Les détecteurs de métaux retirés, comment fonctionne maintenant la sécurité au mont du Temple ?
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Les détecteurs de métaux retirés, comment fonctionne maintenant la sécurité au mont du Temple ?

Netanyahu veut que les gardes utilisent des baguettes portatives pour contrôler tous les fidèles du site. La police affirme qu'ils vérifieront les intrus suspects. Dans la pratique, presque personne ne se rend sur place

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une photo prise le 17 juillet 2017 montre le complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem (Crédit :  AFP Photo/Thomas Coex)
Une photo prise le 17 juillet 2017 montre le complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem (Crédit : AFP Photo/Thomas Coex)

L’attaque terroriste mortelle survenue à l’extérieur du site du mont du Temple à Jérusalem le 14 juillet, dans laquelle deux policiers ont été abattus par trois Israéliens arabes avec des armes à feu qui avaient été introduites clandestinement sur le site sacré, démontre un besoin évident d’améliorer les mesures de sécurité sur ce site de la Vieille Ville, comme l’a souligné la Maison Blanche.

Après l’attaque, le mont du Temple a été fermé aux visiteurs pendant deux jours. Lorsqu’il a rouvert, les nouveaux dispositifs de sécurité se formaient d’un ensemble de détecteurs de métaux auquel s’est rajouté plus tard un dispositif de caméras haute résolution.

À la suite de manifestations à grande échelle survenues dans les quartiers arabes de la capitale et dans le cadre d’un accord avec la Jordanie, Israël a retiré mardi matin les détecteurs de métaux et les appareils nouvellement installés depuis l’entrée principale du mont du Temple, la Porte des Lions (appelée aussi Porte des Tribus par les fidèles). Les fonctionnaires musulmans, cependant, prétendent qu’il y a cinq nouvelles caméras encore en exploitation.

Parallèlement à l’annonce faite autour de la suppression des détecteurs et des caméras, le gouvernement a également déclaré qu’il investirait environ 100 millions de shekels dans un nouveau système de surveillance, qui sera achevé dans un délai de six mois.

Comment la sécurité est-elle assurée au mont du Temple dans l’intervalle ?

La police a maintenu une présence accrue à l’entrée du site sacré et dans toute la Vieille Ville. Le nombre exact d’officiers en service et où ils sont stationnés change en fonction des évaluations situationnelles.

Au lieu de détecteurs de métaux, les officiers sont équipés de baguettes de détection de métal pour contrôler les fidèles.

Mardi soir, le site Walla a rapporté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait chargé le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, de faire arrêter et contrôler tous les fidèles musulmans. Le mercredi matin, le bureau de Netanyahu a confirmé que le Premier ministre avait demandé des contrôles individuels et manuels pour tous ceux qui cherchaient à entrer sur le site.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 8 octobre 2015, aux côtés de Gilad Erdan (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 8 octobre 2015, aux côtés de Gilad Erdan (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

En pratique, il y avait quelques potentiels (et précieux) candidats à la vérification manuelle mercredi. Mais si des masses de fidèles devaient converger sur le site, une telle procédure ne serait pas possible. Des sources provenant de la police auraient déclaré à la Deuxième chaîne mercredi que la demande du Premier ministre n’était donc « pas mise en œuvre ».

Selon les propos rapportés d’un fonctionnaire de la police qui s’est exprimé mercredi, les officiers à l’extérieur du mont du Temple n’inspectent pas toute personne souhaitant se rendre sur le site sacré, mais seulement ceux qui sont soupçonnés. Par exemple, un homme de 18 ans portant un manteau d’hiver par une chaleur de 36°C, mercredi, justifierait d’autres contrôles, alors qu’une femme de 85 ans certainement pas.

Cet aspect de la situation sécuritaire à l’extérieur du mont du Temple n’a pas changé depuis que le site a rouvert le 16 juillet. Lorsque les portiques de détecteurs à métaux étaient en place, ils n’étaient utilisés qu’au cas par cas, a déclaré la police durant cette période.

Six des portes du site restent fermées. Pour les fidèles musulmans, l’entrée principale, la Porte des tribus, est ouverte. Les non-Musulmans peuvent également visiter le mont du Temple via la Porte des Maghrébins.

Alors que les caméras nouvellement installées ont été retirées, les caméras qui étaient déjà en place avant l’attaque terroriste (comme celles qui ont capturé les images du tir lui-même) n’ont pas été enlevées, a déclaré le responsable de la police.

Bien que ce ne soit pas directement une question liée à la sécurité, depuis vendredi dernier, la police a également refusé d’autoriser l’entrée des journalistes dans des parties de la Vieille Ville et a expulsé ceux qui étaient déjà dans ces zones.

Un système de balustrades destiné à diriger le flux de fidèles vers le mont du Temple reste en place à l’extérieur de la Porte des Tribus, tout comme l’échafaudage où les nouvelles caméras avaient déjà été installées.

Les forces de sécurité israéliennes se tiennent aux côtés des fidèles musulmans palestiniens qui prient à l'extérieur de la Porte des Lions, près d'une entrée principale du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 24 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad GHARABLI)
Les forces de sécurité israéliennes se tiennent aux côtés des fidèles musulmans palestiniens qui prient à l’extérieur de la Porte des Lions, près d’une entrée principale du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 24 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad GHARABLI)

Ces infrastructures continuent d’être un point critique pour les responsables musulmans, qui ont déclaré mercredi qu’ils continueront leurs protestations et demanderont aux fidèles de ne pas visiter le mont du Temple jusqu’à ce qu’ils soient enlevés.

Les appels à la protestation du Waqf, un organisme jordanien qui administre le site, ont été suivis. Très peu de fidèles sont montés sur le site sacré depuis qu’il a rouvert dimanche dernier et ceux qui l’ont fait ont été raillés et pris à partie par les manifestants.

Les prières quotidiennes assorties de protestations à l’extérieur du mont du Temple et de la Vieille Ville ont continué sans relâche, jusqu’à l’escalade, et des affrontements ont eu lieu avec des policiers.

Les pires violences se sont produites le week-end dernier, sous la forme d’une attaque terroriste dans une implantation juive près de Ramallah et lors d’émeutes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Vendredi, qui marque un temps fort de la semaine religieuse, où plusieurs fidèles visitent généralement le mont du Temple, a vu trois habitants de Jérusalem-est tués lors d’ affrontements avec la police. Samedi, deux Palestiniens sont morts lors d’émeutes en Cisjordanie, l’un d’eux d’un cocktail Molotov qu’il envisageait de jeter aux forces de sécurité israéliennes et qui a explosé prématurément.

Yosef, Elad et Chaya Salomon (Crédit : autorisation)
Yosef, Elad et Chaya Salomon (Crédit : autorisation)

Vendredi soir, un terroriste palestinien a également pénétré dans la colonie de Halamish et est entré dans la maison de la famille Salomon, où il a poignardé à mort le grand-père Yosef, 70 ans, et deux de ses enfants, Elad, 36 ans, et Chaya, 46 ans.

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