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Les actions de Tel Aviv chutent après l’effondrement de la Silicon Valley Bank

LeumiTech dit avoir aidé des start-ups israéliennes à transférer 1 Mds de $ hors des comptes de la Silicon Valley Bank ; le gouvernement s'engage à aider les entreprises high-tech

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

La Bourse de Tel Aviv, le 25 décembre 2018. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)
La Bourse de Tel Aviv, le 25 décembre 2018. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)

Les actions israéliennes ont plongé dimanche, entraînées par les valeurs bancaires et d’assurance, à la suite de l’effondrement de la Silicon Valley Bank (SVB), la plus grosse faillite connue par une institution financière américaine depuis le plus fort de la crise financière, de 2008.

L’indice de référence TA-125 de la Bourse de Tel Aviv a chuté d’environ 3 %, tandis que l’indice TA-35 des sociétés de premier ordre a baissé de 2,7 %. L’indice Tel Aviv des cinq plus grandes banques a baissé de 2,4 % et l’indice TA-Insurance & Financial Services a reculé de 3,5 %.

La SVB, le prêteur privilégié des start-ups high-tech en Israël et aux États-Unis, a fait faillite vendredi, obligeant le gouvernement fédéral américain à intervenir et à saisir ses actifs. La 16e banque la plus importante aux États-Unis, a fait faillite après que ses clients se sont empressés de retirer leurs fonds la semaine dernière, très inquiets de la santé financière de l’institution, alors que les taux d’intérêt ont augmenté rapidement au cours de l’année écoulée. Il s’agit de la plus grosse faillite bancaire de toute l’Histoire américaine après l’effondrement de Washington Mutual en 2008.

La banque américaine a servi de nombreuses start-ups et entreprises high-tech israéliennes, ce qui fait craindre au secteur que certaines entreprises puissent avoir des difficultés à verser les salaires le mois prochain si elles ne peuvent pas accéder aux fonds qu’elles détiennent à la SVB, bien que les montants ne soient pas encore connus.

Longtemps considéré comme le moteur de croissance de l’économie israélienne, le secteur de la high-tech représente environ 25 % du total des recettes fiscales et constitue environ 10 % de la main-d’œuvre.

Commentant l’importance de la faillite de la SVB pour les start-ups israéliennes, Ori Greenfeld, stratège en chef de Psagot Investment House, a souligné qu’environ 90 % des dépôts restants à la SVB ne sont pas assurés.

Des agents de police quittant le siège de la Silicon Valley Bank à Santa Clara, en Californie, le 10 mars 2023. (Crédit : Noah Berger/AFP)

« Cela signifie que de nombreuses entreprises ont perdu l’accès aux fonds qu’elles avaient levés et se trouvent déjà dans une crise de liquidité aiguë », a averti Greenfeld. « Ces entreprises devront trouver rapidement de nouveaux capitaux, ce qui les obligera à payer un prix élevé pour l’argent, ou elles devront commencer à licencier des employés et à interrompre leurs activités. »

« Nous ne serons pas du tout surpris si, dans les semaines à venir, nous assistons à une vague inhabituelle de licenciements dans le secteur de la high-tech », a ajouté Greenfeld.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré samedi qu’il avait été en contact avec de hauts responsables du secteur de la high-tech israélienne et qu’il s’était engagé à aider les entreprises touchées.

« Si c’est nécessaire, et parce que nous assumons une responsabilité à l’égard des compagnies et des employés du secteur de la high-tech en Israël, nous prendrons des initiatives pour venir en aide aux entreprises israéliennes dont les opérations se concentrent en Israël de manière à ce qu’elles puissent traverser cette crise de liquidités », a déclaré Netanyahu dans un communiqué.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré qu’il allait former une équipe particulière pour examiner les conséquences potentielles, en Israël, de cet effondrement de la banque. Elle comprendra le directeur-général du Trésor et des responsables de la Banque centrale d’Israël, de l’Autorité des titres et de l’Autorité de l’innovation.

NextVision, un fabricant de caméras micro-stabilisées, a déclaré avoir réussi jeudi à retirer la quasi-totalité des 2,7 millions de dollars qu’il détenait sur son compte à la SVB, selon un dépôt réglementaire à la Bourse de Tel-Aviv.

Qualitau Ltd, qui développe des équipements de test pour l’industrie des semi-conducteurs, a déclaré qu’elle détenait 16,8 millions de dollars à la SVB sur un total d’environ 22,3 millions de dollars qu’elle possède aux États-Unis et en dehors.

Dans une déclaration faite à la Bourse de Tel-Aviv, la société a indiqué qu’elle ne disposait « d’aucune information concernant les montants qu’elle pourra retirer à l’avenir du solde des fonds déposés à la SVB et concernant le moment où il lui sera possible de retirer ces fonds ».

« La société estime que malgré l’impact matériel de l’événement, compte tenu du solde de trésorerie des clients, du solde existant et du carnet de commandes (…), elle est en mesure de poursuivre ses activités dans le cours normal des affaires. »

Les deux plus grandes banques israéliennes, la Banque Leumi et la Banque Hapoalim, ont mis en place une salle de crise qui a fonctionné 24 heures sur 24 pour aider les entreprises à transférer leur argent de la SVB – avant qu’elle ne soit saisie – vers des comptes en Israël. Au cours des derniers jours, les équipes de LeumiTech, la branche bancaire de haute technologie de la Banque Leumi, ont pu aider leurs clients israéliens à transférer environ un milliard de dollars en Israël, a indiqué la banque.

LeumiTech a déclaré qu’il fournirait une assistance financière et des prêts aux start-ups et autres entreprises high-tech qui n’ont plus accès à des lignes de crédit et à des liquidités en raison de l’effondrement de la SVB.

« Je promets que nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider et accompagner les entreprises et les start-ups afin qu’elles puissent surmonter les difficultés en toute sécurité et continuer à soutenir leur croissance », a déclaré Timor Arbel-Sadras, PDG de LeumiTech.

Pour aider les start-ups en détresse, Poalim Hi-Tech a ouvert une ligne d’assistance téléphonique proposant des prêts-relais dans le but d’aider les entreprises à payer les salaires du mois à venir contre leur engagement à transférer des fonds de dépôt sur leurs comptes bancaires en Israël.

Entre-temps, les fonds de capital-risque espèrent qu’une solution rapide sera trouvée sous la forme d’un acquéreur qui rachètera la SVB en tant qu’entreprise en activité ou d’un plan de sauvetage fédéral qui permettra de verser rapidement de l’argent aux déposants concernés.

Alan Feld, co-fondateur et associé-directeur de la société d’investissement high-tech israélienne Vintage Investment Partners, a appelé « les régulateurs du monde entier à permettre à la SVB d’être rachetée et recapitalisée afin que cette merveilleuse banque puisse nous servir pendant les 20 prochaines années ».

« La Silicon Valley Bank a été un partenaire formidable pour Vintage et les fonds et entreprises de son portefeuille depuis la création de notre société il y a 20 ans », a déclaré Feld dans un message publié sur LinkedIn.

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