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L’Égypte forme des centaines de Palestiniens pour une future police de Gaza

Parallèlement au programme égyptien, l'UE envisage aussi de former jusqu'à 3 000 policiers à Gaza, comme elle le fait en Cisjordanie depuis 2006

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s'exprimant lors d'une interview, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Amr Nabil/AP)
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s'exprimant lors d'une interview, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Amr Nabil/AP)

L’Égypte forme actuellement des centaines de policiers palestiniens dans l’espoir qu’ils intègrent, une fois la guerre terminée, une force de maintien de l’ordre dans la bande de Gaza, a appris l’AFP auprès d’un responsable palestinien.

En août, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, avait annoncé un plan de formation pour 5 000 policiers palestiniens lors d’une rencontre avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP), Mohammad Mustafa.

Après une première session en mars au Caire pour plus de 500 membres de la police, ces formations de deux mois ont repris en septembre pour des centaines d’autres participants, a indiqué à l’AFP le responsable palestinien sous le couvert de l’anonymat.

« Nous voulons un arrêt permanent de la guerre […], et nous sommes impatients de servir notre pays et nos concitoyens », a déclaré à l’AFP un policier palestinien de 26 ans, se disant « très heureux » d’y avoir participé.

Il souhaite la création d’une force de sécurité « indépendante, loyale uniquement à la Palestine et qui ne serait pas soumise à des alliances ou à des objectifs extérieurs ».

Les stagiaires sont appelés à faire partie d’une force de 5 000 policiers, tous Gazaouis, rémunérés par l’AP, qui siège à Ramallah, en Cisjordanie, a précisé le responsable palestinien.

Illustration : Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Mustafa (au centre à gauche), écoutant le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty (au centre), s’exprimer lors d’une conférence de presse du côté égyptien du poste-frontière de Rafah, à Rafah, le 18 août 2025. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

« Nous avons reçu une formation opérationnelle remarquable, avec des équipements modernes pour la surveillance des frontières », a témoigné un lieutenant gazaoui, qui a également requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, comme les autres personnes interrogées par l’AFP.

« Rêve de création » d’un État

Cet officier, qui a quitté Gaza avec sa famille en 2024, a indiqué avoir suivi des cours centrés sur les « conséquences » du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, et sur les « dégâts » causés à la cause palestinienne.

L’accent a également été mis sur le rôle de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en tant que seul représentant légitime des Palestiniens, ainsi que sur la « protection du rêve de création » d’un État palestinien.

Un haut responsable sécuritaire de l’AP a confirmé que son dirigeant, Mahmoud Abbas, avait donné instruction au ministre de l’Intérieur, Ziad Hab al-Reeh, de coordonner avec l’Égypte la formation de nouvelles forces de sécurité pour Gaza.

Fin 2024, lors de discussions parrainées par l’Égypte, les mouvements palestiniens – dont les deux principaux, le Hamas et le Fatah d’Abbas – s’étaient accordés sur le principe d’une force d’environ 10 000 policiers : 5 000 seraient formés par l’Égypte et 5 000 proviendraient de la police de Gaza, sous l’autorité du Hamas depuis 2007.

Les relations entre le Fatah et le groupe terroriste palestinien sont tendues depuis près de vingt ans, marquées par de profondes divisions politiques et idéologiques. En 2007, le Hamas avait pris le contrôle de Gaza à l’issue d’un coup d’État sanglant et les deux factions sont restées à couteaux tirés depuis lors, malgré de nombreuses tentatives de réconciliation.

L’accord prévoit que cette force soit supervisée par un comité de technocrates, approuvé par les mouvements palestiniens, chargé d’administrer la bande de Gaza à l’issue de la guerre.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors du sommet pour la paix à Gaza à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Yoan Valat, Pool via AP)

Un haut responsable du Hamas a confirmé à l’AFP que le groupe terroriste palestinien soutenait « les détails liés à la sécurité et à la gestion de la bande de Gaza » convenus lors de ces discussions.

Le plan en vingt points du président américain Donald Trump, qui a permis l’entrée en vigueur, le 10 octobre, d’un cessez-le-feu fragile à Gaza, aborde également ce point.

Accord israélien ?

Endossé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU le 17 novembre, il prévoit le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, qui sera notamment chargée de le démilitariser et de sécuriser ses frontières avec Israël et l’Égypte.

Il faudra ensuite assurer de manière pérenne la sécurité quotidienne dans l’enclave.

Parallèlement au programme égyptien, l’Union européenne (UE) envisage également de former jusqu’à 3 000 policiers à Gaza, comme elle le fait en Cisjordanie depuis 2006, a indiqué à l’AFP un responsable européen mi-novembre.

Toutefois, de nombreuses questions demeurent. Un responsable du Hamas a déclaré à l’AFP s’interroger sur la possibilité d’un accord avec Israël concernant les prérogatives d’une force de police à Gaza.

Le gouvernement Netanyahu refuse catégoriquement que le Hamas ou l’Autorité palestinienne jouent le moindre rôle après-guerre.

Des terroristes armés du Hamas surveillant une zone de Gaza-City, le 3 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Des journalistes de l’AFP ont constaté que le Hamas maintenait des terroristes armés pour assurer la circulation et recueillir les plaintes des habitants, assurant ainsi une forme de maintien de l’ordre.

Le groupe terroriste palestinien a fait savoir qu’il ne souhaitait plus jouer un rôle dans la gouvernance de Gaza. Il a toutefois souligné qu’il ne comptait pas disparaître et qu’il restait une composante centrale de la vie politique palestinienne.

Concernant la question épineuse de son désarmement, le Hamas a déclaré être opposé à rendre son arsenal.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

À ce jour, les restes de deux otages tués et enlevés le 7-Octobre se trouvent toujours à Gaza : le sergent-chef Ran Gvili, tué alors qu’il repoussait l’invasion du groupe terroriste palestinien du Hamas au kibboutz Alumim, et Sudthisak Rinthalak, un ressortissant thaïlandais tué au kibboutz Beeri, où il travaillait dans l’agriculture.

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