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Le rédacteur en chef d’Israël Hayom témoigne dans l’affaire Netanyahu

Amos Regev témoigne au sujet de l’accord présumé promis par le Premier ministre pour diminuer la circulation de son quotidien en échange d’une couverture plus favorable de son concurrent

Amos Regev, rédacteur en chef d'Israël Hayom, en 2008. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Amos Regev, rédacteur en chef d'Israël Hayom, en 2008. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le rédacteur en chef du quotidien israélien gratuit Israël Hayom a rencontré la police mardi matin pour témoigner dans l’affaire de corruption entourant le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ce dernier est soupçonné d’avoir tenté de réduire la circulation du quotidien en échange d’une couverture plus flatteuse de son concurrent, Yedioth Ahronoth.

La police devrait demander à Amos Regev, le rédacteur en chef d’Israël Hayom, arrivé mardi matin dans les locaux de l’unité Lahav 433 de la police, à Lod, de témoigner sur la nature de la relation de son quotidien avec le Premier ministre, et de dire si le journal était informé ou impliqué dans l’accord présumé entre Netanyahu et Arnon Moses, propriétaire et éditeur de Yedioth Ahronoth.

Israël Hayom, qui a été lancé en 2007 et est devenu l’un des quotidiens les plus diffusés d’Israël, est depuis longtemps un soutien sans faille du Premier ministre. Il est possédé par Sheldon Adelson, magnat juif américain des casinos, qui est aussi un fervent partisan de Netanyahu.

Lundi, la Dixième chaîne a annoncé qu’Adelson allait probablement témoigner dans les prochains jours. Les enquêteurs devraient lui demander s’il était informé de l’accord présumé entre Moses et Netanyahu, selon la chaîne.

Amos Regev, rédacteur en chef d'Israël Hayom, en octobre 2012. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Amos Regev, rédacteur en chef d’Israël Hayom, en octobre 2012. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Roni Alsheich, le chef de la police israélienne, a déclaré que l’ « enquête [sur le Premier ministre] ne sera plus très longue », selon des médias israéliens. Il a ajouté que toute décision sur les possibles conséquences de l’enquête relevait du procureur général, Avichai Mandelblit.

Alsheich a également démenti la responsabilité de la police dans les fuites d’extraits de conversations enregistrées entre Netanyahu et Moses, qui ont été abondamment publiées dans les médias.

Dans ces extraits remontant à 2014, Netanyahu semble promettre de promouvoir une législation permettant de réduire la circulation d’Israël Hayom en échange d’une couverture plus favorable dans Yedioth.

Moses dit par exemple à Netanyahu qu’ils doivent « penser aux détails » de la législation, qui limiterait la distribution des journaux gratuits, et Netanyahu répond qu’il devra « en parler à Sheldon. »

Distribué gratuitement, Israël Hayom est devenu une épine dans le pied du Yedioth, empiétant sur les ventes et les revenus du quotidien.

Dans les extraits publiés lundi, Netanyahu et Moses discutent de réduire de deux tiers le nombre de copies distribuées par Israël Hayom, mais Moses note que la formulation de la loi « devra citer un nombre [de copies], pas ‘deux tiers’. »

Netanyahu accepte cette proposition, et répond que « nous devrons expliquer le nombre […] pour le réduire de deux tiers. »

A woman reading about how much she'll have to pay for cigarettes and beer in Israel Hayom. At least the newspaper is free. (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Une femme lit le quotidien gratuit Israel Hayom. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Moses souligne que la distribution du quotidien gratuit est en hausse : « quand nous avons parlé de chiffres dans le passé, c’était 275 000 copies, et aujourd’hui c’est 325 000. »

« Plus le temps passe, plus cela devient un problème, ajoute Moses. Nous le remettons à plus tard, et il est plus difficile à résoudre. » L’édition du week-end d’Israël Hayom est distribuée à 400 000 exemplaires, précise-t-il.

Moses note ensuite que son concurrent jouit de revenus considérables provenant de publicités du gouvernement, « 30, 50, 70 % de leurs pages de publicité » sont des publicités gouvernementales, déplore-t-il. Idéalement, Moses souhaiterait une « formule » à ce sujet.

Netanyahu demande alors : « Quoi ? Vous pouvez limiter le nombre de pages de publicité ? »

Moses décide alors de mettre ce sujet de côté pour l’instant. « L’Etat leur donne de l’argent. Ce n’est pas juste, dit-il. Mais je dis cela en passant. Nous ne pouvons pas tout régler d’un coup. »

Netanyahu opine. « OK, je note ça, nous ne nous en occuperons pas maintenant. »

Avichai Mandelblit, procureur général d'Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Avichai Mandelblit, procureur général d’Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Lundi, Mandelblit a déclaré que la police avait collecté des preuves considérables à l’étranger ces dernier mois pour une autre enquête, qui concerne des cadeaux reçus par le couple Netanyahu pendant des années de la part d’hommes d’affaires, notamment d’un producteur de cinéma israélien travaillant à Hollywood.

La police vérifie si le couple Netanyahu a reçu des cadeaux d’une valeur de 400 000 à 600 000 shekels, sous la forme de cigares et de champagnes de la part du producteur, Arnon Milchan. Le couple aurait déclaré que le total était bien moins élevé, et que les cadeaux n’avaient rien de remarquable, puisque Milchan et son épouse sont leurs meilleurs amis.

Le fils de Netanyahu, Yair, devrait lui aussi être interrogé mardi par la police.

Des experts ont indiqué qu’une mise en examen était possible dans les deux affaires. Certains voient déjà le double scandale comme l’annonce de la possible fin de Netanyahu au pouvoir.

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