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Les ambassadeurs d’Arabie et du Koweït de retour à Beyrouth après 5 mois d’absence

Les relations entre Beyrouth et les Etats arabes du Golfe se sont également tendues ces dernières années en raison de l'influence croissante du groupe terroriste du Hezbollah

Une manifestante anti-gouvernement crie des slogans en portant un masque aux couleurs du drapeau libanais à Beyrouth, au Liban, le 2 juillet 2020. (Hassan Ammar / AP)
Une manifestante anti-gouvernement crie des slogans en portant un masque aux couleurs du drapeau libanais à Beyrouth, au Liban, le 2 juillet 2020. (Hassan Ammar / AP)

Les ambassadeurs d’Arabie saoudite et du Koweït au Liban sont rentrés à Beyrouth vendredi, un peu plus de cinq mois après leur rappel à la suite d’une grave crise diplomatique opposant le pays à plusieurs monarchies du Golfe, selon l’agence de presse officielle libanaise.

L’ambassadeur saoudien au Liban Walid Boukhari est arrivé à Beyrouth vendredi après-midi, quelques heures après l’ambassadeur du Koweït Abdel Aal al-Kinai, a indiqué l’Agence nationale d’information (ANI).

Jeudi, le ministère saoudien des Affaires étrangères avait annoncé le retour de son ambassadeur à Beyrouth en « réponse aux appels des forces politiques modérées au Liban, et à l’engagement du gouvernement libanais à prendre les mesures nécessaires pour cesser toutes les activités (…) portant atteinte au royaume ».

Cette déclaration est intervenue dans la foulée de l’annonce d’un accord de principe entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Liban, frappé par une crise économique inédite, « ouvrant la voie aux donateurs », selon le Premier ministre libanais Najib Mikati.

Ryad avait rappelé son ambassadeur au Liban le 29 octobre après des déclarations du ministre libanais de l’Information critiquant l’intervention de la coalition militaire dirigée par l’Arabie au Yémen, et décidé d' »arrêter toutes les importations libanaises ».

Elle avait été suivie par les Emirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn, qui ont retiré leur diplomate par « solidarité ».

Les relations entre Beyrouth et les Etats arabes du Golfe se sont également tendues ces dernières années en raison de l’influence croissante du groupe terroriste du Hezbollah pro-iranien.

« Le problème va bien au-delà des simples commentaires d’un ministre », avait alors expliqué le chef de la diplomatie saoudienne en dénonçant « l’hégémonie du Hezbollah sur le Liban ».

Les pays du Golfe reprochent à l’époque à Beyrouth son manque de fermeté à l’égard du Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, accusé de soutenir les rebelles Houthis qu’ils combattent au Yémen depuis 2014.

Les Houthis comme le Hezbollah sont tous deux soutenus par l’Iran, grand rival de l’Arabie saoudite.

La crise avec les monarchies du Golfe avait constitué un coup dur pour le Liban, dont le nouveau gouvernement avait été formé en septembre après une impasse politique de 13 mois.

L’Arabie saoudite constituait le troisième marché d’exportation du Liban, représentant 6%  des exportations du pays en 2020, d’une valeur d’environ 217 millions de dollars, selon la chambre de commerce.

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