Israël en guerre - Jour 196

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Les boulangeries détruites par les bombardements de Gaza exacerbent la crise alimentaire

Face à la faim aggravée par la destruction des boulangeries, la population tente de survivre en mangeant des feuilles et des cactus

Des Palestiniens se battant pour acheter du pain dans une boulangerie, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 19 février 2024. (Crédit : Mohammed Dahman/AP)
Des Palestiniens se battant pour acheter du pain dans une boulangerie, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 19 février 2024. (Crédit : Mohammed Dahman/AP)

Les décombres de la boulangerie de Kamel Ajour, à Gaza, illustrent les raisons pour lesquelles les personnes affamées du nord de l’enclave bombardée en sont réduites à manger des feuilles de cactus crues après cinq mois de guerre.

Le pain est essentiel pour remédier à la faim de la population palestinienne, mais selon l’ONU, dans le nord de Gaza, un enfant sur six souffre de grave malnutrition, alors que la plupart des boulangeries se trouvent sous les décombres des frappes israéliennes et les cargaisons de farine se font rares.

« Nous avons cinq boulangeries. Celle-ci a été bombardée et d’autres sont endommagées. Nous avons trois boulangeries susceptibles de fonctionner de nouveau », explique Ajour dans une vidéo obtenue par Reuters dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans la ville de Gaza, dans le nord de l’enclave.

Une grue enlève l’équipement qu’Ajour souhaite sauver des ruines. À l’intérieur, dans les décombres, les fours et plateaux de métal sont en miettes.

Une proposition israélienne de cessez-le-feu, actuellement examinée par le Hamas, permettrait l’acheminement de matériels de boulangerie et de combustible pour faire fonctionner les fours.

« Il est très important d’obtenir un cessez-le-feu pour que les boulangeries fonctionnent à nouveau et que nous puissions trouver quelque chose à manger, pour nos enfants, nos proches, nos familles », explique Basel Khairuldeen dans la ville de Gaza.

Les boulangeries détruites ou à l’arrêt, faute de combustible, ont conduit des personnes à faire du pain elles-mêmes, comme elles le pouvaient, avec du bois récupéré dans des bâtiments en ruine.

La farine, même en petite quantité, est très difficile à trouver et trop chère. Les gens font du pain en utilisant des aliments pour animaux ou des graines pour oiseaux. La plupart disent manger une fois par jour, au maximum.

Assise près d’une maison encore intacte à Jabalia, la famille Awadeya mange les feuilles des figuiers de barbarie pour tromper la faim. Les figues sont depuis longtemps largement consommées dans tout le pourtour méditerranéen, mais les feuilles du figuier, épaisses et ligneuses, ne sont normalement consommées, broyées, que par les animaux.

Dans son fauteuil roulant, Marwan al-Awadeya retire les épines des cactus et en coupe des morceaux pour lui-même et deux jeunes enfants, dans une vidéo obtenue par Reuters.

« Nous vivons avec la faim. Nous avons épuisé toutes nos réserves. Il n’y a plus rien à manger », confie-t-il, ajoutant avoir perdu 30 kg depuis le début du conflit.

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