Le rabbin de Litzman lui demande de ne pas revenir au gouvernement
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Le rabbin de Litzman lui demande de ne pas revenir au gouvernement

L'accord qui prévoyait le retour du chef de Yahadout HaTorah en tant que ministre adjoint du Logement serait désormais caduque

Le ministre de la Santé de l'époque, Yaakov Litzman, assiste à une conférence de presse sur le coronavirus au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 25 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre de la Santé de l'époque, Yaakov Litzman, assiste à une conférence de presse sur le coronavirus au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 25 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le député Yaakov Litzman, dirigeant du parti Yahadout HaTorah, qui a démissionné du gouvernement et de son poste de ministre du Logement en septembre dernier en raison de sa politique concernant le coronavirus, ne reviendra pas au gouvernement en tant que ministre adjoint du Logement du fait de l’opposition de son rabbin, selon une information publiée jeudi.

M. Litzman s’est entretenu dimanche avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et des représentants du parti Shas afin de trouver un moyen de le faire revenir. Au cours de la réunion, il a été convenu que le vice-ministre des Finances Yitzhak Cohen du Shas serait promu au poste de ministre au sein du ministère des Finances et également au poste de ministre du Logement. Litzman aurait alors été nommé ministre adjoint du Logement, mais aurait été le ministre de facto, dans un arrangement complexe lié à la répartition du pouvoir au sein de la coalition.

Mais le site d’information Walla a rapporté jeudi que le chef de la dynastie hassidique de Gur, à laquelle Litzman appartient, avait mis le holà à cette nomination.

En raison de l’opposition du rabbin Yaakov Aryeh Alter, la manœuvre politique n’est plus d’actualité pour le moment, a rapporté Walla. Aucune raison n’a été donnée pour expliquer sa position.

Le rabbin Yaakov Aryeh Alter de la dynastie hassidique Gur lors d’un rassemblement du parti Yahadout HaTorah, avant les élections, à Jérusalem, le 8 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les proches de Litzman, cependant, ont dit ne pas avoir connaissance de l’opposition du chef religieux. Des sources ont indiqué à Walla que Litzman attendait de voir si le gouvernement allait adopter des restrictions spéciales sur certains foyers de virus, dont la plupart sont des villes ultra-orthodoxes, avant de décider de sa prochaine étape.

La décision de nommer Litzman vice-ministre du Logement visait à maintenir le nombre de ministres et de vice-ministres alloués à chaque bloc gouvernemental dans le cadre de l’accord de coalition entre les partis Likud et Kakhol lavan. Litzman aurait demandé à Kakhol lavan de pouvoir devenir ministre dans le cadre des postes qui lui sont attribués, mais il a essuyé un refus.

Kakhol lavan a actuellement un ministre de moins que son quota, après la démission d’Asaf Zamir en tant que ministre du Tourisme, qui a déclaré avoir perdu confiance dans le gouvernement.

Les médias israéliens, citant des sources proches de Litzman, ont déclaré que l’accord avait été accepté par toutes les parties mais qu’il devait encore être approuvé par le cabinet et la Knesset.

Litzman – ancien ministre de la Santé – menaçait depuis longtemps de démissionner si le plan de confinement était approuvé. Il avait également déclaré que son parti, Yahadout HaTorah, pouvait verrouiller la coalition. Si lui l’a fait, le 13 septembre, son parti n’a pas suivi.

Litzman a accusé le responsable de la lutte contre le coronavirus, Ronni Gamzu, de planifier depuis des mois de décréter le confinement pendant Rosh HaShana et Yom Kippour tout en évitant de le faire pendant la saison estivale.

Dans une lettre à Netanyahu, Litzman a dénoncé le fait que le confinement empêcherait les fidèles, dont des dizaines de milliers de Juifs qui ne vont pas à la synagogue pendant la majeure partie de l’année, d’assister aux offices juifs les plus importants et les plus fréquentés de l’année.

M. Litzman, qui a été infecté par le coronavirus en avril lorsqu’il était ministre de la Santé et qui aurait également été surpris à assister à un groupe de prière de plus de 10 hommes malgré l’interdiction de tels rassemblements, a déclaré qu’il s’était opposé au plan de confinement « dans tous les panels » et que si un tel dessein était nécessaire, il aurait dû être imposé des semaines plus tôt.

« Malheureusement, il a été prouvé que j’avais raison et que la décision d’imposer un confinement général pendant les fêtes de Tishri a été prise à l’avance, tout en prenant un risque inutile et en provoquant une augmentation des infections entre-temps », a-t-il écrit.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes prient dans la soucca de la synagogue Hurva à Hoshana Raba, le dernier jour de la fête juive de Souccot, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 9 octobre 2020. (Yaakov Lederman/Flash90)

Il a également affirmé que Netanyahu avait violé un accord selon lequel les synagogues resteraient ouvertes sous des restrictions plus clémentes que celles imposées.

Netanyahu a déclaré à l’époque qu’il était « très attristé » par cette décision de démission, mais ajoutant qu’il « respectait Yaakov Litzman et sa décision ».

Le retour probable de Litzman survient dans un contexte de tension croissante entre le grand public et les communautés ultra-orthodoxes et d’informations faisant état de profondes divisions au sein des dirigeants Haredim sur la manière de gérer la pandémie.

Les critiques à l’encontre de la communauté ultra-orthodoxe se sont multipliées ces dernières semaines. Bien que de nombreux membres de la communauté respectent les lignes directrices, un nombre important d’entre eux n’ont pas respecté les restrictions de confinement pendant les fêtes, notamment en organisant des rassemblements de masse.

Les ultra-orthodoxes ont enregistré des taux d’infection au coronavirus très élevés, une évaluation réalisée la semaine dernière ayant révélé que le taux d’infection dans la communauté était environ trois fois supérieur à la moyenne nationale.

La démission de M. Litzman le mois dernier a également été accueillie par des rumeurs selon lesquelles il préjugeait d’une éventuelle mise en accusation contre lui, qui le forcerait à démissionner de son poste de ministre. Le dirigeant du parti Yahadout HaTorah est soupçonné de fraude et d’abus de confiance pour avoir utilisé son ministère afin de fournir illégalement de l’aide à Malka Leifer, présumée agresseuse sexuelle en série, ainsi que pour avoir aidé à empêcher la fermeture d’une entreprise alimentaire que son propre ministère avait jugée insalubre. Le procureur général n’a pas encore annoncé s’il portera plainte.

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