L’enquête du Labour sur Oxford trouve un antisémitisme qui n’est pas “institutionnel”
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L’enquête du Labour sur Oxford trouve un antisémitisme qui n’est pas “institutionnel”

Les enquêteurs ont rejeté les demandes de discipliner des étudiants après des incidents antisémites

Alex Chalmers était jusqu'à récemment le co-président de l'Oxford University Labour Club avant de démissionner pour protester contre l'antisémitisme répandu au sein de celui-ci. (Crédit : Facebook)
Alex Chalmers était jusqu'à récemment le co-président de l'Oxford University Labour Club avant de démissionner pour protester contre l'antisémitisme répandu au sein de celui-ci. (Crédit : Facebook)

Un rapport d’enquête qui a été divulgué et porte sur les accusations d’antisémitisme au club du Labour de l’université d’Oxford a confirmé de nombreux incidents de haine antisémite, mais affirme que la tendance ne correspond pas à un « antisémitisme institutionnel ».

La copie divulguée du rapport complet sur l’enquête, dirigée par la baronne Janet Royall, ancienne présidente de la Chambre des Lords (la chambre haute du parlement britannique), a été obtenue par le Jewish Chronicle. Le rapport a été retenu par le comité national exécutif du Labour britannique, qui a tout de même publié les 11 recommandations de Royall.

Royall a identifié plusieurs exemples d’antisémitisme, mais a écrit qu’elle « ne pense pas qu’il y ait un antisémitisme institutionnel au sein du club travailliste de l’université d’Oxford (OULC). Cependant, l’OULC affronte des difficultés qui doivent être traitées pour assurer un espace sûr à tous les étudiants travaillistes pour débattre et faire campagne autour des grandes idées de notre mouvement. »

Royall « a reçu environ 300 pages de preuve de plus de 40 membres de l’OULC », selon le rapport. Elle a écrit avoir « interrogé huit membres de l’OULC, et proposé des entretiens à plusieurs autres qui n’ont pas abouti. »

Le baronne Janet Royall de Blaisdon (Crédit : CC BY/38 Degrees/Wikipedia)
Le baronne Janet Royall de Blaisdon (Crédit : CC BY/38 Degrees/Wikipedia)

Dans ses conclusions, elle a rejeté l’affirmation selon laquelle « être antisioniste ne peut pas être antisémite. Oui, c’est possible et, malheureusement, c’est souvent un outil d’antisémitisme délibérément utilisé », selon le rapport.

Néanmoins, Royall n’a pas considéré l’antisémitisme comme systémique. Elle ne voit pas non plus de bénéfices à entreprendre des poursuites disciplinaires contre des étudiants « qui pourraient être mieux conseillés quant à leur comportement et qui bénéficieraient de formation sur ces sujets. »

En réponse au document divulgué, une porte-parole du Labour a déclaré au Jewish Chronicle que le « comité national exécutif avait officiellement accepté le rapport de la baronne Royall cette année. Ses 11 recommandations, présentes dans le rapport, ont été publiées et sont en ce moment en action. »

L’enquête faisait suite à la démission mi-février du co-président du club en protestation du soutien par celui-ci de la semaine de l’apartheid israélien. A l’époque, Alex Chalmers avait affirmé qu’une « large proportion de l’OULC et de la gauche étudiante à Oxford plus généralement ont un certain problème avec les juifs. »

Le responsable des handicaps du club, Brahma Mohanty, avait ensuite également démissionné.

Dans un post sur Facebook, Chalmers avait accusé les membres de la direction du club du Labour d’utiliser « le terme ‘zio’ [un terme désignant les juifs, habituellement confiné aux sites internet du Ku Klux Klan] avec une totale décontraction ».

Il a écrit que « des membres importants du club expriment leur ‘solidarité’ avec le Hamas et défendent explicitement leur tactique de meurtre de civils sans discrimination. » Il a également cité un ancien coprésident du club, sans donner son nom, qui aurait affirmé que « la plupart des accusations d’antisémitisme ne sont que des cris au loup de sionistes. »

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