L’enquête sur l’ancienne firme de Gantz décriée par des juristes
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L’enquête sur l’ancienne firme de Gantz décriée par des juristes

Dans les médias, des sources non-identifiées ont accusé le nouveau procureur d'Etat Dan Eldad d'être un "cheval de Troie" ; "Nous sommes devenus la Turquie", clame l'une d'elles

Le procureur général par intérim Dan Eldad. (Site internet du bureau du procureur de l'Etat)
Le procureur général par intérim Dan Eldad. (Site internet du bureau du procureur de l'Etat)

Des responsables du système judiciaire et du bureau du procureur d’Etat ont sévèrement critiqué, jeudi soir, le procureur d’Etat en titre, Dan Eldad, pour sa décision rapide d’ouvrir une enquête sur une firme de cybersécurité qui était dirigée par le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz.

S’exprimant auprès des médias israéliens sous couvert d’anonymat, un officiel a ainsi accusé Eldad d’être « un cheval de Troie » et un autre a déclaré qu’il était un « laquais » de la formation du Likud au pouvoir.

Eldad a annoncé, jeudi, l’ouverture d’une enquête criminelle sur Fifth Dimension, une entreprise dirigée par Gantz avant qu’elle ne fasse faillite. Un communiqué du procureur-général Avichai Mandelblit a fait savoir que Gantz n’était pas suspect dans le dossier.

Des responsables de Kahol lavan ont accusé Eldad et le ministre de la Justice Amir Ohana, allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu, d’avoir laissé fuiter des informations sur l’enquête avant que cette dernière ne soit portée à la connaissance du public, selon la Douzième chaîne.

C’est Ohana qui avait récemment nommé Eldad à son poste, une initiative qui avait entraîné la fureur des autres hauts-responsables du système judiciaire et à laquelle Mandelblit s’était initialement opposé.

Le quotidien Haaretz a rapporté que les responsables judiciaires avaient été été surpris par la décision prise par Eldad et par le moment choisi pour la lancer – quelques jours avant un scrutin national – ainsi que par sa rapidité. Selon eux, Eldad n’aurait pris connaissance des détails du dossier que la semaine dernière.

Un éminent officiel du bureau du procureur d’Etat a déclaré au journal qu’Eldad se comportait comme « le laquais du Premier ministre » et comme un « consigliere » — le conseiller d’un chef mafieux.

Un autre a encore estimé que « nous sommes devenus la Turquie. Eldad transforme le bureau du procureur d’Etat en bureau politique ».

Benny Gantz, président du parti Kakhol lavan, lors d’un événement électoral à Tel Aviv, le 17 février 2020. (Gili Yaari/Flash90)

Haaretz a également affirmé que Mandelblit avait critiqué cette décision dans des discussions privées.

Un responsable de la police a dit au site Ynet, sous couvert d’anonymat, qu’Eldad prouvait qu’il n’était qu’un « cheval de Troie envoyé au bureau du procureur ».

Selon les officiels qui se sont confiés au site d’information, Eldad, depuis qu’il a pris ses fonctions il y a une quinzaine de jours, a été inondé d’appels de responsables du Likud, notamment de la part du ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, lui demandant d’ouvrir une enquête sur Fifth Dimension.

Pour sa part, une autre source proche du procureur et soutien d’Eldad a affirmé que ce dernier ne faisait que suivre un avis juridique récemment écrit dans l’affaire par le Procureur d’Etat adjoint aux Affaires criminelles Shlomo Lemberger — celui qu’avait initialement choisi Mandelblit pour occuper le poste de procureur d’Etat.

Le procureur général Avichai Mandelblit à une réunion de la commission de la Chambre pour discuter de la demande d’immunité de Haim Katz à la Knesset, le 30 janvier 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
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