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Les chefs d’implantations furieux contre Elhayani pour son soutien à la coalition

Aligné sur le Likud, des dizaines de représentants du Conseil demandent la démission d’Elhayani pour avoir refusé de soutenir le boycott de l'opposition sur la loi en Cisjordanie

Le président du conseil régional de la vallée du Jourdaine David Elhayani. (Crédit : Hadas Forush/Flash90)
Le président du conseil régional de la vallée du Jourdaine David Elhayani. (Crédit : Hadas Forush/Flash90)

Des dizaines de représentants de conseils locaux des implantations ont signé une lettre demandant la démission du chef de l’organisation faîtière des implantations de Yesha, après avoir demandé le soutien d’un projet de loi crucial pour le mouvement des habitants des implantations.

La coalition n’a pas réussi à faire passer le projet de loi la semaine dernière, et a déclaré qu’elle pourrait essayer de le soumettre à un autre vote cette semaine. La mesure actuelle expire le 30 juin.

Tous les partis de droite à la Knesset soutiennent idéologiquement le projet de loi, qui vise à renouveler une vieille mesure qui étend la loi israélienne aux habitants de Cisjordanie, mais les partis d’opposition votent contre afin d’embarrasser et d’aider à faire tomber le gouvernement actuel. Les représentants des conseils sont furieux contre David Elhayani parce qu’il a refusé de s’aligner à l’opposition pour s’opposer au projet de loi.

Les membres ont exhorté leurs conseillers à se retirer du Conseil de Yesha jusqu’au départ du président Elhayani. La lettre précise que la question devrait être soulevée lors de la prochaine réunion du Conseil de Yesha.

Elhayani est membre du parti Tikva Hadasha de la coalition. Le leader de ce parti, le ministre de la Justice Gideon Saar, avait déclaré que l’adoption du projet de loi serait un test de la capacité de survie du gouvernement, et Elhayani a publié une lettre implorant les partis d’opposition de droite de soutenir la législation.

Le chef de l’opposition, le Likud, et d’autres partis alliés ont toutefois juré de ne soutenir aucune loi soutenue par la coalition, quelle que soit son idéologie. Le projet de loi a été rejeté la semaine dernière, certains députés de la coalition ayant aussi voté contre, ou ayant sauté le vote, accentuant la fragilité du gouvernement à la Knesset, où il n’a plus la majorité et ne détient que 60 sièges, soit autant que l’opposition.

De nombreux conseils de Cisjordanie se sont aussi opposés au projet de loi, même s’il est à leur avantage, car ils estiment que sa non-adoption accélèrera la chute du gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett – une alliance de partis de gauche, du centre et de droite, ainsi que de Raam, un parti islamiste.

Certains conseils des implantations avaient déjà soutenu la campagne contre Elhayani, dont Kiryat Arba, qui a voté pour à l’unanimité dimanche.

Kiryat Arba a déclaré dans un communiqué qu’il demandera la démission d’Elhayani parce que Yesha « a besoin d’un leader qui soutient un gouvernement basé sur les valeurs de la droite du camp nationaliste, un leader qui représente l’esprit nationaliste et les implantations en Terre Sainte ».

L’implantation de Beit El a aussi voté en faveur de cette stratégie. Le maire Shai Alon a déclaré au quotidien Israel Hayom que la situation avait atteint un point où « pour le bien des implantations, le président du conseil [de Yesha] doit se démettre de ses fonctions. »

Le ministre de la Justice Gideon Saar dirigeant une réunion de la faction Tikva Hadasha à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Oded Revivi, maire d’Efrat, l’une des plus grandes implantations, a aussi déclaré qu’il était favorable à un changement à la tête de Yesha, bien qu’il n’ait pas mentionné Elhayani par son nom, a rapporté le site Web religieux Kipa.

La campagne contre Elhayani est menée par le mouvement Melukadim, qui se décrit comme la plate-forme pour les groupes nationalistes au sein du Likud, parti dirigé par le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu.

Melukadim a déclaré dans un communiqué qu’Elhayani « ne représente pas la nette majorité des résidents [de Cisjordanie] et crée un fossé avec le reste du camp nationaliste ».

Elhayani, qui est aussi président du Conseil régional de la vallée du Jourdain, est devenu le leader de Yesha en 2019.

La mesure que la coalition cherche à renouveler a été promulguée après la guerre des Six Jours en 1967. Elle étend le droit pénal et civil israélien à ses citoyens vivant dans les implantations de Cisjordanie, leur permettant d’être jugés par des tribunaux civils et de conserver l’accès aux systèmes d’assurance médicale israéliens. Les Palestiniens vivant en Cisjordanie restent soumis au droit militaire israélien, lui-même basé sur le droit jordanien d’avant 1967 en Cisjordanie.

Le projet de loi a échoué lors d’un vote dramatique lundi dernier après que Ghaida Rinawie Zoabi, députée du Meretz, et Mazen Ghanayem, député de Raam, ont voté contre. D’autres élus de Raam, ainsi que la députée rebelle de Yamina, Idit Silman, étaient absents du plénum. L’échec du projet de loi a mis en danger les chances d’adopter la mesure avant la date limite du 30 juin et a mis davantage en péril la coalition chancelante.

Saar a mis en garde contre le risque de chaos juridique pour les résidents des implantations si la loi, une « mesure d’urgence » renouvelée tous les cinq ans, n’est pas réapprouvée. Il a déclaré vouloir soumettre le projet de loi à un nouveau vote cette semaine, mais il lui manque apparemment une majorité de députés pour le faire passer.

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