Les Affaires étrangères retirent leur soutien au Centre des droits de l’Homme de l’université Hébraïque pour ses relations avec des ONG
Rechercher

Les Affaires étrangères retirent leur soutien au Centre des droits de l’Homme de l’université Hébraïque pour ses relations avec des ONG

La vice-ministre a déclaré que le Centre Minerva de l’université travaille avec des “organisations anti-Israël”, comme B’Tselem

Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tzipi Hotovely, la vice-ministre des Affaires étrangères, a retiré lundi son soutien au Centre Minerva pour les droits de l’Homme de l’université Hébraïque de Jérusalem en raison de son soutien à ce qu’elle a appelé des « organisations anti-Israël ».

Hotovely a accusé l’institut de collaborer avec « un groupe d’organisations anti-Israël », qui « ont un historique important d’ignorer les droits de l’Homme des juifs », selon la Deuxième chaîne.

La ministre a donné une liste d’organisations de défense des droits de l’Homme de gauche répondant à sa description, dont le Comité public contre la torture en Israël Gisha, B’Tselem, Hamoked : centre pour la défense de l’individu, Bimkom, Emek Shaveh, « et d’autres ».

« La plupart d’entre elles sont impliquées dans des activités anti-Israël, a déclaré Hotovely. Le ministère des Affaires étrangères ne collaborera pas avec des organisations qui calomnient Israël sur toutes les scènes possibles. »

La collaboration semble être liée au programme de bourses du centre, qui permet aux étudiants de travailler à temps partiel comme bénévole dans des organisations de défense des droits de l’Homme sélectionnées. Le site internet du centre n’indique pas quelles ONG font partie du programme.

Le campus du Mont Scopus de l'université Hébraïque de Jérusalem. (Crédit : CC BY Milan.sk/Wikimedia Commons)
Le campus du Mont Scopus de l’université Hébraïque de Jérusalem. (Crédit : CC BY Milan.sk/Wikimedia Commons)

Hotovely a demandé que Minerva supprime le ministère des Affaires étrangères de la liste de ses sponsors sur son site internet.

L’université Hébraïque a publié un communiqué démentant que le programme ait un parti pris politique.

« Le Centre Minerva est une institution universitaire, et non politique, qui jouit d’une réputation internationale et travaille dans le cadre de l’université Hébraïque pour promouvoir l’étude des droits de l’Homme », pouvait-on lire dans le communiqué.

« Dans le cadre des activités du programme, le centre expose les étudiants à différentes associations de défense des droits de l’Homme, ainsi qu’aux agences gouvernementales pertinentes, mais le programme ne soutient aucune des organisations, ni le gouvernement. »

La décision d’Hotovely a été prise alors que B’Tselem a été très critiquée pour sa participation vendredi à une session spéciale du Conseil de sécurité des Nations unies, pendant laquelle le directeur de l’ONG a critiqué la politique d’implantation israélienne.

De gauche à droite : le directeur exécutif de B'Tselem, Hagai El-Ad, Lara Friedman de Américains pour La Paix Maintenant, et le professeur François Dubuisson de l'Université libre de Bruxelles, pendant une rencontre du Conseil de sécurité des Nations unies sur les implantations israéliennes, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran UN TV)
De gauche à droite : le directeur exécutif de B’Tselem, Hagai El-Ad, Lara Friedman de Américains pour La Paix Maintenant, et le professeur François Dubuisson de l’Université libre de Bruxelles, pendant une rencontre du Conseil de sécurité des Nations unies sur les implantations israéliennes, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran UN TV)

Hagai El-Ad, le directeur de l’association, avait appelé les Nations unies à prendre des mesures contre les implantations de l’Etat juif, déclarant aux membres du Conseil de sécurité qu’Israël créait des faits sur le terrain avant tout accord de paix avec les Palestiniens. El-Ad a parlé de la « violence bureaucratique quotidienne et invisible » qui domine la vie des Palestiniens « du berceau à la tombe », notamment par le contrôle israélien sur les entrées et les sorties des territoires, et même sur les droits agricoles.

B’Tselem, ainsi que d’autres ONG de gauche, a déjà été accusé d’ébranler la légitimité d’Israël sur la scène internationale, et est à présent soumise à la loi dite de financement des ONG, qui obligent certaines associations à déclarer tous leurs financements provenant de l’étranger.

Le gouvernement a défendu la loi comme moyen de hausse de la transparence des interventions gouvernementales étrangères dans les affaires israéliennes, mais a été largement cloué au pilori par ses détracteurs en Israël et à l’étranger, qui affirment qu’ils ciblent les groupes de gauche et met à mal la liberté d’expression.

Samedi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est également ministre des Affaires étrangères, a déclaré que l’association avait rejoint les « chœurs du dénigrement » d’Israël avait dénoncé une organisation « marginale et déconnectée de la réalité ». Il a également menacé de modifier une loi pour interdire aux volontaires du service national de travailler avec l’ONG, mais le groupe a souligné qu’il n’avait eu qu’un seul volontaire par an, et qu’il n’y avait personne en ce moment.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...