Le sentiment anti-Trump pourrait se retourner contre Israël, avertit Yaalon
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Le sentiment anti-Trump pourrait se retourner contre Israël, avertit Yaalon

Quelques jours après avoir annoncé son intention de se présenter comme Premier ministre, l'ancien ministre de la Défense a expliqué craindre qu'Israël devienne une question Républicaine à l'ère de Trump

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, pendant un discours donné à l'Institut Washington pour les études proche-orientales, le 15 septembre 2016. (Crédit : capture d'écran)
Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, pendant un discours donné à l'Institut Washington pour les études proche-orientales, le 15 septembre 2016. (Crédit : capture d'écran)

WASHINGTON — quelques jours après l’annonce par Moshe Yaalon de son intention de former un nouveau parti politique et de se présenter au poste de Premier ministre lors des prochaines élections nationales, le politicien a mis en garde : Israël pourrait être une question perçue comme étant de plus en plus partisane, en particulier une cause Républicaine, à l’ère du président américain Donald Trump.

“Je crains le fait qu’Israël puisse davantage s’identifier de nos jours aux Républicains », a-t-il déclaré lundi lors d’une conférence donnée au Centre d’études israéliennes de l’Université américaine. « Que les sentiments anti-Trump deviennent des sentiments anti-israéliens. C’est là ma crainte ».

“Je crains que nous ne payons le prix aujourd’hui de notre prise de parti », a-t-il ajouté, se référant probablement à la faveur accordée ouvertement par le Premier ministre Benjamin Netanyahu au candidat républicain de l’époque Mitt Romney face à Barack Obama en 2012, au discours hautement controversé du Premier ministre israélien au Congrès en 2015 – dans un contexte d’opposition forte des Démocrates – afin de déjouer l’accord sur le nucléaire d’Obama avec l’Iran, et à la relation généralement houleuse qu’entretenait le leader israélien avec l’ancien président.

Depuis que Trump est arrivé au pouvoir au mois de janvier, Netanyahu a signalé son intention de forger un lien étroit avec le nouveau président américain. Il s’est rendu le mois dernier à Washington pour le rencontrer à la Maison Blanche où ils ont tous deux critiqué l’accord sur le nucléaire d’Obama, promettant d’empêcher l’Iran de développer un arsenal nucléaire.

Netanyahu avait également écarté les accusations d’antisémitisme lancées contre le président en disant « qu’il n’y a pas plus grand soutien du peuple juif et de l’état juif que Donald Trump ».

Samedi, Yaalon a annoncé qu’il se présenterait pour remplacer Netanyahu, moins d’un an après avoir été contraint de démissionner de son poste de ministre de la Défense.

Le Premier ministre tentait alors d’étendre et de renforcer sa coalition et y avait intégré le parti de droite dure d’Avigdor Liberman, Yisrael Beytenu, et lui avait cédant le portefeuille de la Défense à ce dernier.

Yaalon avait riposté à cette initiative en avertissant que des « forces extrémistes et dangereuses se sont saisies d’Israël et du mouvement du Likud, des forces qui déstabilisent notre foyer et viennent menacer ses habitants ».

Lundi, Yaalon a évoqué la menace nucléaire incarnée par l’Iran, l’instabilité croissante au Moyen-Orient et le processus de paix israélo-palestinien moribond.

L’Iran, a-t-il dit, est actuellement « en train de bénéficier d’un accord dont nous avons considéré qu’il était une erreur historique », et la région souffre de « l’effondrement du système de l’état-nation artificiel ».

L'ancien ministre de l'Intérieur Gideon Saar, à gauche, l'ancien ministre de la Défense, deuxième à gauche, le Premeir ministre Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de l'Energie à la Knesset, le 1er mai 2013   (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
L’ancien ministre de l’Intérieur Gideon Saar, à gauche, l’ancien ministre de la Défense, deuxième à gauche, le Premeir ministre Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de l’Energie à la Knesset, le 1er mai 2013 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Tandis que Yaalon a dessiné une image peu réjouissante des possibilités pour Israël d’arriver à « un accord final » avec les Palestiniens, il a prôné la nécessité pour les deux parties de se séparer l’une de l’autre.

« Nous et les Palestiniens sommes comme des Siamois », a-t-il expliqué, ajoutant que cette « séparation » était difficile.

Yaalon a déclaré à l’assistance réunie à l’occasion de la conférence annuelle Amos Perlmutter à l’Université de Washington qu’il soutenait les Accords de paix d’Oslo en 1990 parce que « sanctifier la vie humaine est plus important que de sanctifier la terre ».

Mais la seconde intifada, trois guerres à Gaza et les incitations à la violence continue des Palestiniens l’ont rendu plus sceptique face à la capacité d’Israël de se réconcilier pleinement avec les Palestiniens qui, pense-t-il, ne sont pas préparés à un accord. « Je ne vois aucune chance pour un accord final », a-t-il dit.

Yaalon s’est dit favorable à « deux entités politiques séparées » entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée, et a indiqué que les Palestiniens devraient pouvoir jouir ultimement d’ « autonomie et de l’auto-gouvernance » – initiative qui, a -t-il dit, est dans les intérêts à long terme de l’état juif.

Interrogé sur le conseil qu’il donnerait à Trump, qu’il a expliqué désirer négocier « l’ultime accord » de la paix israélo-palestinienne, Yaalon l’a encouragé à comprendre qu’il ne résoudra pas le conflit et à se concentrer davantage sur les ambitions nucléaires de l’Iran et les activités néfastes dans la région.

“Je lui dirais qu’il n’y a pas de solution claire, que vous n’allez pas résoudre le problème au cours de votre mandat, même si vous deviez être président pendant huit ans », a-t-il dit. « Le premier défi est l’Iran. Le second défi est l’Iran. Et le troisième défi est l’Iran. Puis c’est de s’occuper de l’EI. »

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