Israël en guerre - Jour 142

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Les conseils locaux exhortent les ministres à renoncer aux coupes budgétaires

Dans une lettre adressée à Netanyahu et Smotrich, ils signalent que cela les empêchera de fournir les services cruciaux liés à l'éducation et à l'aide sociale en temps de guerre

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s'exprime lors d'une conférence à Jérusalem, le 11 janvier 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s'exprime lors d'une conférence à Jérusalem, le 11 janvier 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Dans une lettre au ton ferme, la Fédération des autorités locales a exhorté vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich à ignorer une proposition visant à réduire de plusieurs milliards de shekels les dépenses de l’ensemble des ministères dans le budget de l’État pour 2024 que le gouvernement s’apprête à voter dimanche.

Dans la lettre, les chefs de 257 autorités locales représentant tous les secteurs ont averti que les réductions budgétaires proposées pour revoir le budget de 2024 portent « un coup fatal aux citoyens de l’État d’Israël et à la capacité des autorités locales à fournir des services à leurs résidents ».

Le cabinet devrait discuter et procéder à un vote dimanche sur les amendements proposés au budget 2024, qui sont nécessaires pour compenser les dépenses et les frais supplémentaires destinés à financer les coûts croissants de la guerre actuelle entre Israël et le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza, qui a éclaté à la suite des atrocités du 7 octobre.

« Alors que le pays traverse la période la plus difficile qu’il ait jamais connue, que la sécurité des citoyens et la résistance nationale se fissurent, que des milliers d’habitants et d’adolescents du nord et du sud sont privés de leur logement, ne vont plus à l’école et arpentent les rues sans rien à faire, le gouvernement a décidé de réduire les programmes éducatifs essentiels, de réduire les budgets des autorités locales dans la périphérie, dans les villes en développement et des différentes communautés, y compris les Arabes, les Druzes, les Circassiens et les Bédouins », écrivent les responsables des autorités locales dans la lettre.

« La réduction prévue du budget de l’État pour 2024 affecte directement les populations qui ont le plus besoin de soutien et d’investissement », poursuit la lettre.

Le président de la Fédération des autorités locales, Haim Bibas, a critiqué les coupes budgétaires proposées comme « rien de moins qu’une déconnexion complète, un mépris pour la contribution de ceux qui ont interrompu leur vie le 7 octobre et qui, depuis, se battent pour nos vies et notre sécurité. »

Les députés de la commission des finances de la Knesset votent sur le budget supplémentaire pour supporter les coûts de la guerre contre le Hamas à Gaza, le 12 décembre 2023. (Noam Moskowitz/Département du porte-parole de la Knesset)

Dans la lettre, les autorités locales se sont fermement opposées à la proposition de réduire de 800 millions de shekels le budget de l’éducation, ce qui, selon elles, entraînerait la fermeture de salles de classe, augmenterait le nombre d’élèves à 40 par classe, diminuerait les résultats scolaires, nuirait aux jeunes à risque et creuserait les écarts sociaux.

« Au vu de la dure réalité qui nous est imposée, le système éducatif traverse une période difficile », écrivent-ils dans la lettre. « Le système s’occupe chaque jour d’enfants gravement traumatisés par les bombardements et de dizaines de milliers d’élèves qui ont été évacués de leur domicile. »

Dans la lettre, les autorités locales critiquent également la réduction prévue au sein du ministère de la Protection et des Affaires sociales, qu’elles qualifient de « décision inimaginable et irréaliste ».

« En cette période où les travailleurs sociaux travaillent jour et nuit pour répondre aux besoins sans cesse croissants de la population directement et indirectement touchée par l’assaut du 7 octobre, le ministère des Finances choisit de réduire les budgets d’aide sociale destinés à prendre soin de ces personnes et de leurs familles », écrivent-ils dans la lettre.

Selon un article du quotidien Haaretz, le ministère des Finances aurait prévu de réduire de 78 millions de shekels le budget du ministère des Affaires sociales, ce qui aurait un impact considérable sur ses programmes, en particulier ceux destinés aux survivants des massacres du 7 octobre perpétrés par le Hamas.

En raison de la guerre, Israël a approuvé en décembre des modifications au budget 2023, mais doit à présent modifier également le budget pour 2024, compte tenu des coûts considérables du conflit en cours.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s’entretenant avec le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, à Jérusalem, le 18 décembre 2023. (Crédit : GPO)

Des articles parus dans la presse israélienne en hébreu indiquent que le ministère des Finances propose une réduction générale de 5 % des dépenses de tous les ministères dans le budget 2024, ce qui représente 3,6 milliards de shekels. Une partie des amendements consisterait à supprimer 2,5 milliards de shekels des fonds de coalition – des fonds discrétionnaires réservés aux projets privilégiés par les députés et les ministres.

Parmi les autres changements proposés pour faire face aux coûts de la guerre, il y a l’augmentation d’une taxe sur les véhicules électriques et une augmentation du prix des cigarettes.

Une réduction significative de 7,4 milliards de shekels pour les infrastructures a également été proposée, ce qui risque de perturber plusieurs projets de développement des transports publics, notamment l’annulation du tram Haïfa-Nazareth et un report du service de bus rapide Kiryat Ata Metronit, selon la Treizième chaîne.

La ministre de l’Environnement, Idit Silman, s’est insurgée ces derniers jours contre ces propositions, déclarant que le court préavis était sans précédent et que son ministère n’accepterait pas la manière désorganisée de travailler du Trésor. Silman a prévenu que les taxes prévues dans le document nuiront aux entreprises ainsi qu’aux segments les plus faibles de la société et causeraient « de graves dommages à l’environnement ».

Les propositions, qui n’ont pas été coordonnées avec le ministère, n’encourageront ni l’investissement, ni la croissance, ni la transition nécessaire vers des technologies propres, a-t-elle ajouté, citant l’augmentation prévue de la taxe d’achat sur les véhicules électriques comme exemple d’une vision régressive du monde.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, parlant avec le ministre du cabinet de guerre Benny Gantz lors d’une discussion et d’un vote sur la mise à jour du budget de l’État au plénum de la Knesset, à Jérusalem, le 14 décembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre du cabinet de la guerre, Benny Gantz, a déclaré mercredi que son parti HaMahane HaMamlahti n’avait pas encore décidé comment il voterait lors du prochain vote d’amendement du budget, et a ajouté que le gouvernement devait minimiser ses dépenses sur les fonds de la coalition – les sommes distribuées dans le cadre de promesses politiques.

« Pendant des mois, le Premier ministre et le ministre des Finances nous ont dit ‘il y a assez d’argent pour tout le monde' », a publié le chef de l’opposition, Yair Lapid, sur X mercredi, en fustigeant les projets de budget.

« Il n’y a jamais eu de gouvernement aussi irresponsable en Israël », a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, a appelé mercredi Netanyahu à maintenir la discipline fiscale avant le vote du cabinet.

Depuis des semaines, Yaron exhorte le gouvernement à ne pas dépenser de manière excessive, tout en réduisant les dépenses non liées à la guerre.

« Il n’y a pas de déjeuner gratuit », a écrit Yaron dans une lettre adressée à Netanyahu et dont Reuters a eu connaissance, soulignant que les marchés surveillent les responsables de la politique budgétaire.

La Banque d’Israël estime que la guerre de Gaza coûtera 210 milliards de shekels pour la défense et les indemnisations, sans compter la perte de revenus pour les résidents proches des frontières de Gaza et du Liban qui ont été déplacés suite aux tirs de roquettes transfrontaliers qui durent depuis des mois.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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