’organisation terroriste.

D’autres pays de la région ont un point de vue différent sur le rôle du Qatar dans les négociations en vue de la libération des otages.

Un diplomate arabe de haut rang a déclaré mardi au Times of Israël que les pourparlers semblaient sortir de l’impasse, notamment grâce aux menaces de Doha d’expulser les dirigeants du Hamas s’ils ne coopéraient pas. Le diplomate a reconnu que le Qatar avait fait valoir qu’une telle pression ne serait sans doute pas efficace, point de vue remis en question par d’autres médiateurs des négociations.

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