Les déboires judiciaires des dirigeants israéliens
Rechercher

Les déboires judiciaires des dirigeants israéliens

Avant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, jugé pour corruption, trois autres dirigeants israéliens ont été impliqués dans des affaires judiciaires

L'ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert lors d’une audience au tribunal de district de Jérusalem, le lundi 30 mars 2015. (Crédit : AP / Abir Sultan)
L'ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert lors d’une audience au tribunal de district de Jérusalem, le lundi 30 mars 2015. (Crédit : AP / Abir Sultan)

Avant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, jugé pour corruption, trois autres dirigeants israéliens ont été impliqués dans des affaires judiciaires qui les ont conduits à la démission et, pour certains, en prison.

Benjamin Netanyahu est toutefois le premier à comparaître devant un tribunal durant son mandat.

Ezer Weizman

En juillet 2000, le président Ezer Weizman, général d’aviation et ancien commandant de l’armée de l’air, démissionne.

Sa chute est provoquée par des révélations selon lesquelles il aurait reçu dans les années 1980, alors qu’il était député et ministre, des « cadeaux » d’un montant de 450.000 dollars de la part de l’homme d’affaires français Edouard Saroussi.

President Ezer Weizman during a 1998 interview in his Jerusalem residence (photo credit: Flash90)
Le président Ezer Weizman lors d’une interview en 1998 dans sa résidence à Jérusalem (Crédit photo: Flash90)

Weizman, premier président israélien à être interrogé par la police comme suspect, échappe de peu à des poursuites judiciaires, la police recommandant de classer le dossier « faute de preuves ».

Mais elle estime que le chef de l’Etat s’est rendu coupable de « fraude » et « d’abus de confiance », délits couverts par la prescription.

Le président de la Knesset, Avraham Burg, lui fait alors comprendre que la seule façon d’éviter l’ouverture d’une humiliante procédure de destitution à son encontre est de partir de lui-même.

Il est mort le 24 avril 2005, à 81 ans.

Moshe Katsav

En juin 2007, le président Moshé Katzav, impliqué dans un scandale sexuel sur des faits datant de l’époque où il était ministre, démissionne.

La machine judiciaire se met en route en 2006, quand cette figure du Likud élue président en 2000, se plaint auprès du procureur général d’une tentative de chantage de la part d’une de ses anciennes secrétaires, qui l’accuse de viol.

L’ancien président Moshe Katsav (à gauche), condamné à sept ans de prison pour viol, avec sa femme, Gila, alors qu’il quitte la prison Maasiyahu pour une permission pour Pessah, le 3 avril 2015. (Crédit : Flash90)

Le plaignant devient vite suspect. Les témoignages se multiplient et d’autres femmes l’accusent d’avoir abusé de ses fonctions pour se livrer à une série d’agressions sexuelles.

En décembre 2010, il est reconnu coupable, notamment de viols à l’encontre de deux de ses collaboratrices à l’époque où il était ministre du Tourisme dans les années 1990, de harcèlements sexuels, de subornation de témoins et d’entraves à la justice.

Condamné à sept ans de prison pour viols, il est libéré en décembre 2016 à 71 ans après avoir obtenu une remise de peine.

Ehud Olmert

La chute du Premier ministre Ehud Olmert, arrivé au pouvoir en 2006, commence en juillet 2008 quand, de plus en plus fragilisé par des accusations de corruption, il renonce à se présenter aux élections primaires de son parti Kadima (centre) et donc, de facto, aux fonctions de Premier ministre.

Il démissionne du poste de Premier ministre en septembre mais restera encore six mois en fonction.

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert s’exprime lors d’une conférence à Tel Aviv, le 7 février 2018. (Flash90)

L’ex-chef du gouvernement est condamné en 2015 à dix-huit mois de prison ferme pour des pots-de-vin touchés dans le cadre du pharaonique projet immobilier Holyland à Jérusalem, lorsqu’il était maire de 1993 à 2003.

A cette peine se sont ajoutés huit mois de prison ferme pour avoir perçu et dissimulé des dizaines de milliers de dollars de l’homme d’affaires américain Morris Talansky alors qu’il était ministre du Commerce et de l’Industrie.

Il écope aussi d’un mois ferme pour entrave à la justice, portant sa condamnation à un total de 27 mois de prison.

Il devient le premier ancien chef de gouvernement à se retrouver derrière les barreaux. Après un an et quatre mois de détention, il est libéré le 2 juillet 2017 grâce à une remise de peine.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...