L’économie de la bande de Gaza en « chute libre » – Banque mondiale
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L’économie de la bande de Gaza en « chute libre » – Banque mondiale

L'Autorité palestinienne a réduit de 30 M de $ ses paiements mensuels à Gaza, et l'administration Trump a supprimé 50 à 60 millions d'aide annuelle à l'enclave

Des employés de l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et leurs familles protestent contre les disparitions de postes annoncées par l'agence aux abords de ses bureaux de gaza City, le 31 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Des employés de l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et leurs familles protestent contre les disparitions de postes annoncées par l'agence aux abords de ses bureaux de gaza City, le 31 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

L’économie de la bande de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, est en « chute libre », les coupes dans les versements de l’Autorité palestinienne (AP) et des Etats-Unis amplifiant les effets du blocus israélien et plaçant dans une situation « critique » l’enclave, estime la Banque mondiale (BM).

Le nouveau rapport de la BM, un document de 38 pages, sera présenté jeudi à New York au Comité de liaison ad hoc (AHLC) coordonnant le soutien des donateurs internationaux aux Palestiniens.

Le même jour, le président de l’AP Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doivent s’adresser séparément à l’Assemblée générale de l’ONU.

Minée par le blocus imposé depuis plus de dix ans par Israël pour contenir le mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas, l’économie gazaouie a encore été affaiblie récemment par une « combinaison de facteurs » contribuant tous à une baisse des liquidités, selon le rapport.

Parmi ces facteurs, la BM mentionne notamment la décision de l’Autorité palestinienne de réduire de 30 millions de dollars ses paiements mensuels à Gaza, et celles de l’administration du président américain Donald Trump de supprimer 50 à 60 millions d’aide annuelle à l’enclave.

Abbas cherche à faire pression sur le Hamas pour permettre à l’Autorité palestinienne, internationalement reconnue, de reprendre pied à Gaza dont le mouvement islamiste l’a évincée en 2007.

L’administration Trump a, elle, coupé en 2018 plus de 500 millions de dollars d’aide aux Palestiniens, et cessé de soutenir financièrement l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), acteur primordial à Gaza, quoique problématique pour sa définition de réfugié palestinien.

« La détérioration économique à Gaza et en Cisjordanie ne peut plus être compensée par l’aide étrangère, en déclin constant, ni par le secteur privé qui reste limité en raison des restrictions de mouvements, et des restrictions sur l’accès aux matériaux de base et sur le commerce », dit la BM.

La bande de Gaza a accusé au premier trimestre une croissance négative de -6 %, qui semble s’être encore détériorée depuis, selon la même source.

Une tendance aux conséquences alarmantes, selon le rapport qui souligne qu’un Gazaoui sur deux vit sous le seuil de pauvreté et que le chômage affecte 53 % de la population, 70 % chez les jeunes.

« La situation économique et sociale à Gaza décline depuis une décennie, mais s’est détériorée de façon exponentielle ces derniers mois et a atteint un point critique », estime Marina Wes, directrice de la BM pour la Cisjordanie occupée et Gaza.

Nickolay Mladenov, envoyé de l’ONU pour la paix au Moyen-Orient, est interviewé à la suite de la conférence de l’INSS à Tel Aviv le 30 janvier 2018. (Crédit : AFP / Jack Guez)

Le 20 septembre, l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a estimé devant le Conseil de sécurité que Gaza pouvait « exploser d’une minute à l’autre ».

Enclavée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, la bande de Gaza est soumise aux blocus israélien et égyptien.

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