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Le salaire moyen en légère baisse ; les salaires dans le high-tech se maintiennent

Les salaires des employés israéliens s'élèvent en moyenne à 11 753 shekels par mois tandis que les employés dans le secteur de la high-tech gagnent environ 26 828 shekels

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Illustration. Des clients dans un centre commercial de la ville de Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël, le 24 juillet 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)
Illustration. Des clients dans un centre commercial de la ville de Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël, le 24 juillet 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Le salaire mensuel moyen des employés israéliens a chuté ces derniers mois à 11 753 shekels en mai, contre 12 026 en avril et 12 668 shekels en mars, selon les nouveaux chiffres publiés jeudi par le Bureau central des statistiques (CBS).

Israël est sur la voie de la reprise depuis 2020, année où la pandémie de la COVID-19 a frappé, affichant une forte croissance en 2021 et une croissance modérée prévue pour 2022 dans un contexte d’augmentation de l’inflation, des prix du logement et des coûts de consommation, et d’une autre élection nationale imminente.

Les taux de chômage du pays sont revenus au niveau pré-pandémique au cours des derniers mois, selon les évaluations de la Banque centrale d’Israël, mais l’atmosphère économique est complexifiée par une pénurie de main d’œuvre, en particulier dans le secteur du high-tech, dans un contexte de ralentissement général de l’industrie.

Mais les salaires dans le secteur du high-tech sont toujours au sommet de l’échelle des salaires, avec des salaires mensuels moyens de 26 828 shekels en mai 2022 – en légère baisse par rapport aux 27 684 shekels d’avril 2022, mais plus élevés que les 24 826 shekels de mai 2021. Le secteur emploie 383 000 personnes, soit une augmentation de 11,8 % par rapport à mai 2021, selon le CBS. Les salariés du secteur du high-tech représentent environ 10 % de la main-d’œuvre israélienne.

Les employés de l’industrie high-tech occupant des postes de R&D gagnent des salaires mensuels moyens d’environ 30 000 shekels dans le haut de gamme, tandis que dans le bas de gamme, les employés de la communication et du marketing high-tech peuvent gagner environ 15 000 shekels, selon les données recueillies.

Les salariés des secteurs de la finance et de l’assurance perçoivent un salaire mensuel moyen de 23 000 shekels, suivis par les employés des secteurs des fournisseurs d’électricité et d’eau et des services de curage des égouts, qui ont vu leur salaire moyen baisser légèrement à 19 545 shekels en mai 2022 (contre 20 530 shekels en décembre 2021). Ce dernier emploie plus de 30 000 personnes dans un secteur sujet aux monopoles de marché.

Des Israéliens circulant sur le boulevard Rothschild à Tel Aviv, le 5 mai 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Au bas de l’échelle des salaires, le salaire moyen des employés du secteur de l’hôtellerie et de la restauration était de 5 720 shekels par mois. Le salaire minimum en Israël est de 5 300 shekels par mois, soit 29 shekels de l’heure, ce qui indique probablement que de nombreux employés ne travaillent qu’à mi-temps.

Le gouvernement a annoncé à la fin de l’année dernière qu’il augmenterait progressivement le salaire minimum mensuel à 6 000 shekels, soit environ 33 shekels de l’heure, d’ici 2025.

Selon le CBS, il y avait 3,941 millions de salariés en Israël en mai 2022, soit 10,1 % de plus qu’en mai 2021 avec 3,58 millions et 1,1 % de plus qu’en avril 2022 avec 3,89 millions de salariés.

Un rapport de juillet du CBS a noté qu’il y avait plus de 152 000 offres d’emploi en juin 2022, principalement dans le secteur des ventes et services, avec plus de 17 000 postes ouverts dans le high-tech pour les programmeurs et les ingénieurs informatiques.

Une économie forte, une inflation en hausse

Le mois dernier, la Banque centrale d’Israël a rehaussé son taux d’intérêt d’un demi-point en le fixant à 1,25 %, intensifiant ainsi sa lutte contre une inflation endémique et des coûts du logement qui ne cessent de grimper au sein de l’État juif.

Cette mesure a entraîné une nouvelle hausse des remboursements des prêts hypothécaires à taux variable, s’ajoutant aux prix déjà élevés des logements qui ont augmenté d’environ 15 % au cours de l’année écoulée, soit la plus forte hausse depuis plus de dix ans.

En février, la Banque centrale d’Israël a indiqué qu’elle recommencerait à augmenter graduellement son taux d’intérêt, citant les performances économiques fortes du pays parallèlement à la pandémie et des indications laissant entrevoir « une activité forte continue » – dans un contexte marqué par une crise énergétique croissante entraînée par la guerre menée par la Russie en Ukraine, par un ralentissement des activités économiques en Chine en raison de l’essor du taux de morbidité entraîné par un rebond de l’épidémie de coronavirus et marqué aussi par les perturbations de la chaîne de production globale.

Le gouverneur de la Banque d’Israël Amir Yaron s’exprimant lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 11 avril 2022. (Crédit : Flash90)

Ces taux plus élevés visent à restreindre les flux d’argent en rendant l’emprunt moins attractif, en amortissant les demandes des consommateurs et en allégeant les pressions exercées par l’inflation qui sont causées par une pénurie de produits ou une surabondance de liquidités.

Selon la Banque centrale, l’inflation au sein de l’État juif, au cours des deux derniers mois, a atteint les 4,1 % et les estimations laissent penser qu’elle pourrait s’élever à 4,5 % en 2022 avant de retomber à 2,4 %, l’année prochaine. Ces chiffres sont plus élevés que les fourchettes supérieures de 3 % en 2022 et de 2 % en 2023 qui avaient été envisagés par la Banque au mois de janvier.

La Banque a prévu que le PIB croîtrait à un taux de 5 % en 2022 et de 3,5 % en 2023 – ce qui est plus bas que les projections faites au mois de février qui étaient de 5,5% en 2022 et de 5 % en 2023. L’État juif avait connu une croissance vertigineuse de 8,1 % en 2021 – cela avait été la plus forte depuis l’an 2000, où elle avait été de 8,4 %.

Même si ce taux de croissance pour 2022 est « légèrement plus lent » que prévu, le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, a indiqué qu’il correspond « absolument » à « une croissance reflétant un fort niveau d’activités économiques ».

L’économie israélienne, a ajouté le haut-responsable, « a une position forte à de nombreux égards. La croissance est élevée, le marché de l’emploi est serré, le déficit gouvernemental est bas, les revenus fiscaux s’élèvent et les entreprises continuent à faire part d’une amélioration de leur situation ».

Sur une note moins positive, le nouveau vote national – qui doit avoir lieu en date du 1er novembre – marque « un environnement marqué par l’incertitude politique » qui n’est « pas favorable à l’économie ».

Une étude réalisée en juin par l’Institut israélien de la démocratie (IDI) a estimé que le coût des prochaines élections pourrait atteindre près de 3 milliards de shekels.

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