L’Erythréen tué à Beer Sheva inéligible au statut de victime du terrorisme
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L’Erythréen tué à Beer Sheva inéligible au statut de victime du terrorisme

Haftom Zarhum, blessé par les balles d’un garde et brutalement attaqué par la foule après avoir été pris par erreur pour un terroriste, était entré illégalement en Israël

Haftom Zarhum, 29 ans, est mort à l’hôpital de Soroka à Beer Sheva après qu’un officier de sécurité qui l’avait pris pour un terroriste lui ait tiré dessus et que la foule l'ait frappé (Crédit : autorisation)
Haftom Zarhum, 29 ans, est mort à l’hôpital de Soroka à Beer Sheva après qu’un officier de sécurité qui l’avait pris pour un terroriste lui ait tiré dessus et que la foule l'ait frappé (Crédit : autorisation)

Un demandeur d’asile érythréen est mort après qu’on lui ait tiré dessus et et qu’on l’ait battu après l’attaque terroriste meurtrière de dimanche à la gare routière de Beer Sheva car il avait été pris à tort pour un terroriste.

Cependant, il ne sera pas reconnu comme étant une victime du terrorisme par l’Etat d’Israël car il était entré illégalement dans le pays.

Haftom Zarhum, 29 ans, est mort à l’hôpital de Soroka à Beer Sheva après qu’un officier de sécurité qui l’avait pris pour un attaquant lui tire dessus et que la foule le frappe brutalement. Des vidéos de l’incident montrent Zarhum tentant de s’échapper avant qu’on ne lui tire dessus et que la foule à la gare routière le roue de coups à la tête à plusieurs reprises.

Un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré mardi au quotidien Haaretz que Zarhum ne possédait pas de permis de séjour en Israël, n’avait pas les critères requis par la loi et, par conséquent, ne pouvait pas bénéficier du statut de « victime d’hostilités ».

La loi reconnaît en tant que victime d’hostilités toute personne ayant été tuée ou blessée par erreur « à cause d’une action hostile des forces ennemies ». Le statut de victime d’hostilités signifie que l’individu et sa famille peuvent bénéficier de compensations de l’Etat. Or, la loi définit explicitement que les victimes d’hostilités doivent résider en Israël, être des citoyens israéliens ou des personnes arrivées en Israël avec un visa ou un permis.

A la suite de l’attaque de dimanche, la police a déclaré dans un communiqué que la mort de Zarhum était un incident « très grave » et qu’elle « ne permettrait pas [aux citoyens] de faire justice eux-mêmes ». La police a également invité « la population à agir avec retenue, à se montrer extrêmement prudente et à laisser la police faire son travail ». Le chef de la police Ammon Alkalai a ordonné à ses enquêteurs de localiser les civils qui avaient battu la victime.

La presse israélienne s’est dite outragée par cette attaque contre l’homme érythréen, Yedioth Ahronoth déclarant qu’il avait été tué « uniquement à cause de la couleur de sa peau ». Un membre de la Knesset du parti Meretz a qualifié cet incident de lynchage et a demandé que les responsables soient arrêtés.

Cependant, Yinon Magal, membre de la coalition et député du HaBayit HaYehudi, a réagi à la fusillade en écrivant sur Facebook que « dans chaque guerre, il y a des tirs amis. Nous devons faire tout notre possible pour empêcher cela. Et pourtant, si l’on s’en tient aux pourcentages, le nombre de blessés causés par nos forces est peu élevé. Nous devons continuer et essayer de lutter pour atteindre et tuer chaque terroriste ».

Omri Levy, un soldat de Tsahal, a été tué et 11 autres personnes ont été blessées au cours de cette attaque à la gare routière bondée quand un Bédouin israélien a poignardé le soldat et a ensuite ouvert le feu. La police a identifié le terroriste comme étant Muhanad Alukabi, 21 ans, un habitant d’un village bédouin situé à proximité de Beer Sheva.

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