Le soldat de Hébron demande l’exhumation du corps de l’attaquant sur qui il a tiré
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Le soldat de Hébron demande l’exhumation du corps de l’attaquant sur qui il a tiré

La défense d’Elor Azaria, qui a tué Abdel Fattah al-Sharif, dit vouloir conduire sa propre autopsie

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Funérailles d'Abdel Fattah al-Sharif, terroriste palestinien qui a été abattu par un soldat israélien alors qu'il était au sol, désarmé et blessé. Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles, et son corps était enveloppé d'un drapeau du Hamas, à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : AFP/Hazem Bader)
Funérailles d'Abdel Fattah al-Sharif, terroriste palestinien qui a été abattu par un soldat israélien alors qu'il était au sol, désarmé et blessé. Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles, et son corps était enveloppé d'un drapeau du Hamas, à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : AFP/Hazem Bader)

Les avocats d’un soldat israélien accusé d’homicide pour son tir controversé contre un attaquant palestinien désarmé ont demandé dimanche à la cour militaire d’ordonner l’exhumation du corps de l’homme mort, qui a été enterré en Cisjordanie pendant le week-end.

L’équipe de défense du sergent Elor Azaria a dit au tribunal militaire de Jaffa qu’elle avait précédemment informé la cour de son intention de demander sa propre autopsie du corps d’Abdel Fattah al-Sharif avant que son corps ne soit restitué vendredi dernier.

L’avocat Eyal Besserglick a déclaré à la radio militaire que la restitution du corps aux Palestiniens avait un impact négatif sur la position de la défense et le processus judiciaire.

« Au milieu de la nuit, le corps du terroriste a été rendu, alors que nous avions déclaré à la cour que nous comptions faire venir notre propre anatomopathologiste, a affirmé Besserglick. Cela en entraîné des dommages évidents, sans doute, à la possibilité que la défense examine le corps. »

Elor Azaria, le soldat israélien qui a abattu un attaquant palestinien désarmé et neutralisé en mars 2016 à Hébron devant la cour militaire de Jaffa, le 9 mai 2016. (Crédit : Flash90)
Elor Azaria, le soldat israélien qui a abattu un attaquant palestinien désarmé et neutralisé en mars 2016 à Hébron devant la cour militaire de Jaffa, le 9 mai 2016. (Crédit : Flash90)

Bien qu’Azaria ait admis avoir tiré sur Sharif, ses avocats ont indiqué qu’ils pourraient demander à réexaminer le corps, après qu’un premier rapport médico-légal ait montré que Sharif était déjà sérieusement blessé aux poumons et à l’aine après les précédents tirs reçus. L’équipe de défense a suggéré que les coups de feu précédents ont pu causer la mort, ce qui devrait être pris en considération.

Le corps de Sharif a été rendu vendredi à sa famille, et une foule d’environ 1 000 personnes à assister à ses funérailles à Hébron le samedi. Le corps était enveloppé d’un drapeau du Hamas, comme vu dans une vidéo diffusée par al-Quds TV, chaîne du Hamas.

En avril, les procureurs militaires avaient inculpés Azaria pur homicide et conduite militaire inappropriée pour avoir abattu Sharif le 24 mars, plusieurs minutes après des tirs contre ce dernier pendant qu’il attaquait au couteau des soldats israéliens à Hébron.

Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d'une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d'écran B'TSelem)
Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d’une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d’écran B’TSelem)

Sharif et un autre attaquant avaient poignardé et blessé un soldat avant que les troupes n’ouvrent le feu contre eux, blessant Sharif et tuant le second attaquant.

Une vidéo de la scène montrait un Sharif blessé mais toujours vivant quelques minutes après, puis Azaria lui tirant dans la tête. Azaria a été arrêté, les organisations de défense des droits de l’Homme comparant son acte à une exécution sommaire.

Azaria a plaidé non coupable des accusations d’homicide, ses avocats déclarant la semaine dernière à la cour que leur client pensait que Sharif portait des explosifs et qu’il posait une menace immédiate aux soldats sur place.

L’affaire a déclenché la controverse et des tensions politiques en Israël. Malgré la forte condamnation des actes d’Azaria par le gratin militaire, dont le ministre de la Défense d’alors Moshe Yaalon et le chef d’Etat-major Gadi Eizenkot, des partisans d’extrême-droite et certains politiciens ont accusé l’establishment militaire d’abandonner l’un des siens.

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