Les annexions ne se feront qu’avec le consentement américain – Netanyahu
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Les annexions ne se feront qu’avec le consentement américain – Netanyahu

Le Premier ministre a dit qu'Israël ne prendra aucune mesure "unilatérale" pour élargir la souveraineté israélienne sur les implantations et la vallée du Jourdain

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu plante un arbre au cours d'une cérémonie pour la fête juive de Bishvat, dans l'implantation de Mevoot Yeriho, en Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain, le 10 février 2020 (Crédit : Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu plante un arbre au cours d'une cérémonie pour la fête juive de Bishvat, dans l'implantation de Mevoot Yeriho, en Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain, le 10 février 2020 (Crédit : Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi qu’Israël n’élargirait la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain et dans certains secteurs de la Cisjordanie qu’avec l’accord de Washington, reculant encore d’un pas de ses déclarations initiales d’une mise en oeuvre rapide de cette initiative.

De nombreux leaders d’implantations ainsi que le ministre de la Défense Naftali Bennett ont poussé Netanyahu à lancer sans délai le processus d’élargissement de la souveraineté – qui s’apparente à une annexion – depuis que le président américain Donald Trump l’a autorisée dans son plan de paix dévoilé le mois dernier.

Mais Washington a depuis clairement établi que Jérusalem devait attendre au moins les prochaines élections prévues le 2 mars au sein de l’Etat juif avant d’entreprendre une quelconque démarche.

S’exprimant lors d’une cérémonie au sein de l’implantation de Mevoot Yeriho, dans la vallée du Jourdain, au cours de laquelle le Premier ministre a planté un arbre pour marquer Tu Bishvat, la fête juive dédiée au nouvel an des arbres, Netanyahu a affirmé que le consentement des Palestiniens à l’initiative d’élargissement de la souveraineté n’était pas nécessaire.

« Nous ferons cela avec l’aval des Américains parce que ce que nous ferons ne sera pas unilatéral », a déclaré Netanyahu aux membres du conseil régional de la vallée du Jourdain.

« Trump a dit qu’il reconnaîtra la souveraineté dans la vallée du Jourdain, dans le secteur nord de la mer Morte et dans toutes les implantations de Judée et Samarie », a-t-il ajouté. « Cela ne dépend aucunement de l’accord des Palestiniens. Nous nous occupons actuellement des cartographies ».

Le Premier ministre a fait remarquer que Trump avait honoré sa promesse de reconnaître Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif et concernant également le transfert de l’ambassade dans la ville sainte en 2017, qu’il avait aussi reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et retiré les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran en 2018 – des initiatives qui avaient toutes été fortement soutenues par Netanyahu.

« Il dit maintenant qu’il reconnaîtra la souveraineté lorsque nous aurons terminé le travail auquel nous nous consacrons pleinement actuellement », a continué Netanyahu.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, lors d’un briefing organisé par le Jerusalem Center for Public Affairs, le 9 février 2020. (Matty Stern/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)

Parmi les personnes présentes lors de cette réunion, le président du conseil régional de la vallée du Jourdain, David Elhayani qui, vingt-quatre heures auparavant, avait appelé le Premier ministre à annexer les territoires dans les meilleurs délais.

Dimanche, l’ambassadeur américain David Friedman avait fait savoir que les Etats-Unis n’apporteraient pas leur soutien à une annexion immédiate et non-coordonnée. Il avait averti le gouvernement israélien de s’abstenir de faire appliquer sa souveraineté dans les secteurs concernés de la Cisjordanie avant le scrutin du 2 mars, citant Trump qui avait demandé la création d’une commission bilatérale qui serait en charge d’effectuer l’ouvrage de cartographie avant que Jérusalem n’obtienne le feu vert pour son initiative d’annexion.

« Je ne suis pas en train de suggérer que le gouvernement d’Israël ne doit pas faire ce qu’il veut. Israël est un État souverain. Mais les gens doivent savoir que si la position du président est simplement ignorée, nous ne serons pas en mesure d’aller de l’avant », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’information au Jerusalem Center for Public Affairs, un groupe de réflexion de type « faucon ».

Friedman avait paru également reconnaître publiquement et pour la première fois que Jérusalem avait reçu des messages contradictoires de l’administration américaine le calendrier de mise en oeuvre de l’annexion par Israël.

Le conseiller du président américain Donald Trump, Jared Kushner, lors d’une interview à la Maison Blanche à Washington, le 29 janvier 2020. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

Quelques instants seulement après le dévoilement de l’accord de paix le 28 janvier, Netanyahu avait déclaré aux journalistes que son cabinet voterait en faveur de l’annexion « dès la semaine suivante ». Friedman avait semblé soutenir cette déclaration, disant aux journalistes que « Israël n’a pas besoin d’attendre du tout » lorsqu’il lui avait été demandé si une « période d’attente » devait s’écouler avant que le pays puisse étendre sa souveraineté à la vallée du Jourdain et aux implantations.

Peu de temps après, le conseiller principal du président, Jared Kushner, l’artisan principal du plan de paix, avait apparemment contredit Friedman, affirmant clairement dans une série d’interviews que la Maison Blanche s’attendait à ce qu’Israël n’annexe aucune zone avant que le travail de la commission bilatérale ne soit terminé.

Kushner avait indiqué qu’il faudrait à peu près « deux mois » pour terminer le travail sur des cartes détaillées de la Cisjordanie avant que l’Etat juif ne soit en mesure d’annexer les implantations israéliennes et la vallée du Jourdain.

Après un déjeuner durant lequel Kushner avait informé les membres du Conseil de sécurité de l’ONU sur le plan de paix, l’envoyé américain avait dit à un petit nombre de journalistes que lui et son équipe annonceraient rapidement la formation de la commission américano-israélienne qui serait chargée de transformer la « carte conceptuelle » en carte plus détaillée avec pour objectif de s’assurer qu’il y aurait une « possibilité de territoire contigu » pour la formation d’un État palestinien.

Pendant les deux mois environ qu’il faudrait aux équipes techniques pour finaliser la carte, avait continué Kushner, lui-même et son équipe rencontreraient les gouvernements du Moyen-Orient et européens pour leur expliquer davantage le plan.

Les Palestiniens ont rejeté avec colère la proposition de paix américaine.

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