Le tribunal du Likud doit statuer sur la tenue de primaires pour la liste
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Le tribunal du Likud doit statuer sur la tenue de primaires pour la liste

Bien que la commission centrale ait voté contre un nouveau scrutin pour désigner la liste de candidats à la Knesset, la décision est contestée devant le tribunal interne

Affiches de campagne électorale sur le bâtiment du siège du Likud à Tel Aviv montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu serrant la main du Président russe Vladimir Poutine et du Président américain Donald Trump, le 28 juillet 2019. (Adam Shouldman/Flash90)
Affiches de campagne électorale sur le bâtiment du siège du Likud à Tel Aviv montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu serrant la main du Président russe Vladimir Poutine et du Président américain Donald Trump, le 28 juillet 2019. (Adam Shouldman/Flash90)

Le Likud attend impatiemment jeudi la décision imminente du tribunal interne du parti qui pourrait exiger la tenue de primaires pour désigner les candidats à la Knesset et donner lieu à une course frénétique, de dernière minute.

Les prochaines élections étant prévues dans 70 jours environ, le Likud s’est lancé dans une primaire devant désigner son nouveau dirigeant le 26 décembre, laquelle opposera le Premier ministre Benjamin Netanyahu à son principal rival au sein de la formation, le député Gideon Saar.

Plus tôt ce mois, la commission électorale du Likud avait voté contre la tenue d’un nouveau vote pour déterminer la liste électorale du parti en vue des législatives et pour le maintien de la liste telle quelle en raison de la proximité du dernier scrutin national de septembre.

Mais la disposition est contestée auprès du tribunal interne du parti, qui pourrait la juger incompatible avec la constitution de la formation. Le règlement du Likud exige l’organisation de primaires pour la liste de candidats avant chaque élection (même si le tribunal en avait approuvé la suspension en amont du scrutin de septembre, car proche des élections d’avril).

Le tribunal devait se prononcer mercredi soir, mais le verdict a été retardé, et on ne sait pas clairement quand il sera finalement rendu.

Il ne reste que trois semaines aux différents partis pour remettre leur liste électorale en vue du scrutin de mars.

Gideon Saar, membre du Parlement du Likud, avec des supporters du Likud lors d’un événement à Hod Hasharon, le 25 novembre 2019. (Yossi Zeliger/ Flash90)

La commission électorale du Likud pourrait potentiellement voter pour changer la constitution du parti afin de contourner le règlement, mais cela nécessiterait une adoption par une majorité aux deux tiers.

Les tensions se font vives au sein du parti ces derniers jours en amont des primaires pour la direction, des soutiens de Gideon Saar accusant mardi la suppression de milliers d’électeurs de la base d’adhérents avant le vote de la semaine prochaine.

Le député Yoav Kisch, qui dirige la campagne de ce dernier, a déclaré au micro de Radio 103FM que 5 444 Likudniks avaient disparu de la liste des membres du parti et ne pourraient donc pas voter le 26 décembre. Cela concernerait notamment la députée Sharren Haskel, qui soutient la candidature de Gideon Saar, a-t-il affirmé.

Les officiels du Likud ont démenti ces affirmations, les considérant comme « imprécises et fausses » et que parmi les adhérents concernés, 3 071 n’avaient pas payé leurs frais d’adhésion, 1 440 ont demandé l’annulation de leur adhésion, 63 sont décédés, 26 ont rejoint le parti HaBayit HaYehudi et cinq, le Parti travailliste. En outre, 438 ont été retirés de la base conformément à une décision du tribunal interne, sans doute en raison de leur affiliation aux Nouveaux Likudniks, une organisation controversée, a rapporté le site d’information Walla.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 1er décembre 2019. (Marc Israel Sellem/POOL)

« Ces accusations sont grossies, sans fondement et exagérées », a indiqué un porte-parole du parti à la chaîne. « Chaque procédure au sujet des membres du Likud s’effectue en toute transparence, conformément à la loi et sous la supervision des instances autorisées ».

Les membres de l’équipe de campagne de Saar ont expliqué que certains adhérents avaient été supprimés de la liste pour avoir simplement réagi à une publication Facebook des dirigeants des Nouveaux Likudniks par un « J’aime », a fait savoir la Douzième chaîne.

La candidature de l’ancien ministre de l’Éducation a été critiquée par les alliés de Netanyahu, la jugeant déloyale et déstabilisante pour le parti à un moment où l’unité est requise.

Jeudi matin, l’ancien maire de Jérusalem Nir Barkat a fait savoir à la radio Kan qu’il s’agissait même d’un « coup de poignard dans le dos » du Premier ministre et prédit que les résultats « traduiront la colère et la frustration » des électeurs du Likud à ce sujet.

Gideon Saar a donné le coup d’envoi de sa campagne pour les primaires lundi, en clamant que Netanyahu n’avait « aucune chance » de parvenir à remporter les prochaines élections.

Même s’il est sans doute très peu probable qu’il remporte le scrutin, Saar est le premier concurrent sérieux au Likud à se dresser contre Netanyahu depuis des années. Le Premier ministre a échoué à deux reprises jusqu’à présent à former un gouvernement suite à deux scrutins consécutifs et il est mis en examen dans trois dossiers criminels.

Les accusations visant Netanyahu – qui, pour sa part, nie tout acte répréhensible – ont été un obstacle majeur dans les pourparlers d’unité qui ont eu lieu entre le Likud et la formation Kakhol lavan, son principal adversaire, suite aux élections du mois de septembre, qui n’ont pas permis aux deux partis d’assembler une majorité au pouvoir aux côtés de leurs alliés respectifs.

De récentes enquêtes d’opinion ont suggéré que même si le Likud obtiendrait de moins bons résultats avec Saar à sa barre à la place de Netanyahu, le bloc de droite dirigé par le parti en sortirait pour sa part renforcé.

La Knesset s’est dissoute mercredi dernier dans la nuit, ce qui signifie que des élections nationales auront lieu pour la troisième fois en moins d’un an. La Knesset a fixé leur date au 2 mars.

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