Le Soudan ouvert à des liens avec Israël si le conflit est résolu
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Le Soudan ouvert à des liens avec Israël si le conflit est résolu

La cheffe de la diplomatie, première femme à occuper ce poste, a déclaré que "ce n'est pas le moment", mais que la plupart des pays arabes ont des liens avec l'Etat hébreu

La nouvelle ministre soudanaise des Affaires étrangères Asma Abdullah sur la chaîne Al Jazeera le 8 septembre 2019. (Crédit : Al Jazeera)
La nouvelle ministre soudanaise des Affaires étrangères Asma Abdullah sur la chaîne Al Jazeera le 8 septembre 2019. (Crédit : Al Jazeera)

Asma Abudllah, nouvelle ministre des Affaires étrangères soudanaise, a suggéré dimanche que Khartoum serait intéressé par l’établissement de relations avec Israël si le conflit israélo-palestinien était résolu, précisant que la plupart des pays arabes ont des rapports, d’une manière ou d’une autre, avec Israël.

Le premier cabinet soudanais – dont fait partie Asma Abdullah – depuis la destitution du dictateur Omar el-Bechir a été intronisé dimanche.

Interrogée par la chaîne satellite qatarie Al Jazeera sur la possibilité de relations entre son pays et Israël, Asma Abdullah, première femme à occuper le poste de ministre des Affaires étrangères dans un gouvernement soudanais, a répondu : « ce n’est pas le moment ».

Le journaliste a insisté et demandé si le Soudan était d’accord, sur le principe, pour établir des liens avec Israël et s’il pouvait en prendre la voie dans le futur, elle a répondu : « évidemment, sur le principe… je veux dire, si vous regardez les pays arabes… la plupart d’entre eux ont des relations, d’une manière ou d’une autre. Le Soudan est l’un de ces pays arabes, mais ce n’est pas le moment. »

Le journaliste a ensuite dit que sa déclaration « semblait dangereuse », indiquant que certains États arabes s’opposent à la création de liens avec Israël tant que les Palestiniens n’obtiennent pas « leurs intérêts et leurs droits ».

Adullah a répondu : « c’est pour cela que je vous dis que ce n’est pas le moment de parler de normaliser les relations avec Israël. Il y a encore des questions non résolues. Et tant qu’elles ne le sont pas, je ne pense pas que nous pouvons ouvrir cette porte ».

Les membres du cabinet soudanais posent pour une photo avec le nouveau Premier ministre Abdalla Hamdok (5e à gauche) après avoir prêté serment au palais présidentiel dans la capitale de Khartoum, le 8 septembre 2019 (Crédit : Ebrahim Hamid/AFP)

L’Egypte et la Jordanie sont les seuls pays arabes à avoir des relations diplomatiques officielles avec Israël. Cependant, ces dernières années, certains pays arabes, dont ceux du Golfe, ont publiquement exprimé et manifesté une plus grande ouverture à l’égard de l’Etat hébreu et reçu des dignitaires israéliens lors de visites officielles.

À titre d’exemple, Oman a accueilli le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2018, où il a rencontré le sultan Qaboos bin Said.

Asma Abdullah s’est exprimée quelques jours après que Nasr-Eddin Mofarah, nouveau ministre soudanais des Affaires religieuses a appelé les Juifs qui vivaient dans le pays par le passé à y revenir après la chute de Bechir.

« Le Soudan est pluraliste dans ses opinions, pluraliste dans sa culture, dans ses idéologies, dans ses sectes religieuses islamiques et même dans ses religions. Il y a l’islam, le christianisme et une minorité qui suit la religion juive », a déclaré Nasr-Eddin Mofarah à la chaîne saoudienne Al Arabiya au cours d’un entretien diffusé vendredi.

« Il est possible qu’ils [les membres de la minorité] aient quitté le pays, et aujourd’hui, nous désirons leur lancer un appel, qu’ils reviennent dans ce pays en vertu de leurs droits relevant de leur citoyenneté et de leur nationalité. Parce que dans ce pays, le Soudan, et ce tant qu’il y aura un gouvernement civil, la base de la nationalité est constituée de droits et de devoirs », a-t-il ajouté.

Il y avait une communauté juive au Soudan au 20e siècle, qui comptait près d’un millier de personnes dans les années 30 et la fin des années 40, selon un article d’Elli Fischer, un éditorialiste sur les questions juive et israélienne, dans le Mosaic Magazine en 2016.

Les Juifs ont commencé à quitter le Soudan après l’indépendance du pays du gouvernement égypto-britannique, expliquait Elli Fischer dans son article. Selon lui, la « dissolution » de la communauté juive a été totale à la fin des années 60.

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