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Les édulcorants nuisent aux bactéries intestinales – étude en Israël

Trois édulcorants très courants causent une "rupture de la communication" entre les microbes, ce qui peut augmenter le risque d'obésité, de diabète et de problèmes digestifs

Illustration : Un récipient contenant des sachets d'édulcorant artificiel (Crédit : BigRedCurlyGuy ; iStock by Getty Images)
Illustration : Un récipient contenant des sachets d'édulcorant artificiel (Crédit : BigRedCurlyGuy ; iStock by Getty Images)

Les édulcorants artificiels provoquent une « rupture de la communication » entre les bactéries intestinales, modifiant le microbiote et augmentant potentiellement le risque de maladie, selon des scientifiques israéliens.

Les bactéries intestinales maintiennent les gens en bonne santé, mais pour ce faire, elles doivent être présentes dans un bon équilibre. Cet équilibre est maintenu en partie par un mécanisme de communication utilisé par les bactéries, appelé quorum sensing, qui permet aux bactéries de détecter et de répondre à la densité de la population cellulaire en régulant leurs propres gènes, ce qui affecte leur comportement.

« Les édulcorants artificiels perturbent cette communication, ce qui indique que les édulcorants artificiels peuvent être problématiques à long-terme », a déclaré la Dr Karina Golberg, qui a dirigé l’étude publiée dans l’International Journal of Molecular Sciences.

Les édulcorants artificiels sont largement utilisés dans l’industrie alimentaire et des boissons. Diverses études ont soulevé des problèmes de santé à leur sujet, mais Mme Golberg a déclaré que son étude visait à déterminer comment, exactement, les édulcorants pouvaient affecter la santé.

Son équipe a exposé des bactéries à des édulcorants approuvés par la Food and Drug administration (FDA) dans des conditions de laboratoire. Elle a utilisé des bactéries émettrices de lumière dont l’émission de lumière était réduite si la communication bactérienne était perturbée. Elle a constaté que les trois édulcorants les plus courants – la saccharine, l’aspartame et le sucralose – entravaient tous la communication bactérienne.

Trois édulcorants moins courants, l’acésulfame de potassium (Ace-K), l’advantame et le néotame, n’ont pas eu cet effet.

Illustration du microbiome humain (Crédit : Design Cells via iStock by Getty Images)

« Ce que nous avons découvert, c’est que les édulcorants artificiels les plus populaires interfèrent avec la communication entre les bactéries qui régule des fonctions importantes, et une fois que cela est endommagé, les bactéries ne peuvent pas se comporter correctement en tant que « communauté, » a déclaré Golberg au Times of Israel.

« Lorsque vous perturbez la communication bactérienne, vous perturbez l’équilibre bactérien naturel dans l’intestin, ce qui peut, à son tour, causer des problèmes de digestion, et un risque accru d’obésité et de diabète de type 2, ainsi que d’autres problèmes de santé. »

Le professeur Ariel Kushmaro, collègue de Golberg, a déclaré que face à cette recherche, les fabricants devraient commencer à mieux étiqueter les produits pour indiquer la quantité d’édulcorant qu’ils contiennent, afin que les consommateurs puissent faire des choix éclairés.

« L’étiquetage des édulcorants artificiels sur les produits est peu précis, ce qui rend difficile de savoir quelle quantité chaque produit contient », a-t-il déclaré. « Nos recherches devraient pousser l’industrie alimentaire à réévaluer son utilisation des édulcorants artificiels. »

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