Un vaccin anti-COVID par voie orale fabriqué en Israël efficace chez les cochons
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Un vaccin anti-COVID par voie orale fabriqué en Israël efficace chez les cochons

Un chercheur de Jérusalem attend l’approbation d’ici 6 mois ; ce serait une avancée pour simplifier la vaccination, notamment par l’envoi de pilules par courrier à domicile

Illustration : pilules ; l’Israélien Oramed Pharmaceuticals et Premas Biotech, basé en Inde, travaillent à la création d’une pilule vaccinale contre le COVID-19. (Schlosann via iStock by Getty Images)
Illustration : pilules ; l’Israélien Oramed Pharmaceuticals et Premas Biotech, basé en Inde, travaillent à la création d’une pilule vaccinale contre le COVID-19. (Schlosann via iStock by Getty Images)

Une société israélienne a produit un vaccin anti-COVID par voie orale, qui provoque la production des anticorps adéquats chez les cochons.

Oramed Pharmaceuticals affirme qu’une telle innovation pourrait révolutionner l’inoculation contre le coronavirus et sauver des vies en accélérant le processus de vaccination. Si les gens pouvaient avaler une pilule vaccinale à la maison plutôt que d’avoir à se rendre dans une clinique, les campagnes de vaccination pourraient connaître une accélération considérable, selon la directrice scientifique de la société, le Dr. Miriam Kidron.

Oramed a créé un potentiel vaccin à dose unique par voie orale, fabriqué par Premas Biotech basée en Inde. Kidron a déclaré être « très enthousiaste » qu’il puisse « aider à mettre un terme à la pandémie ». Elle espère commencer bientôt la première phase des tests cliniques, et a affirmé que le vaccin pourrait passer la réglementation et être prêt pour l’utilisation d’ici six mois – bien avant que la vaccination n’ait été généralisée à l’échelle mondiale, selon les prédictions de la majorité des médecins.

L’équipe de Kidron a administré le liquide contenu dans la nouvelle pilule à des cochons près de la ville centrale de Rehovot. Les animaux ont réagi en produisant les anticorps adéquats dans les quantités attendues après inoculation : l’immunoglobuline G (IgG), l’anticorps le plus courant dans le sang et les fluides corporels, qui protège contre les infections virales, et l’immunoglobuline A (IgA), qui défend les voies respiratoires et gastro-intestinales contre les infections.

Illustration : des anticorps attaquant un virus SARS-CoV-2. (Dr_Microbe ; iStock by Getty Images)

« Ce vaccin par voie orale pourrait nous permettre de vacciner beaucoup plus rapidement et beaucoup plus facilement. Imaginez simplement que vous n’ayez pas besoin d’aller dans une clinique. La pilule pourrait même arriver dans votre boîte aux lettres et vous pourriez la prendre chez vous », a déclaré Kidron au Times of Israël jeudi depuis son bureau de Jérusalem.

Miriam Kidron, directrice scientifique d’Oramed Pharmaceuticals. (Autorisation : Oramed Pharmaceuticals)

Kidron a expliqué qu’en plus de soulager les hôpitaux, son vaccin par voie orale, qui peut être conservé à température ambiante, pourrait éliminer les défis logistiques posés par la nécessité de stockage à très basses températures de plusieurs des vaccins existants – dont les vaccins Pfizer utilisés en Israël.

Dans certaines régions du monde, la peur des aiguilles est un obstacle majeur aux campagnes de vaccination ; un pays africain a d’ailleurs déjà pris contact pour exprimer son intérêt pour les pilules vaccinales pour cette raison, a déclaré Kidron.

Son fils Nadav Kidron, PDG de la société, note que les médecins s’attendent à devoir renouveler les vaccins COVID-19 : le vaccin en pilule pourrait changer la donne.

« Alors que la facilité d’administration est essentielle aujourd’hui pour accélérer les taux d’inoculation, un vaccin oral pourrait devenir encore plus précieux dans le cas probable où un rappel de vaccin anti-COVID-19 pourrait être nécessaire chaque année ou tous les deux ans comme le vaccin antigrippal standard », a-t-il déclaré.

Pilules d’insuline produites par Oramed. (Autorisation : Oramed Pharmaceuticals)

Oramed utilise une « plateforme de distribution orale de protéines », développée pour son projet d’insuline par voie orale, dont les tests sont en phase finale, et qui pourrait bientôt devenir le premier produit de ce type au monde.

Kidron a développé la technologie qui sous-tend le mécanisme de dosage oral du vaccin au Centre médical Hadassah de Jérusalem, et en explore les diverses utilisations depuis quelques années à Oramed. La lauréate du prix Nobel et biochimiste lauréate du prix d’Israël Avram Hershko est l’une des conseillers scientifiques de son entreprise.

Le vaccin par voie orale est une modification du produit de Premas, un vaccin VLP (virus-like particule) à base de protéines, initialement conçu sous forme d’injection, et en attente d’approbation. L’injection Premas crée une triple protection en ciblant la pointe, la membrane et l’enveloppe du virus SRAS CoV-2.

Oramed et Premas espèrent commercialiser ensemble le produit sous la marque Oravax, et ont formé pour ce faire une nouvelle société, Oravax Medical. Le Dr. Prabuddha Kundu, directeur général de Premas, a qualifié le projet d’« excellent exemple d’une véritable collaboration qui peut rapidement évoluer vers des essais cliniques de stade avancé ».

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