Les autorités guatémaltèques perquisitionnent le quartier secret d’un culte juif
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Les autorités guatémaltèques perquisitionnent le quartier secret d’un culte juif

Des membres de Lev Tahor sont suspectés de maltraitance d’enfants ; le ministère israélien des Affaires étrangères suit l’affaire

Des membres de la secte juive Lev Tahor quittent la ville guatémaltèque de San Juan La Laguna après leur expulsion en août 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Des membres de la secte juive Lev Tahor quittent la ville guatémaltèque de San Juan La Laguna après leur expulsion en août 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Mardi, les autorités guatémaltèques ont perquisitionné la propriété d’un mouvement juif ultra-orthodoxe après avoir reçu des informations selon lesquelles les dirigeants de la secte maltraitent les enfants, a annoncé la radio publique israélienne.

Une information non confirmée annonce que les enfants ont été éloignés du quartier, dans lequel vivent les 200 membres du mouvement Lev Tahor en autarcie totale, selon le quotidien Haaretz.

Un autre reportage indique que des responsables israéliens étaient présents durant l’opération.

Dans un communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé que les autorités israéliennes étaient en contact direct avec les autorités guatémaltèques au sujet de cette affaire, et suivaient son évolution de près.

« Les autorités guatémaltèques ont récemment décidé d’enquêter sur des membres de la communauté, en raison de suspicion de crimes sérieux, notamment à l’encontre de mineurs, qui seraient perpétrés au sein même du quartier dans lequel ils vivent », a déclaré le ministère.

Un enfant membre du mouvement ultra-orthodoxe Lev Tahor, à Guatemala City, le 2 septembre 2014. (crédit : AFP/Johan Ordonez)
Un enfant membre du mouvement ultra-orthodoxe Lev Tahor, à Guatemala City, le 2 septembre 2014. (crédit : AFP/Johan Ordonez)

Il a ajouté que la plupart des 200 membres de Lev Tahor sont mineurs.

La communauté vit dans ce pays d’Amérique centrale depuis mars 2014.

Leur refus de s’intégrer à la communauté locale a suscité la colère des habitants durant leur séjour dans le village de San Juan La Laguna, à environ 150 km à l’ouest de Guatemala City.

En 2014, le maire de San Juan La Laguna a tenté d’expulser cette communauté très controversée après des querelles d’ordre religieux, bien qu’il ait ensuite été inculpé d’avoir « participé à l’expulsion d’une communauté religieuse ».

Le groupe a effectivement quitté San Juan La Laguna et réside actuellement dans la neuvième zone de Guatemala City, là où la perquisition a eu lieu.

Plusieurs enquêtes ont déjà été menées sur cette communauté, surnommée « les talibans juifs », après des témoignages d’actes de violences et de mariages de mineurs.

Au Guatemala, la loi autorisait le mariage dès l’âge de 14 ans au moment où Lev Tahor s’est installé. Il a été repoussé à 18 ans en novembre dernier.

La communauté était dirigée par le rabbin israélien Shlomo Helbrans, qui a quitté Israël en 1990. À cette époque, il a passé deux ans dans les prisons américaines pour avoir enlevé un jeune garçon. Plus tard, sa communauté s’est installée au Québec, puis dans l’Ontario (Canada). Certains membres ont ensuite pris la direction du Guatemala.

Récemment, des proches des disciples de Tahor ont fait état d’usage de la violence, de mariages forcées entre très jeunes filles et hommes plus âgés, de châtiment corporels et d’usage de médicaments psychiatriques, a annoncé Haaretz.

Les membres de Lev Tahor n’ont pas recours à la technologie, et les femmes portent des robes noires les couvrant de la tête aux pieds, laissant seulement leur visage visible. Les dirigeants manifestent un antisionisme très virulent.

Aujourd’hui, le Guatemala compte 1 200 juifs, pour une population de 15 millions de personnes.

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